31 août 2019

Le syndrome du dentiste

Vous connaissez le syndrome du dentiste. Quand on a très mal aux dents, on prend rendez-vous chez le dentiste, et le jour de la consultation, on n'a plus mal du tout ! Eh bien voila mon téléphone mobile qui me fait le coup.

Il a quatre ans, ce qui est un âge vénérable pour ce genre d'outil. Déjà, il y a quelques temps, il avait refusé de se charger, j'avais insisté, changeant de prise de courant, et il était reparti. Mais là, il refusait catégoriquement, oscillant de 5% à 10% sans raison, même après un changement de prise, et un redémarrage. Bon, je me dis qu'il faisait valoir ses droits à la retraite, je récupère vite fait ce qui était important dessus, et je le laisse entièrement se décharger.

Et je prends rendez-vous avec mon opérateur pour le changer. Dès qu'il a appris ça, alors que je le rebranchais pour la dernière tentative, il s'est mis à se charger, lentement, mais régulièrement, et... 8 heures après (oui, il a quand même eu du mal), il affichait un fier 100% !

Mais c'était le chant du cygne, le rendez-vous étant pris, il va quand même se retrouver dans le placard, avec ses prédécesseurs, et c'est moi qui vais le regretter. C'était un chinois ou un coréen ordinaire, qui m'a rendu tous les services que j'en attendais pendant quatre années, j'espère que son successeur sera aussi complaisant.

Il va falloir configurer tout ça, choisir une nouvelle sonnerie que bien entendu je ne vais pas reconnaître d'emblée, lui indiquer le password de la box sans se tromper, lui expliquer qu'il lui faut se coordonner avec le compte Google, installer à nouveau les applis indispensables, et réinsérer ce que j'ai récupéré du précédent. C'est du boulot ! Enfin, si je ne fais ça que tous les 4 ans, ça ira !

... Et 3 jours plus tard le petit nouveau est arrivé, tout brillant, tout propre, et ce n'est pas sans une certaine nostalgie que l'ancien a été remisé dans le placard. L'actuel, qui est basique, dans ses fonctions et dans son prix, mais qui suffit amplement à mon usage fera-t-il le même long usage ? Configuration du wi-fi domestique (*), installation des deux ou trois applis indispensables, on verra pour la suite des besoins éventuels, rangement des icônes sur l'écran principal, choix d'une sonnerie, et d'un fond d'écran assorti au bleu nuit de la coque, et voilà la nouvelle machine opérationnelle.

Restera plus qu'à lui trouver un étui correct, mais ça n'a rien d'urgent. Et en route pour de nouvelles aventures.



(*) la galère que de taper la kyrielle de chiffres, lettre minuscules et majuscules sur un clavier tactile sans se planter, surtout quand on commence par vouloir utiliser le code de l'ancienne box....

27 août 2019

De la drogue, c'est de la drogue


Pour certains, c'est au printemps, moi, c'était à la fin du mois d'août, grand tri rangement des monceaux de bouquins qui colonisaient toutes les étagères de toute une pièce pourtant grande. On regarde, on suppute ceux qu'on ne relira jamais, ceux que l'on veut garder, ceux qui sont indifférents, ceux qui sont moches, ceux qui sont encore bien beaux, et on fait des tas :

* Pour la déchetterie, les plus abimés, ou les livres de poche qui n'ont pas à être conservés, il y en avait sept paniers bien lourds
* Pour les boîtes à livres ceux qui étaient aussi intéressants qu'en très bon état mais que je savais ne jamais relire

Et l'on admire le résultat, des étagères bien rangées, pas de pile à l'équilibre précaire au risque de dégringoler entraînant le contenu du rayonnage, des espaces libres, oui, oui, maintenant il y en a....

Ou en tous cas il y en avait, parce que, non contente d'avoir reçu les deux ouvrages commandés à France-Loisirs, je n'ai pas plutôt mis les pieds à la Maison de la Presse pour acheter le journal, que j'en ai vu un qui me faisait de l'œil et j'ai succombé........

Sans oublier le Newton sur Versailles que je relis avec plaisir, et le "cœur de l'orchestre" de l'excellent Christian Merlin que je ne retrouvais plus et que j'avais envie de reprendre, il y en a trois autres qui attendent.

Quand je vous dis que c'est de la drogue, et de la dure en plus !

22 août 2019

Une belle idée


On voit de plus en plus fleurir au centre des villes et des villages, d'étranges boîtes qui s'ouvrent à hauteur d'homme, par une porte transparente. Dedans, il y a des livres, toutes sortes de livres, qui sont en libre service. On prend un livre qui intéresse, ou on en apporte que l'on a chez soi et que l'on veut donner. Un autre arrive et fait pareil, et les livres circulent, gratuitement, des uns aux autres.

Certes, il y a les bibliothèques municipales où l'on peut emprunter autant de livres que l'on veut moyennant une cotisation annuelle très modique, mais ces petits kiosques sont un plus, un échange entre les gens, une sorte d'économie de troc tout à fait dans l'air du temps.

Que les libraires ne se fassent pas de souci ! Quelqu'un qui aime lire achètera toujours des livres, la tentation est trop forte et l'addiction très puissante. Et puis, s'il ne souhaite pas le conserver, il pourra toujours le déposer dans une boîte à livre, et ça fera le bonheur d'un autre lecteur, qui n'a pas forcément les 20 euros en moyenne que coûte un bouquin neuf.

En Indonésie, il y a un autre système. Quelqu'un qui charge sur son cheval des besaces de livres pour les apporter aux enfants des populations isolées. Bon, nous on a les bibliobus, mais c'est nettement moins pittoresque !




En tous cas, bravo à cette initiative.

19 août 2019

Quand ?

strictement aucun rapport avec ce qui suit !

Quand le téléphone sonne, que l'on décroche, et qu'émergeant d'un brouhaha de voix humaines, une personne à l'accent indéterminé dit "allo", il est inutile de répondre...

Quand le téléphone sonne, que le numéro qui s'affiche commence par 09, on entend la voix synthétique qui propose... On ne sait pas quoi, puisqu'on a déjà raccroché !

