19 févr. 2010

Pauvre Valentin !

Il y a quelques jours, le 14 février, on fêtait la saint Valentin. Enfin, disons que selon les statistiques, il n'y a que 10% des gens que cette fête intéresse et qui font quelque chose de particulier ce jour là, ce qui veut dire que le marketing commercial n'est pas encore tout à fait au point. Ceci dit, qui est ce fameux Valentin à qui a été attribuée la protection des amoureux ? Déjà, plusieurs saints portent ce prénom, un évêque du IIIe siècle, martyrisé à Rome par l'empereur Claude II, et trois autres, qui auraient vécu l'un au IVe siècle à Ravenne, l'autre au VIe, du temps de Childebert, et le dernier vers 450, mort en Autriche. Il en existe encore deux autres, mais beaucoup plus récents, l'un canonisé en 1988, et l'autre, un franciscain, béatifié en 2003, donc hors course.

C'est le premier qui est fêté officiellement le 14 février, en tant que martyr. A part quelques pages dans la Légende Dorée, qui relate des miracles effectués par Valentin, on ne voit toujours pas le rapport avec les amoureux... En fait, à l'aube du christianisme, alors que les fêtes païennes étaient encore très populaires, la jeune église, plutôt que de les combattre, a eu le pragmatisme les assimiler, les intégrer, en changeant quelques détails, la nymphe de la fontaine étant progressivement transformée en une sainte bergère, et la caverne du faune en l'oratoire d'un saint ermite qu'il convenait d'aller prier dignement en procession et pélérinage. De nombreux saints des premiers siècles sont nés ainsi.

Quelques grandes fêtes païennes aussi ont glissé vers le christianisme qui grandissait, comme par exemple celle du dieu Faunus Lupercus, le 15 février. Il s'agissait d'une grande fête, dédiée à l'amour et à la fécondité, ce qui laisse supposer que les débordements ne devaient pas être rares... Le pape Gélase Ier, en 495, dédia cette journée à saint Valentin (sans doute le premier nom de martyr qui lui soit venu à l'idée), et en fit une fête solennelle... exit les bacchanales romaines ! La voilà la raison du patronage de saint Valentin ?

Eh bien non... enfin, peut-être mais pas sûr du tout.. En fait, le pauvre Valentin et sa fête, sont le résultat d'un mélange de légende, d'histoire, d'anecdotes, de coutumes, et de... calendrier. C'est aux environs du 14 février que les oiseaux, alertés par les jours qui allongent, se remettent à chanter, en simplifiant, on pourrait dire que le printemps, saison des amours, donne ces jours-là les tout premiers signes de son arrivée. On avait déjà un saint Valentin au martyrologe, lequel, selon une des nombreuses légendes qui l'entourent, arrangeait secrètement les mariages interdits par l'empereur, ce qui collait plutôt bien ; les anglais du XIVe siècle d'ailleurs, avaient coutume, à cette date, d'échanger des billets amoureux en souvenir .... de saint Valentin qui, étant prisonnier, recevait en secret la visite de la fille de l'empereur. C'est ainsi que de légende en bribes d'histoire religieuse, d'anecdotes en coutumes dont on a oublié l'origine, la fête de saint Valentin est devenue la fête des amoureux.. Du coup, plusieurs églises se disputent les reliques d'un saint dont on n'est pas sûr qu'il ait existé, et dont le rapport avec le patronage dont il est affublé se perd dans la nuit des temps !!

On offre des fleurs à la saint Valentin, non ? Alors, avec quelques jours de retard, je vous offre ces quelques fleurs, pur produit des masques de calques gimpiens appris mardi dernier !!

1 commentaire:

olivier a dit…

Et bien voilà, je fais parti des 10% :-)
Je ne suis pas sûr qu'elle soit le reflet de la réalité ces statistiques.
Fête décriée parce que soit disant devenue commerciale, comme de nombreuses fêtes d'ailleurs; Noël n'échappe pas à la règle et est devenue aussi une bonne manne financière pour les commerçants, on se culpabiliserait presque de faire un cadeau ce jours là. Et alors.

Merci pour ce beau bouquet de fleurs