28 juil. 2016

On se marre (ou la paille et la poutre)


22h30 dans un bourg de province : un groupe d'ado à pieds et en vélo chassent le Pokémon l'œil rivé sur leur smartphone au risque de tamponner une voiture en stationnement ou tout autre obstacle. On soupire.... Dans quel monde qu'on vit ma pov' dame, tous des malades !

Et ce faisant, on se dépêche de retrouver son véhicule pour arriver à la maison le plus vite possible parce que... Faut vite aller échanger de l'huile d'olive contre des clous avec les copines, pour finir la mission du jeu qui est chronométrée... Surtout que l'une d'entre elles est à l'hôpital avec son ordinateur portable, et ne va peut-être pas pouvoir jouer toute la nuit. (*)

Pourtant on a passé l'âge de l'adolescence depuis bien longtemps et beaucoup sont mamies.... Donc, pendant que les petits enfants chassent le Pokémon, leurs grands mères s'éclatent en jouant sur Facebook, dans quel monde qu'on vit ma pov' dame !


(*) Au passage, j'ai découvert que certains hôpitaux offraient à leurs résidents une connexion Internet. Je me souviens quand les téléphones portables étaient interdits pour cause d'interférence avec les appareils de l'établissement..

Et l'illustration est un condensé des deux addictions !

26 juil. 2016

Misericordes sicut pater

Quelle grâce pour un prêtre âgé de mourir ainsi, assassiné par ceux que ses ancêtres auraient qualifié "d'infidèles", après avoir célébré la Messe...
« Seigneur ne leur impute pas ce péché ! » (Saint Etienne dans Actes 7:60)

Quelle lâcheté de s'en prendre à un vieillard qui, s'il n'avait été que blessé, aurait pardonné à ses agresseurs et aurait tendu l'autre joue...
« Père pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font » (Luc 23:34)

Quelle difficulté pour un Chrétien de suivre les paroles de Jésus...
« Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent ». (Matthieu 5:44)

Et pourtant dans le Coran :

« Ne détruisez point la vie que Dieu a rendue sacrée. » (Sourate Al Isra XVII-33)

« Eloignez-vous des péchés abominables, apparents ou cachés. Ne tuez personne injustement. Dieu vous l’a interdit. » (Sourate "Les animaux" VI-151)

Enfin :

« On ne doit pas gêner la liberté des hommes sous pretexte qu'ils veulent commettre des délits »

Qui a dit ça ? Madame Taubira ? Non.... Mirabeau !
    

24 juil. 2016

Et voilà c'est fini !


Quoi ? Le Tour de France pour cette année. Terminé les après-midi dans le canapé à survoler les villes, les champs, les montagnes, les châteaux ; terminé les sueurs froides en voyant descendre les coureurs à fond la caisse dans des routes étroites et glissantes ; terminé les espoirs des échappés qui seront ou non rejoints avant le dernier kilomètre ; terminée la vision de ces zozos qui courent à côté des vélos vêtus comme des sauvages... Terminé aussi l'été !

Comment, comment, mais l'été, c'est jusqu'à la fin de septembre... Oui, c'est vrai, mais j'ai toujours eu l'impression que quand le Tour arrivait sur les Champs Elysées, l'été s'achevait : les jours commencent à diminuer, il y a dans l'air je ne sais quel début de parfum d'automne, et même s'il reste encore de belles journées à venir, on en a déjà consommé une grande partie.

Certes, jusqu'au 15 août, on vit au ralenti avec des magasins fermés, des personnes injoignables, une circulation automobile diminuée, des places de parking partout, et on en profite, parce que dès la fin du mois les affaires reprennent avec la préparation de la rentrée des classes et les reprises de travail.

En attendant, on a fait un beau voyage dans notre beau pays. Et bravo aux vainqueurs, et aux autres aussi, faut le faire ce qu'ils font ! 

19 juil. 2016

Il fait chaud !

Il fait chaud, il va faire encore plus chaud, qu'est-ce qu'il fait chaud ! Oui, et alors, on est au mois de juillet, et quand il ne fait pas chaud au mois de juillet, ce qui arrive, on braille que c'est plus comme avant, que c'est la faute du réchauffement climatique, des pets des vaches, du président de la république, etc...

Et Météo France de renchérir : attention, 30° prévus dans x départements, prenez vos précautions, buvez, ventilez, surveillez les vieux... Et ceux qui profitent du mois de juillet, justement, pour "descendre" dans le Midi, voire en Espagne ou plus bas, pour avoir de la chaleur et du soleil, ce sont des malades ??

Que l'on n'aime ou pas la chaleur estivale (*), que l'on préfère les 15 petits degrés que l'on avait depuis le 15 mai, avec petite pluie quotidienne au cas où on aurait encore trop chaud, constater que l'été, en France, il fait chaud n'est quand même pas un scoop, c'est comme ça, normalement, tous les ans (**), et, dans les périodes historiques, il y avait encore plus d'écart de températures, aux dires des historiens.

Que dire alors des 40° de Ouarzazate (vu sur la météo du téléphone) et des 45° au Texas, qui tombent sur les épaules du malheureux touriste qui sort de l'aéroport (climatisé lui) de Houston ?

Ah le sacro-saint principe de précaution suivi à la lettre par Météo France qu'ainsi on ne pourra pas taxer d'indifférence et de légèreté  ! Surtout ne prendre aucun risque, de nos jours, c'est primordial, et, si vous ne suivez pas nos prescriptions de prudence, vous ne pourrez pas dire qu'on ne vous aura pas prévenus.