Quand le téléphone sonne, qu'on vient juste de s'endormir pour la sieste et qu'on entend, avant même qu'on ait pu articuler allo, un bonjour enregistré suivi de... Toutes les insultes que l'on a en réserve !

Quand le téléphone sonne, après plusieurs appels publicitaires, on profère un allo rageur, pour ensuite s'excuser auprès de l'amie qui vient aimablement prendre de vos nouvelles...

Ça me rappelle une anecdote vécue du temps où je travaillais. Le téléphone sonne, la standardiste décroche et dit un "allo" un peu... vif ! A l'autre bout du fil, c'était la patronne qui lui fait remarquer un peu... aigrement qu'elle n'était pas très aimable avec les correspondants. La pauvre standardiste horriblement gênée n'a trouvé qu'à répondre : "Mais madame, je ne savais pas que c'était vous"...

12 août 2019

Les maires et leur spleen

Un maire ébranlé
On dit qu'ils sont les élus les plus proches des citoyens, ceux que l'on voit tous les jours, à qui l'on serre la main, que l'on tutoie aussi dans les plus petites communes où tout le monde se connaît, et pourtant... Beaucoup se plaignent d'incivilités, quand ce n'est pas de voies de faits, d'une incompréhension générale, d'un mal être parce que la fonction n'est plus ce qu'elle était.

Si, autrefois, les trois personnes les plus respectées dans un village étaient le maire, l'instituteur et le curé, ce ne sont plus que de vieilles lunes, et les temps ont bien changé !

Sauf peut-être dans les grandes villes où la fonction est plus politique qu'ailleurs, les candidats à la mairie ne se bousculent plus.

Pour avoir été simple conseillère municipale pendant un mandat(*), et n'avoir, heureusement pas subi de menaces ni de coups, j'ai un peu compris pourquoi ce n'était plus une situation aussi enviable qu'on le croit. Déjà au niveau administratif et initiatives, à part les mariages qui leur sont toujours dévolus, le reste dépend des instances supérieures, Communauté de Communes ou d'Agglomérations, Conseil Départemental, Conseil Régional, voire État. Certes la mairie rassemble un dossier, qu'elle soumet à l'instance adéquat, et, comme l'administration n'est jamais pressée, ça peut demander plusieurs mois quand ce n'est pas plusieurs années... Décourageant ! Question finances, si une toute petite marge de manœuvre leur reste, le gros des subventions et des impôts est géré par l'Etat, qui n'a pas d'état d'âme et se fiche bien des besoins de base des zones rurales.

Et puis, il y a les administrés... Qui ne savent que râler ! Vous êtes au Conseil, vous rencontrez quelqu'un du village chez le boulanger, par exemple, non, on ne vous demandera pas de vos nouvelles, mais on va se plaindre du chien de Machin qui aboie, du ralentisseur que l'on exige (mais pas devant chez soi, hein, ça fait du bruit quand une voiture passe dessus), ou de ce qui n'a pas encore été fait dans sa rue (non, pas dans celle des autres, on n'en a rien à faire). C'est lassant d'expliquer dix fois que l'on n'y est pas forcément pour quelque chose et qu'on ne fait pas ce qu'on veut quand on veut. Jamais un merci, jamais un encouragement, ou si peu..

En plus, tout ça prend beaucoup de temps, être maire (surtout dans une commune rurale où les services techniques sont inexistants), c'est du boulot à temps complet, totalement incompatible avec un travail salarié à 40h/semaine dans le privé (les fonctionnaires ont plus de facilité à prendre des congés pour exercer cette charge). Donc, il faut être à la retraite, ou avoir un travail adaptable, mais ce n'est pas évident.

Mais, malgré tous ces inconvénients, et cette diminution progressive des responsabilités prises en charge par les instances supérieures, ça peut rester une vocation, un désir d'être quand même utile aux autres, peut-être aussi une forme de passion de la chose publique, et de la notoriété locale.

Mais si les maires se plaignent de plus en plus, s'il y a de moins en moins de bousculade pour accéder à ce poste, il y a quand même de bonnes raisons...

(*) Je n'ai pas souhaité me représenter, on comprendra pourquoi en lisant ce billet.

9 août 2019

té ki toi ?

Ça vous agace les gens qui écrivent en SMS ? Qui maltraitent la langue française, l'appauvrissent, et sont illisibles aux non initiés ? Vous dites certainement que c'est la faute des smartphones et autres discussions sur Internet, et que, vraiment, cette dégénérescence du langage est intolérable ? Sans oublier le couplet sur le monde moderne qui est en pleine déliquescence.

Et pourtant, ce n'est pas nouveau, pas du tout même...

En 1550, un grammairien, Louis Meigret, a proposé une réforme de l'orthographe dans un but de simplification. Par exemple, il suggère de supprimer le u après le q ce qui ferait eqilibre ou qestion ; d'ôter les doubles consonnes inutiles, personne devenant person ; et en finir avec le ch prononcé k, donc, on écrit un keur, une kronologie. D'après Lorant Deutsch, à qui j'ai emprunté ces quelques lignes dans son remarquable ouvrage "Romanesque", cette réforme a eu ses adeptes qui essayaient d'écrire "selon lé règl edicté par le metr" (*).

Deux siècles plus tard, un certain Charles Pinot Duclos, secrétaire perpétuel de l'Académie française, propose à son tour une forme de simplification : supprimer le ph et le remplacer par un f comme farmacie ou nénufar.. Tiens tiens, comme, encore quelques lustres plus tard, un certain Conseil supérieur français de la langue française, en 1990 ! Comme quoi, l'Histoire est un perpétuel recommencement. De plus, Monsieur Pinot Duclos souhaitait supprimer les doubles consonnes, comme son prédécesseur, ainsi que la lettre y. Ses collègues de l'Académie ne l'ont pas suivi, mais, ne voulant quand même pas contrarier leur secrétaire perpétuel, ont décidé d'écrire phantome fantôme, et dissonnance dissonance, quant au satyre, qui aurait du devenir satire, il a été réservé au satyre lubrique tandis que le texte critique perdait son y.

