21 déc. 2007

Les petits pirates seront fouettés, Les gros pirates exécutés !


Et ça continue... les industriels du disque essayent tous les moyens pour faire cesser la chute inexorable de leurs ventes, en accusant une fois de plus le piratage sur Internet, et préconisant des mesures de plus en plus coercitives. D'abord, il faut créer une autorité publique. Bon, déjà, faudra la former aux nouvelles technologies, parce que si on prend des sénateurs blanchis sous le harnais, ça va être difficile de leur faire comprendre qu'Internet, ça ne se met pas aux arrêts comme un journal papier. Et puis, parmi les mesures de rétorsion, il y a celle qui consiste à envoyer un mail de semonce au contrevenant, suivi, en cas de récidive de (je cite) : « .... sanctions à l'encontre du titulaire de l'abonnement, allant de l'interruption de l'accès à internet à la résiliation du contrat ». Petit hic, si, comme c'est le cas de plus en plus souvent, la personne incriminée a son téléphone sur ADSL, on lui coupe aussi le téléphone ?? Et alors, si sa femme est malade, un soir, un week-end, qu'il ne peut pas téléphoner à l'ambulance ou aux pompiers pour la transporter à l'hôpital, qu'elle meure... vous voyez les manchettes le lendemain dans les journaux ? Je vois aussi les fournisseurs d'accès battre en retraite comme des camionneurs quand un blocus gréviste de poids-lourds provoque un accident d'ambulance (oui, ça c'est déjà vu..). Donc, des mesures peu applicables et peu efficaces. D'autant plus qu'il y a déjà ce qu'il faut : taxes sur les CD vierges et sur les disques durs externes (qui, comme tout le monde le sait, ne servent qu'aux méchants pirates de musique et de films, mais absolument pas au citoyen lambda qui veut y archiver ses photos de vacances), ainsi que les DRM et autres protections (qui ne dérangent, là aussi, QUE le même utilisateur lambda, les crackers eux, savent parfaitement les contourner).

Et les ventes des majors continuent de s'effondrer ! S'ils faisaient aussi un peu de ménage devant leur porte avant de faire porter toute la responsabilité de la baisse de leur chiffre d'affaire sur les autres ? Quelques pistes...

Il n'y a plus de disquaires en province, tous ont fermé boutique, donc, en dehors des grandes villes où existent des FNAC et autres Virgin, on ne peut pas acheter de disque (on trouve quelques titres de variété dans les super marchés, mais bien plus rarement de la musique classique). N'aurait-il pas fallu les aider plutôt que de les laisser mourir ? Et de favoriser ainsi de façon outrancière les grands groupes ? (Denis Olivennes, rapporteur du projet qui m'a inspiré ce billet de blog, est le PDG de la FNAC...)

Un CD (ou coffret de CD), c'est onéreux, entre 15 et 30 euros pour un artiste connu (ou chef d'orchestre de renom). Si la maison Brilliant a pu sortir l'intégrale de Mozart en 170 CD pour 90 euros, avec le succès que l'on sait, ne pourrait-on pas imaginer que d'autres auraient une imagination semblable et essayeraient de tirer les prix vers le bas plutôt que vers le haut ?

Et pourquoi maintenir ces protections stupides qui empêchent de lire un CD dûment acheté sur tout support, et éventuellement de l'encoder pour l'écouter sur son Ipod ? Ce n'est pas fait pour inciter le public à faire l'effort d'aller chercher et de payer un disque si ensuite il doit se contenter de l'écouter sur une plateforme donnée uniquement. Pourquoi s'embetterait-il ? Il ira le télécharger quelque part, illégalement, puisqu'il est si mal récompensé de son honnêteté.

Enfin, on verra bien si ces mesures seront autant de coup d'épée dans l'eau ou si elle déboucheront sur quelque chose d'applicable et de juste, ce dont je doute fortement, dans les deux cas !

2 commentaires:

olivier a dit…

"Petit hic, si, comme c'est le cas de plus en plus souvent, la personne incriminée a son téléphone sur ADSL, on lui coupe aussi le téléphone"
et ben il lui reste le téléphone mobile
On peut aussi acheter sa musique (comme beaucoup d'autres choses d'ailleurs) très légalement sur internet sans avoir à pirater. Acheter sa musique via internet (Fnac, Virgin, Itunes) confortablement installé, au chaud, à son bureau ou au fond de son canapé, sans avoir à se mêler à la foule est vraiment très agréable. Et puis ça coûte mons cher. Certes, il n'y a pas le livret, mais pour mettre sa musique sur son lecteur ou dans son auto-radio, on n'en a pas besoin. Alors, bien sûr les ventes en magasin baissent, mais les Majors se ratrappent sur ces achats en ligne légaux via internet qui sont en régulière progression. Je crois surtout qu'ils ont trouvés par ce biais un autre moyen d'augmenter leurs profits.
Et puis, au moment des fêtes, les ventes reprennent certainement, car, pour un cadeau, un disque gravé c'est pas terrible.

Aller, il me ferait presque pleurer ces professionels de la musique. Ils feraient bien d'être un peu plus digne. A côté des centaines de sans emploi, sans abri, les déboires pécuniers des Majors sont franchement ridicule.

Séverine a dit…

"mais absolument pas au citoyen lambda qui veut y archiver ses photos de vacances),"
Le citoyen lambda peut également se servir de son disque dur externe comme ballon de basket et l'envoyer au panier et là, bonjour les dégâts :''-(((