23 juin 2017

A bicyclette !

Il paraît qu'il s'est créé un collectif de cyclistes pour défendre les droits des vélos en ville et sur la route, parce que ceux-ci sont malmenés, en danger, incompris, etc... Et que la route est à tout le monde, Môssieur, et pas seulement à ces salauds de flemmards et de pollueurs d'automobilistes.

La route est à tout le monde ? Ce n'est pas du tout l'impression que l'on a quand on circule en voiture (eh oui, parce que les vieux et les invalides, ça ne doit pas exister) sur les routes de campagne, et que l'on reste derrière un peloton de cyclistes qui zigzaguent entre ligne blanche et bas-côté, en discutant ce qui leur fait faire de larges écarts à gauche interdisant tout dépassement. Sans doute que la mémé qui va acheter son pain, le plombier qui se rend à son chantier, l'employé qui va prendre son train pour aller au boulot ont tout leur temps, ils n'avaient qu'à partir plus tôt, ou y aller en vélo, ils peuvent attendre qu'on ait fini notre virée quand même !

La route est à tout le monde ? Ce n'est pas du tout l'impression que l'on a quand on part le matin au travail, en hiver, que la lumière est faible, et qu'on ne voit le cycliste que quand on arrive tout près de lui, parce, dites, un éclairage sur un vélo, pfff, ça fait ringard, ça fait plouc, c'est démodé, vous n'avez qu'à faire attention et à rouler moins vite que diable ! Ah vous n'étiez qu'à trente à l'heure, eh bien moi, j'ai du mal à les atteindre alors...

La route est à tout le monde ? Alors pourquoi les règlements ne sont-ils pas les mêmes pour tout le monde ? Pourquoi les cyclistes ont le droit de tourner à droite au feu rouge et pas les autos ? Ah, c'est quand il n'y a pas de flic, ah oui, je comprends, mais si un véhicule à moteur arrive ? Eh bien, c'est lui qui aura tort, renverser un cycliste est toujours de la faute de celui qui renverse, même si...

Alors, avant de hurler dans les rues qu'on ne les comprend pas, qu'on leur en veut, qu'on les met en danger, encore faudrait-il que les cyclistes soient eux-mêmes un peu plus altruistes et responsables dans leur utilisation de la route (qui est à tout le monde, comme tout le monde sait), mais est-ce le cas ? J'en doute fort !

Faut pas généraliser et raison garder. Des cyclistes partageurs de la chaussée, et des automobilistes inconscients (sans oublier les piétons qui marchent les yeux fixés sur leur smartphone), il y en a ! Sisisi

22 juin 2017

De la musique avant toutes choses

Un jour, dans un parking souterrain parisien, il était diffusé de la musique classique, c'était très agréable. On m'a expliqué que c'était pour faire fuir les voyous qui détestaient ça... Ah bon, je ne dois pas être un voyou, parce que je trouvais ça bien plus plaisant que la musique des super marchés qui donne plutôt envie de faire ses courses en vitesse pour être plus vite sorti.

Il y a pas mal d'années, j'avais remarqué que la gare ferroviaire de Penn Station à New-York diffusait aussi de la musique classique. J'avais apprécié, sans poser de question, peut-être était-ce pour la même raison ?

Et là, 15 ans après, j'apprend qu'une gare à Rennes en faisait autant, avec le même prétexte que celui du parking, ça fait fuir les voyous !!!

Je me demande bien pourquoi les délinquants font une telle allergie à la musique classique au point que ça les fasse fuir... Que ce soit pour eux une souffrance si intolérable qu'on utilise Mozart ou Berlioz comme répulsif... Moi, ce serait plutôt le rap qui me ferait fuir, mais c'est un problème de génération certainement !

Donc, en extrapolant, pour éviter les cambriolages, mettre les suites de Bach en boucle quand on s'absente ? Et diffuser la Flûte Enchantée par haut-parleur dans les quartiers à risque ? Ou dans le RER passé une certaine heure ?

Est-ce que des experts en musicologie ont fait des études sur le comportement des humains à l'écoute de certaines musiques ? Sans doute, puisqu'on observe une mise en pratique dans certains lieux publics. Disons que ça doit aussi dépendre du style de musique, parce que si on me balance du Boulez ou du Messiaen dans la gare St Lazare, je sors immédiatement ! Avec Alban Berg ou Schoenberg aussi d'ailleurs...

Avec tout ça, je n'ai toujours pas visité la Philharmonie de Paris, qui est, à ce que j'en sais, une salle fabuleuse. Faudra y remédier, les concerts semblent vraiment très alléchants. 

4 juin 2017

Étranges étrangers


Trouvé dans l'excellent livre de Boris Cyrulnik "Ivres paradis, bonheurs héroïques" cette analyse :

[...] A l'époque où l'école intégrait les pauvres et les étrangers, on pouvait devenir riche et garder le souvenir de la pauvreté. Le monde avait changé, mais il n'était pas clivé, il évoluait. Aujourd'hui, alors que l'école renforce les inégalités, l'enfant bien éduqué a des parents bien éduqués qui ignorent le monde des mal éduqués. Dans ce nouveau contexte social, l'Autre devient l'idée qu'on s'en fait et non pas l'expérience qu'on en a.

C'est vrai que quand on ne connaît pas, on juge selon ce que l'on a entendu dire, ou ce qu'on lit dans la presse, sur les réseaux sociaux, ou ce que d'autres vous ont dit, et on se forge ainsi une opinion tranchée qui ne s'appuie sur rien qui ait été expérimenté. Et c'est ainsi que sont colportés des jugements péremptoires sur les gens et les événements, qui finissent par devenir des vérités largement répandues, mais infondées pour la plupart.

Les Américains sont de grands enfants naïfs qui ne mangent que des Mac Do et portent un colt à la ceinture... Les Arabes sont tous des feignants ou des terroristes... Les Noirs sont peut-être de bons sportifs, mais sont moins intelligents que les Blancs... On pourrait donner de nombreux autres exemples, qui, de tout temps, ont fait le lit d'un racisme rampant et dangereux. Parmi ceux qui profèrent ce genre de sentence, qui a vécu aux Etats-Unis ? Qui a fréquenté des amis musulmans d'Afrique du Nord ? Qui a écouté parler le cardinal Sarah ?

Parce que dès que l'on approfondit un peu, dès que l'on a vécu dans un pays différent, côtoyé ses habitants et connu leur vie et leurs aspirations, dès que l'on a pris la peine de discuter avec d'autres personnes que celles de son cercle personnel habituel, on s'aperçoit que tout ce que l'on entend n'est pas toujours, loin s'en faut, la Vérité avec un V majuscule.

Ne serait-il pas plus sage, plus juste, plus humain en un mot, de s'enrichir de nos différences plutôt que de les stigmatiser, et de les juger à notre aune ?

Euh... Je vis sur une autre planète ? Peut-être bien...