Alors, faut pas s'affoler (un l ou 2 ?) la seule règle qui tienne en matière d'orthographe et d'écriture, c'est l'usage, même si celui-ci, demande des lustres, et si un beau jour tout le monde décide d'écrire nénufar, ce sera la graphie correcte pour nos descendants.

Quant au langage SMS, tant qu'il est réservé aux smartphones et autres conversations internautiques, ce n'est vraiment pas grave. On a tous utilisé des abréviations quand on était étudiant, bcp, ds, et bien d'autres.. Par contre, si on écrit une lettre de motivation pour un emploi ainsi : "je voudré avoire 1 emploi ds vot entreprise parce que la kiffe grave avec mon keur", peu de chance que ça débouche sur un CDI !!


Si l'on s'intéresse un tant soit peu à la linguistique, on ne peut que recommander le livre de Lorant Deutsh, même s'il n'a pas l'érudition d'Alain Rey ou d'Henriette Walter, il n'en est que plus accessible, grâce à son talent de conteur, en plus de ses connaissances.


(*) Le correcteur orthographique de mon éditeur de texte en est tout rouge de honte !

6 août 2019

En direction de l'avenir

Quand on atteint un certain âge, on se dit qu'on a fait le plus gros, et que ce qui reste à faire n'est pas forcément le plus agréable ! On se dit aussi qu'il va falloir songer à regagner les lieux civilisés parce que pour vivre à la campagne, il faut conduire sa voiture, et qu'il arrivera un moment où ça risque d'être impossible.

Mais quand on vit dans la même maison depuis cinquante ans, on a accumulé beaucoup de choses dont il va falloir se défaire. Déjà, voir ce qui a de la valeur ou pas, mais la valeur peut être plus sentimentale que monétaire : la pendule comtoise de la grand mère, le piano, des choses bien encombrantes dont on n'est pas sûr du tout qu'elles intéresseront les héritiers. Toute une série d'objets divers rapportés du monde entier, ou chinés dans des brocantes, qu'on a l'habitude de voir toujours à la même place, des collections de plus ou moins grande valeur amoureusement enrichies, et j'en passe.

Tiens, imaginons qu'il faille partir en n'emportant qu'une seule valise, qu'y mettre dedans ? Pas les centaines de livres qui se disputent les étagères, c'est trop lourd ; pas les vêtements qui encombrent les armoires, ça se renouvelle facilement ; pas la vaisselle ou le linge de maison, surtout si on n'a plus personne à recevoir ; des objets, des bibelots que l'on aime bien ou qui rappellent des souvenirs ? Oui, certainement, quelques uns, mais le tri sera difficile... Quoi encore ? La valise n'est pas pleine ! Les récits de voyages et les albums photo qui vont avec, ça, c'est sûr, même si... Non è nessun maggior dolor che ricordarsi del tempo passato nella miseria...

Enfin, il y a quand même un objet dont il est totalement impossible de se passer, où que l'on soit, c'est l'ordinateur ! Le compagnon de tous les instants, l'ami fidèle qui répond toujours présent (oui, sauf en cas de coupure de courant, of course), celui avec lequel on visite le monde entier, on discute avec de lointains amis, on joue, on écrit, on se cultive, on observe tout ce qui se passe sur la Terre, et même sur Mars pour peu que l'on soit abonné aux tweets de la Nasa.

Donc, on peut se détacher relativement facilement de certains biens matériels, sauf d'un seul !

1 août 2019

Qui est là-dessous ?

Ah la pub de ''Comme j'aime''.... Depuis de trop longs mois elle envahit tout, que l'on suive le Tour de France ou une autre émission sur une autre chaîne, on est sûr d'y avoir droit, et pas une fois seulement, plusieurs.

Il a été longuement démontré qu'il s'agissait d'une somptueuse arnaque. Déjà annoncer une semaine gratuite, alors qu'il faut payer pour un mois un minimum de 160 euros, n'est pas d'une honnêteté foncière, mais aussi, la qualité des plats, peu appétissants très industriels, trop riches en glucides (le comble pour un régime minceur) n'est pas au rendez-vous, apportant même des carences graves pour ceux qui s'y adonneraient un peu trop longtemps.

Donc, arnaque potentielle + mauvaise qualité des prestations + matraquage qui saoule tout le monde... Et ça continue, et ça continue... Au prix de la minute de publicité à la télé, surtout quand elle intervient au milieu d'un événement important, on se demande d'où vient tout l'argent mis dans cet organisme. C'est quand même très louche... La société française Xynergy Groupe est-elle donc si riche que ça ? Ou il y a plus de gogos qui y croient que de gens qui en ont marre ?

Sachant que, même si on perd du poids (en plus de l'argent, que l'on est sûr de perdre), avec ce type de régime hypocalorique, on sait que dès qu'on arrête, on reprend le poids perdu.

Voilà quelques réactions d'internautes :

"j’ai essayé le programme minceur Comme J’aime pendant 6 mois. J’ai perdu 10 kg et beaucoup d’argent ! Les produits sont hors de prix. Vous perdez bien quelques kilos à court terme, mais ceux-ci vous reviennent comme un boomerang dès que vous arrêtez le régime"

"Je n’ai pas trouvé les plats très bons mais plutôt insipides. J’ai perdu 2 kg en 4 semaines. Peu de temps avant la fin du mois, j’ai signalé que je ne voulais pas continuer le programme. On m’a informée au téléphone que je devais retourner toutes les boites et que je devais payer le renvoi des colis moi-même. Les frais de port étaient conséquents." (*)

Quoi qu'il en soit de la qualité, du prix, des modalités, ce qui est largement le plus reproché, c'est ce matraquage télévisuel qui finit par donner la nausée au spectateur, bien plus encore que l'insipidité des plats ! Et qui finit certainement aussi par faire fuir un certain nombre de clients potentiels...

Sans doute que la société en question se dit... "Qu'on parle de moi en bien ou en mal, peu importe. L'essentiel, c'est qu'on en parle! ",.

Jusqu'au jour où....

(*) Oui, il paraît que si on veut arrêter au bout d'une semaine, il faut renvoyer le colis des plats non utilisés, à ses propres frais, et vu le poids...

P.S. J'ai piqué l'image sur Facebook, je ne sais pas à qui elle est, mais quand on publie et que l'on incite les gens à partager, on partage, pas forcément à l'endroit attendu !

29 juil. 2019

Nos chères têtes blondes

Quel grand verre !
11h à la messe du dimanche dans l'église d'un bourg de province. L'assemblée est fournie. Tout le monde se connaît, et avant l'office, on s'embrasse, on se donne des nouvelles, on se salue, on papote aussi... Et puis, tout le monde regagne son siège. Il ne s'écoule pas longtemps avant qu'un gosse, à qui sa mère a donné deux ou trois petites voitures pour l'occuper, ne les fasse rouler à grand bruit sur le prie-dieu en bois, tandis que deux gamins de 4 à 6 ans ne fassent tourner en bourrique leur grand père et leur grand mère qui ne parviennent pas à les maîtriser, c'est si drôle de crier en tapant les chaises, voyons... La grand mère se dévoue pour les séparer et en emmener un dehors, mais au même moment, un bébé se réveille et pousse des cris stridents à faire sortir du tombeau tous les damnés de la terre ! Sa maman se contente de le prendre dans ses bras, et l'intensité sonore diminue un peu, mais ne cesse pas pour autant.

Que faire, que dire ? Rien, les personnes gênées se taisent, n'osent pas protester et critiquer la mauvaise éducation donnée aux petits enfants (*), parce que ce n'est pas politiquement correct. Les anciens se disent que s'ils avaient eu l'idée de pousser un cri de sioux pendant un office religieux, ils n'en auraient pas poussé un second.... Tandis que d'autres arguent que l'église est vivante, que ça fait de l'animation au milieu de gens compassés, qu'il ne faut pas décourager les jeunes couples de venir à la messe, que les enfants sont l'avenir, etc...

Ce n'est pas qu'à l'église que l'on peut déplorer l'attitude de certains parents, dans les lieux publics, quels qu'ils soient aussi, mais il ne faut surtout pas contrarier les enfants, il faut les laisser s'exprimer, courir, sauter ! Ils dérangent les autres ? Eh bien, qu'ils s'en accommodent, on s'en fout des autres !

Une anecdote pour finir sur une note plus optimiste : toujours à l'église, pendant la messe, au moment de l'élévation, une petite fille, qui s'était tenue bien sagement et silencieusement à côté de sa grand mère, voit le curé soulever le calice, et s'écrie d'une voix forte qui résonne sous les voûtes : "Oh mamie, t'as vu le grand verre !". Je crois que même le Bon Dieu a rigolé !

(*) Les bébés, ce n'est pas pareil, c'est plus imprévisible, on peut juste se demander s'il est très judicieux de les emmener partout...

26 juil. 2019

Leves-vous, orages bien aimés

Quatre jours avec des températures dépassant par endroit les 40° le jour, à l'ombre, invivable, suivis d'un énorme orage, attendu, désiré, mais... Rafales de vent cassant les branches, jonchant les routes de feuilles, trombes d'eau qui dévalent les chemins, tornades locales emportant toitures et clôtures, arbres en travers des routes, et... Plus d'électricité évidemment.

On se dit, il est 19h, ça va revenir dans la soirée... Non, nuit dans l'ombre, et au matin, toujours pas de courant. On téléphone à EDF qui explique que la haute tension a été touchée, les fils se balançant dans le grand vent on fini par rompre leurs attaches, et que ça devrait quand même revenir vers 15h. Il explique aussi, avec beaucoup de patience et de gentillesse, faut le souligner, que de nombreuses communes alentour sont impactées, et qu'il y a 20.000 foyers privés de courant.

15h30, second coup de fil, un autre employé, toujours aussi aimable, dit qu'il a bon espoir pour 18h, mais que les problèmes sont nombreux et complexes.

18h30, troisième coup de fil, là, on nous dit que tout devrait être rentré dans l'ordre pour 19h30 et au plus tard 20h30, mais que si les travaux n'étaient pas achevés, ENEDIS (oui, je dis toujours EDF, par habitude), ne laisserait pas ses clients une nuit supplémentaire sans lumière, et qu'ils mettraient des groupes électrogènes en action.

19h50, le miracle se produit, une lampe s'allume, le téléphone sans fil émet un bip sympathique, et, on recommence à vivre plus confortablement !

Parce que, sans courant électrique, de nos jours, on est totalement paralysé : pas possible de cuire ou de réchauffer quoi que ce soit pour peu qu'on n'ait pas le gaz, pas d'éclairage, pas de cafetière, pas d'eau chaude pour se laver, congélateurs dont il faut vider et perdre le contenu, pas de téléphone, sauf si on a conservé un vieux récepteur d'antan, les téléphones sans fil ayant besoin de courant pour fonctionner, pas de portable pour peu qu'il soit déchargé, pas d'internet évidemment... Et des risques de manque d'eau, parce que les pompes qui alimentent les châteaux d'eau ne fonctionnent plus.

Ces longues coupures ne sont pas, heureusement, très fréquentes, mais elles touchent en priorité les habitats ruraux, les villes étant épargnées, j'ignore pourquoi. Mais une fois de plus, ce sont les campagnards qui trinquent, à croire que le calme et les petits oiseaux sont un privilège qui se paye cher.

Au soir de ce 26 juillet de sinistre mémoire, on pense à ceux qui n'ont plus de toit, ceux qui ont un arbre en travers de leur maison, ceux qui ont perdu leur récolte sous la grêle, et on se dit, à la lumière d'une ampoule électrique, devant son écran d'ordinateur, que s'il y a des gens favorisés par leur emplacement, il y a aussi bien pire que soi !

P.S. : un grand merci, aux employés d'ENEDIS, sur diverses plateformes (Lille et Paris en ce qui nous concerne), pour leur patience, leur disponibilité, et leur amabilité.

17 juil. 2019

14 juillet - 15 août

La période creuse par excellence, en dehors, évidemment, des zones touristiques, durant laquelle tout est différent. Déjà, il y a plus de places de stationnement disponibles, et moins de circulation, par contre, il faut faire plus de trajet pour trouver du pain !

Pas mal de commerces sont fermés, pas tous aux mêmes dates, ce qui fait qu'on ne sait plus qui est dispo ou pas ; il y a de nouvelles têtes à la messe du dimanche, et les servants d'autel sont rares ; on croise des papys au supermarché, tenant le petit fils par la main, sans doute que mamie les a envoyés faire les courses pour être un peu tranquille dans la cuisine ; il y a des cyclistes équipés mieux qu'Alaphilippe qui profitent de la fraîcheur matinale pour entretenir leur forme physique ; on discute sur les trottoirs des vacances passées ou à venir, des projets, des enfants et des petits enfants, on prend son temps..

De toutes façons, le médecin est en vacances, les services administratifs tournent au ralenti, toute démarche est remise, tout rendez-vous est reporté.. à la rentrée, alors, il est inutile de se bousculer, tant vaut profiter de cet intermède de calme et de sérénité, où le plus gros du boulot consiste à allumer la télé pour regarder passer le Tour de France en contemplant les splendides paysages traversés.

Après le 15 août, tout change, les écoliers et leurs parents voient arriver la rentrée à grands pas, les entreprises reprennent leur pleine carburation, les rendez-vous s'empilent sur les agendas, les jours raccourcissent, et les retraités, déchargés des petits enfants, et fuyant le tourisme de masse, se préparent à aller voir la mer, la montagne, ou le bout du monde !

16 juil. 2019

Jeter un livre ?

JAMAIS ! Même le plus éculé des livres de poche bien froissé, non, je ne peux pas, je ne peux pas le mettre à la poubelle, c'est comme du pain, c'est vital un livre, ça se respecte. Et pourtant, quand la maison est remplie, que faire ? Donner les plus récents à la bibliothèque locale, si elle les veut, mais les autres, les vieux, les pas beaux ? Faire une foire à tout ?? Je n'ai pas encore trouvé la solution...

Pourtant, il y a des livres qui ne méritent pas tant d'égards, des torchons, achetés par hasard et qui n'ont strictement aucune valeur littéraire ou documentaire. J'ai un titre en tête, que je ne donnerai pas, inutile de faire de la publicité à un auteur qui n'aurait jamais du écrire ce livre : un ramassis d'inepties qui se veulent drôles, un humour poussif au raz des pâquerettes, des jeux de mots pires que ceux de l'Almanach Vermot, vraiment rien, rien, rien à en tirer. Celui-là, même s'il est tout neuf, de l'année en plus, ira directement à la poubelle parce qu'il est une offense à ses semblables ! Ça pourrait plaire à d'autres ? Peut-être, mais ce serait une forme de mépris de le penser !!

On se demande comment on peut publier des absurdités pareilles, mais parce qu'il y a des gens qui les achètent, n'est-ce pas ?? La preuve....

Si celui-là a rejoint rapidos le recyclage, il y en a d'autres que l'on retrouve, à la faveur d'une recherche ou d'un rangement, que l'on ressort avec l'impression de retrouver un vieil ami, et dans lequel on se replonge avec ravissement. Et que dire du passage dans une librairie, même la modeste boutique du village voisin : on regarde, on suppute, on lit le résumé, on repose parce que ce n'est pas raisonnable, ce n'est pas donné un livre, on tombe sur un autre, on craque... Je ne vous cause pas de ces lieux de perdition comme la Procure ou la FNAC, là, c'est la tentation permanente devant toutes les étagères, et il est plus fort que moi celui qui ne craque pas.

En fait, j'utilise très peu les livres électroniques, seulement en déplacement, parce que je crois que j'aime par dessus tout toucher le papier et le carton d'un livre, ouvrir lentement la première page, chercher un signet pour l'insérer au fur et à mesure de la progression de la lecture, s'enfoncer dans mon fauteuil et... Partir ailleurs. Par contre, les e-books sont indispensables pour reprendre les vieux classiques qui ont été perdus ou oubliés, Maupassant, Maurice Leblanc, Gaston Leroux ou encore les Contes de La Fontaine et Alphonse Daudet.

"Je n'ai jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture n'ait dissipé " - Montesquieu

Tiens, et si je relisais les Lettres Persanes ?

15 juil. 2019

Faut c'qui faut !


Les grands palaces parisiens rivalisent d'imagination pour attirer leur richissime clientèle. Dépassés les tableaux de maîtres et meubles d'époque dans les chambres, les concierges attitrés, les limousines à disposition (avec chauffeur of course), place à la campagne..

On profite de toits plats ou en terrasse pour aménager, au niveau des suites de 300m2 au minimum, des jardins avec fleurs, arbres (oui, en pot), coin barbecue, tables et meubles d'extérieur, et même jardin potager pour pouvoir cueillir la tomate qui manquait, ou la feuille de menthe pour parfumer son thé. Il y en a même un qui a aménagé un poulailler où s'ébattent trois poules bien propres sur elles. Le tout évidemment avec une vue imprenable (et pour cause..) sur les monuments de Paris, loin du tumulte de la ville. Un des concepteurs précise qu'il a voulu que la clientèle étrangère découvre un peu la campagne française, en toute liberté (je cite).

Heureusement qu'il a précisé "un peu", parce qu'il n'y a pas de boue sur la terrasse, pas de coq qui chante au petit matin (voire en pleine nuit, ces volatiles confondant souvent le soleil avec l'éclairage public), pas d'odeur de fumier qui vous chatouille les narines, pas d'orties ou autres bestioles venimeuses. Les riches étrangers pourront, en rentrant au pays, raconter que la campagne française, ils connaissent eux ! On se marre...

Donc, voilà ce qui nous est proposé (enfin, quand je dis nous...) : voilà une suite de 430m2, avec 4 chambres, et 2 salons, agrémentée d'un jardin de 230m2, avec coin repas (enfin, un grand coin), des fleurs, une pergola, etc... Pour la modique somme de 32.000 euros pour la nuit.. C'est donné, non ? Surtout que, comble de la générosité, on vous offre un dîner servi... Dans le jardin ! J'ai autre chose à vous proposer : un appartement de 650m2 dont 295m2 de terrasses, avec immenses bacs remplis de végétation originale, dallage somptueux, meubles de luxe, et pas cher tout ça, 25.000 euros la nuit seulement !

Le directeur de l'un de ces établissements se targue d'avoir une démarche tout à fait écologique en végétalisant ainsi les toits, et même d'avoir créé un emploi de jardinier pour s'occuper de tout ça.

Question : combien de temps le jardinier doit-il travailler pour s'offrir une nuit dans cet hôtel ?

7 juil. 2019

Fait chaud même là-bas !

32° à Anchorage en Alaska ! Un scoop que presse et réseau sociaux s'échangent avec ardeur ! Un scoop vraiment ? Oui, parce qu'Anchorage est au bord de la mer, et que les températures y sont beaucoup moins contrastées que dans le reste de l'état. On n'avait pas vu ça depuis longtemps, paraît-il. C'est certainement vrai. Mais j'ai l'expérience personnelle d'avoir eu 32° aussi à Fairbanks un mois de juillet, la première fois que je suis allée en Alaska, ainsi qu'à Glenallen au sud-est de Fairbanks, alors qu'à la même date, il ne faisait que 17° à Paris (*). Fairbanks est beaucoup plus continental à 400kms de la mer (et d'Anchorage), quasiment au milieu de l'état, donc, il y fait nettement plus froid en hiver, et forcément plus chaud en été !

Mais il y a eu pire ! 37,2°C (99 Farenheit) le 28 juillet 1919 à Fairbanks, et plus récemment, le 5 août 1994, 34°C. Sans doute qu'aux mêmes dates, il y avait environ 5° de moins à Anchorage ou à Valdez, aidés par la mer, comme l'est, plus près de chez nous, Cherbourg, où il ne fait jamais froid ni jamais chaud.

Réchauffement climatique, évidemment, même s'il faut raison garder : en effet, des signes bien plus inquiétants sont observés dans ce pays, par exemple, la fonte du permafrost qui entraîne des problèmes difficiles aux populations locales, c'est bien plus grave qu'une température élevée, mais pas si rare que ça en fait, dans la plus grande ville de l'état de l'Alaska.

Faudra voir, avec le temps si les températures locales continuent à monter de plus en plus régulièrement, au détriment du permafrost justement, ou des glaciers (**), mais... En avons-nous le temps ?

(*) Ce qui m'a fait me demander, à moi qui n'aime pas la chaleur, pourquoi j'avais fait 10.000 kms pour avoir aussi chaud !
(**) Je suis allée deux fois en Alaska, en 2002 et en 2009, à la même période de l'année, et j'ai vu la différence du glacier Portage, non loin d'Anchorage, qui, en sept ans, avait beaucoup perdu de glace flottante et de surface. Il paraît qu'il recule depuis un siècle, mais, même s'il avance régulièrement, la fonte des glace est plus rapide que son avancée.


En moyenne, sur Mars, -53°, mais en été, il peut faire 27° à l'équateur.... On ne sait vraiment plus où aller pour trouver de la fraîcheur ! 








29 juin 2019

Fait chaud ??

Nenana (Alaska), en hiver, parce qu'en ce moment, il y fait 32°...

Le réchauffement climatique entraîne des périodes de canicule de plus en plus fréquentes et de plus en plus longues. Pour lutter contre la chaleur accablante, on utilise des ventilateurs ou des systèmes de climatisation qui aggravent les effets du réchauffement climatique, et c'est... Le serpent qui se mord la queue !

Comment tenter de rompre ce cercle vicieux ? Déjà, on remarque une chose. Un exemble : une voiture sur un parking en ville en plein soleil, un matin, avant le pic de chaleur, le thermomètre indique 32°. On quitte le parking pour arriver sous les arbres de l'avenue, 30°. On sort de la ville, on arrive entre arbres et champs, on descend à 27°, puis 26°. On en conclue que la bitume et le béton aggravent la chaleur, et la végétation l'améliorent. C'est pas nouveau, on a toujours su que c'était ainsi, le béton réfléchit la chaleur, la stocke la journée et la restitue la nuit, alors que les végétaux la régulent.

Donc, contrairement à ce que disait Alphonse Allais(*), il ne faut pas mettre les villes à la campagne, mais mettre la campagne à la ville ! En pratique : planter des arbres le long des avenues, dans les cours d'école et les jardins publics ; installer des murs et des toits végétalisés, des plates-bandes de plantes partout où c'est possible (**), de l'herbe et des fleurs mais... Tout ça coûte cher, en plantations et surtout en entretien, faudra prévoir des jardiniers supplémentaires ! Et de l'eau, parce que les massifs, quand il fait chaud, faut les arroser. Et puis, faudra sans doute supprimer des places de parking parce que si on met de l'herbe et des arbres à la place du bitume, les voitures, une fois de plus, ne sauront plus où se poser (en sous-sol ?).

Quant aux bâtiments, les anciens étaient, eux, construits avec des murs épais, et on tenait compte de l'orientation de la maison selon l'ensoleillement, comme, par exemple, l'infirmerie dans les Carmels réformés par sainte Thérèse d'Avila, qui étaient tous orientés au nord, pour un meilleur confort des religieuses malades (et dans le sud de l'Espagne, il fait plutôt chaud tous les étés) (***). Mais, pour d'évidentes raisons de coût, et de besoin de logements, on a utilisé des matériaux bien moins protecteurs par la suite. Et maintenant, on incite les gens à isoler, on les y aide financièrement... Y penser avant ? Mais on ne peut pas refaire l'histoire non plus..

A court terme, les pouvoirs publics, qui n'ont pas oublié la canicule de 2003 et l'impéritie de leurs prédécesseurs, multiplient les conseils et les mises en garde qu'on dirait presque que les gens ont perdu tout bon sens et que c'est la première fois qu'il fait un peu chaud en France : hydratez-vous, fermez les volets en journée, ne faites pas d'efforts intempestifs sous le soleil, surveillez les bébés et les personnes fragiles, etc. Jusqu'aux mairies des villages qui climatisent la salle des fêtes et y accueillent les administrés, avec des bouteilles d'eau sans doute aussi... Sans parler des différents médias qui nous échauffent les oreilles avec leurs précautions rabâchées à longueur de journée, ce qui est un comble, n'est-il pas ?


(*) Paraît que c'est même pas lui qui a dit ça.
(**) Par contre, il faut éviter de faire comme au Musée des Arts Premiers, quai Branly à Paris, où, devant le musée on a planté une telle jungle en broussailles qu'on a du mal à repérer où se trouve l'entrée !
(***) Sauf que, pour rester fidèle à la fondatrice, tous les carmels ont eu, après, leur infirmerie orientée au nord, oui, même dans le nord !!!

23 juin 2019

Une porte mystérieuse

C'était un beau matin, en semaine, où je m'étais assise dans l'église du village que je fréquente habituellement, pour souffler entre deux courses, méditer, ou prier. Il n'y avait personne. Un monsieur entre, il portait de gros gants de caoutchouc, genre chantier,  se dirige d'un bon pas le long de la travée de gauche, en direction de la petite porte de la sacristie, j'entends un bruit de clé dans une serrure, et.... Il disparaît !

Je me redresse. La petite porte de la sacristie était fermée, et je ne l'avais pas entendue se fermer... Ben qu'est-ce que ça veut dire ? On ne joue pas à Harry Potter ici, on ne passe pas à travers les murs ! Où a-t-il bien pu passer ? Où allait-il ?

Je me lève et remonte la travée à mon tour, pas de monsieur... Et c'est là que j'avise, planquée derrière un pilier, entre sainte Anne et une Pièta, une porte étroite entrouverte que je n'avais jamais remarquée, depuis pourtant des décennies que je fréquente ce bâtiment.

J'avoue ne pas avoir osé pousser un peu le battant, j'ai juste vu qu'il y avait de la lumière, donc, le monsieur est passé par là, mais pour aller où ?

Renseignements pris, cette porte donne accès à un escalier qui monte au clocher, escalier paraît-il bancal, surtout vers la fin(*), qui débouche sur une plate-forme constellée de déjections de pigeons. Et le monsieur est un ouvrier communal qui vient régulièrement pour ôter les cadavres des dits pigeons (d'où le port de gants de caoutchouc).

Voilà le mystère éclairci ! Mais tout de même, venir là régulièrement depuis bien longtemps, et n'avoir jamais remarqué l'existence de cette porte, alors que cette église n'a pas la taille de Saint Sulpice quand même !

vous voyez une porte ??

Oui... Une fois passé, en se retournant, on la voit !




(*) Je ne risque pas de demander au curé ou à la mairie d'y aller....

22 juin 2019

On ne gaspille pas !

Si ma génération n'a pas connu la guerre, nos parents l'ont vécue, et nos grands parents en ont vécu deux ! Alors on a été élevé dans le grand principe que la nourriture c'est sacré, on ne doit pas la gaspiller.

* Mange, les petits chinois n'ont rien à manger, eux (*)
* Finis ton assiette, tu n'as qu'à ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre
* Tu n'as plus faim ? Tu ne veux plus de tes légumes ? Alors, va jouer, quand on n'a plus faim pour les légumes, on n'a pas faim pour le dessert.
* On ne jette pas de pain !

Et tout ça est tellement ancré dans l'inconscient que l'on continue à ne décongeler que le pain qui sera consommé, et à utiliser tous les restes pour de nouvelles préparations, ne jetant que le fruit pourri ou les fanes de radis (**).

Sans doute que les enfants actuels, dont les parents n'ont pas connu de privations, et dont les grands parents ont vécu les Trente Glorieuses, seraient horrifiés de ces réflexions, et protesteraient à grand cris qu'ils sont brimés et vont en référer à SOS enfants battus, mais pourtant c'était ainsi, et on n'en est pas mort.

Il paraît qu'on y revient, et à grande échelle en plus, en cherchant à utiliser les invendus des grandes surfaces, et les plats non consommés des cantines scolaires ou d'entreprise, parce que voir détruire des denrées alimentaires encore mangeables plutôt que de les donner aux associations caritatives, parce que ce n'est pas rentable, est vraiment choquant. Parce que les bénévoles n'ont pas toujours les moyens d'aller les récupérer facilement ? Parce que si une denrée est douteuse et qu'un consommateur est malade, c'est la grande surface qui est en faute ? Parce que ce qui est donné est ce qui sera acheté en moins le lendemain et que ça fait perdre trop d'argent ? Un peu tout ça sans doute ; sans doute aussi une législation trop tatillonne et trop complexe (***).

Dans certains coins, en Belgique entre autres, des petits commerçants, ou petits producteurs de fruits légumes, mettent à la disposition des plus pauvres (en fait de tout le monde, même si c'est au départ proposé aux plus démunis) leurs invendus, pain, viennoiseries, fruit très mûrs, etc.. Mais je suppose qu'en France ce serait interdit parce que ça attirerait les rats et les chiens errants, parce que ce ne serait pas "aux normes sanitaires" et qu'on devrait verbaliser... Qui ?

Une conclusion ? Obésité et gaspillage chez les uns, malnutrition et carences chez les autres, tout ça est bien mal réparti et bien mal parti !


(*) à l'époque...
(**) et encore, certains devaient en faire de la soupe, ou le donner aux lapins quand ils en élevaient.
(***) en France, on est les rois du "pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?"

14 juin 2019

Haro sur le plastique

Il paraît qu'on est envahi de bouteilles et autre sacs plastique, qu'il y a de véritables îles qui dérivent sur les océans, des tortues étouffées, des poissons morts, et qu'il faut vraiment faire quelque chose si on ne veut pas être définitivement submergé par nos déchets.

Quand on voit la poubelle dédiée aux papiers/plastiques se remplir à toute allure, on comprend vite pourquoi on est envahi. Que faire ?

Les bouteilles d'eau sont en plastique, les récipients alimentaires, que ce soit en grande surface ou chez le boucher du coin, le sont aussi. Par contre, les sachets plastique ont disparu, et ça s'est fait sans bruit, tout le monde revenant aux cabas d'antan sans se plaindre. Chacun a son petit sac pliant ou son tote bag(*), souvent offert par le commerçant qui se fait de la pub et arrange le client. Ça évite les horreurs comme celles que j'ai pu observer autour d'une décharge mal maîtrisée au sud de Ouarzazate au Maroc, où, sur des kilomètres, il y avait des sacs plastiques accrochés aux buissons, flottant au vent...

Alors, que pourrait-on faire pour les bouteilles ? Remettre en vigueur les consignes ? Il paraît que c'est fait en Allemagne, alors pourquoi pas chez nous ? On a connu (enfin, moi j'ai connu) ça autrefois, et ça semblait normal, on rapportait la bouteille vide, on en prenait une autre. Compliqué à mettre en place ? Les grandes surfaces savent bien installer des stands pour leurs promotions, ils pourraient le faire, avec un système de tickets ou de jetons, mais sans doute n'est-ce pas leur intérêt financier.. Pour le petit commerce, c'est certainement moins évident, mais avant l'ère des supermarchés, l'épicier du coin y arrivait, alors ??

Quant aux emballages plastique, pourrait-on les remplacer par du carton ? D'accord, le carton, c'est du papier, le papier, c'est un arbre, et quid de l'étanchéité ? Il y a certainement des chercheurs qui pourraient se pencher sur la question, s'il y avait une réelle volonté de le faire.

Mais, en admettant qu'en Europe on diminue drastiquement les plastiques dans la vie quotidienne, il faudrait que les autres pays en fassent autant, et ça, c'est pas gagné, et que, pour ce qui reste, on puisse mieux le recycler que ce qui se fait actuellement, et c'est pas gagné non plus !!

Disons qu'on laisse de sacrés chantiers à ceux qui nous suivent.....



(*) Il  n'y a pas longtemps que je connais ce mot, alors, je le place ! A ne pas confondre avec l'IT bag qui n'a rien à voir, mais qui peut par contre être vintage, le vocabulaire de la mode est devenu fort riche n'est-il pas ?

9 juin 2019

Talent et enthousiasme

Quatre jeunes musiciens, deux violons, un alto et un violoncelle, sont venus offrir une série de concerts durant le week-end de Pentecôte. Tous ont eu des prix prestigieux, et des maîtres de grande valeur, et ça se voit, ou plutôt ça s'entend !

Un régal de justesse tant dans le jeu que dans le rythme, une précision dans l'exécution et une virtuosité dans certains passages leur ont valu des salves d'applaudissements des spectateurs.

Ils devraient faire parler d'eux très vite, c'est en tous cas ce qu'on leur souhaite, parce qu'ils nous ont procuré un grand moment de joie musicale, tant ils savent transmettre leur enthousiasme et leur plaisir de jouer ensemble.

Il s'agit de Grégoire Girard, Mickaël Riedler, Vuokko Lahtinen, et Irène Jolys, qui ont interprété des œuvres d'Erno von Dohnanyi et de Borodine, dans l'église de Croisy-sur-Eure. Merci à eux !



8 juin 2019

Les millenials


C'est quoi ça ? Ben quoi, la génération Y évidemment ! Les Digitals Natives si vous préférez. Enfin, les personnes qui ont actuellement entre 25 et 35 ans, nées avec Internet.

D'après 01.Net, cette génération Y serait tout à la fois interconnectée, individualiste, impatiente et inventive, mais aussi adeptes de l'économie de partage, appelés à changer d'emploi très souvent, aimant les open spaces et autres espaces de coworking.

Ils sont donc le fer de lance des mutations à venir, et doivent éclairer les seniors à mieux comprendre et à s'adapter à la révolution numérique qui est inéluctable.

Mais est-ce bien vrai tout ça ?

Pas tout à fait... Il s'agirait plutôt d'un mythe, déjà parce que tous ces millennials ne sont pas tous logés à la même enseigne. Si certains prônent l'économie de partage, c'est que la précarité de leur emploi ne leur permet d'acquérir des biens, ni d'ailleurs de garder un emploi stable.... Quant au fait d'être né de la cuisse d'Internet, si ça leur permet de manipuler aisément SnapChat et similaire, dès qu'il s'agit de remplir un formulaire administratif en ligne, ils sont aussi impuissants que leurs aînés ! Sans oublier qu'ils n'ont jamais appris à "mettre les mains dans le cambouis" en bidouillant leur ordinateur et ses logiciels, comme l'ont fait leurs parents aux prises avec le DOS, ou Emacs !

En fait, l'enquête conclue que nous sommes tous les millenials, que ce n'est pas une question d'âge, de génération, qu'entre les jeunes et les moins jeunes, les mœurs n'ont jamais été aussi homogènes, tous voulant gérer leur vie comme ils l'entendent, s'habiller comme ils le souhaitent, travailler régulièrement sans flexibilité imposée. Mais ce dont ont joui les seniors, les baby-boomers, sans oublier les soixante-huitards (attardés, évidemment) : par exemple, quasiment pas de chômage, on partait d'un poste le matin, pour en intégrer un meilleur l'après-midi, ils en sont privés ; quant à la révolution numérique, ils n'ont pas eu la chance de connaître et d'utiliser Windows 3.1 sur un écran monochrome, ce qui est un manque culturel irréparable !

Merci à la toujours excellente revue 01.Net qui m'a inspiré ce billet.

Quant à l'image d'illustration, elle m'a fait penser à une blague, déjà ancienne, qui montrait un petit garçon en admiration devant le phono à manivelle de sa grand mère, et disait à son copain : "tu as vu ? Mémé elle a un tourne disque qui n'a pas besoin d'être branché ! C'est autrement mieux que le mien"