Alors, buvez beaucoup (d'eau, le whisky c'est moins efficace), prenez des douches fraîches aussi, et ne râlez pas dès que vous sentez l'air rafraîchi d'une climatisation (***). Si vous refusez d'avoir chaud en été, filez dans l'autre hémisphère, c'est l'hiver actuellement en Patagonie ou à La Réunion !

Après cet accès de mauvaise humeur, du à la chaleur certainement, je vais aller boire un grand verre d'eau fraîche !



(*) je fais partie des gens qui se liquéfient à partir de 25°
(**) Oui, je sais, en 1976 et en 2003, il a fait particulièrement chaud, d'autant plus que le printemps avait été, lui aussi, chaud et sec, ce qui aggrave les choses.
(***) En France la climatisation est accusée de tous les mots, angines, sinusites, rhumes, et autres indispositions, on se demande comment les Américains sont encore vivants, et pourquoi il est obligatoire depuis 2003 qu'il y ait au moins une pièce climatisée dans les maisons de retraite, à moins de vouloir estourbir plus vite les vieux...

14 juillet à Nice


13 juil. 2016

Quand la guigne s'en mêle

Consultation médicale à 10h, déjà remise une première fois pour cause d'une autre consultation, impérative celle-là, sous peine de devoir renvoyer le rendez-vous à six mois.

9h : coupure de courant. On téléphone à EDF (qui ne s'appelle plus comme ça d'ailleurs) : oui, il y a des travaux, ils devraient être finis à 15h.

15h ? Mais c'est pas possible, plus de courant = portail électrique qui ne s'ouvre plus, et comment je fais pour aller chez le docteur ?  (*)

Téléphoner au secrétariat du médecin, qui est en fait une sorte de centrale d'appel où l'on ne peut que prendre des rendez-vous, le reste, ils s'en fichent : Si vous annulez votre rendez-vous de ce matin, je ne peux vous en donner un que dans un mois (**) me dit un monsieur indifférent....

Va pour dans un mois, de toutes façons, je n'ai pas le choix, mais quid des médicaments dont la provision sera achevée bien avant ? Arrêter le traitement ? Demander que l'on m'envoie une ordonnance pour un mois ? Mais allez expliquer ça à un secrétariat qui ne fait pas guère d'effort pour aider les patients ? (***)

Mais heureusement qu'il y a le pharmacien, compréhensif et sympathique, dépannée en médicaments, et pour le reste, eh bien on attendra un mois, en se disant qu'en cas d'urgence il y aura les pompiers ou le SAMU ! Et la veille du jour de la consultation, je laisse mon portail ouvert, on ne sait jamais, si EDF avait l'idée de faire une intervention...

(*) Oui, il y a un moyen mécanique de l'ouvrir, mais faut remettre la main sur l'outil nécessaire, et comprendre comment on fait.

(**) Il s'agit d'un généraliste, pas d'un spécialiste, sinon, ça aurait été entre 3 et 6 mois..

(***) Où est le temps où on voyait une vraie secrétaire, en chair et en os, qui vous connaissait, qui savait filtrer les appels, qui aidait, qui conseillait ? Economies... Economies... En fait, un ordinateur et un logiciel adéquat feraient aussi bien qu'un secrétariat central ; on prendrait son rendez-vous sur Internet après avoir vu les jours et heures disponibles, on décommanderait de la même façon, et.... Sauf que sans électricité on n'a plus internet non plus, à part la 3G sur téléphone mobile, mais uniquement dans les grandes villes.


L'illustration de ce billet n'a rien à voir avec son sujet, c'est juste que j'ai trouvé ce logo très joli. Par contre, je ne sais plus à qui je l'ai volé. 

10 juil. 2016

Belles anciennes


Une belle exposition de véhicules anciens, nombreux, rutilants, bichonnés, avec quelques raretés, et quelques spécimens plus récents que les aînés regardaient avec une certaine nostalgie.

Au hasard : une Ford Mustang directement sortie du film de Lelouch, une AMI8, une grosse américaine d'avant la crise du pétrole, comme celles d'Elvis Presley à Graceland, une voiture de course type 24h du Mans sans la moindre bosse ou rayure, et plein d'autres dont je n'ai pas retenu tous les noms. Et toutes étaient arrivées par leurs propres moyens.

Beaucoup de classe dans l'ensemble pour ces véhicules de collection ! Laquelle de nos autos actuelles sera dans ce genre d'exposition dans 50 ans (au moins) ? Pas la mienne...


Beaucoup moins vieille, mais c'était le summum pour les jeunes friqués et qui aimaient conduire  (avant les limitations de vitesse...)

8 juil. 2016

Liesse générale

Jeudi 7 juillet, 23h : toute la France est debout ! On est en finale de l'Euro 2016. On, c'est-à-dire les joueurs, mais surtout ceux qui sautaient sur leur canapé en sirotant leur bière, et même les copines de jeux sur Facebook (moyenne d'âge plutôt élevée) qui s'égosillaient par écrit à grand renfort de smileys et autres auto-collants, en criant ON EST EN FINALE !

Quelques pisse-froid toutefois, curieusement des hommes en majorité, qui trouvent tout ça aussi puéril que ridicule alors qu'il y a tant de choses bien plus importantes en ce bas-monde... Mais justement, pour ceux qui ont des soucis dans tous les domaines, travail, santé, famille, n'est-ce pas une façon d'oublier pour un temps ?

Que demande le Peuple ? Panem et circenses a-t-il été répondu il y a bien longtemps... En plus, ça fait toujours plaisir de battre les Allemands parce que c'est rare et difficile, et que l'on a tout de même toujours un "certain" contentieux avec eux, autant historique qu'économique ! Avec les Anglais aussi d'ailleurs, mais pour d'autres raisons..

« Le football est un sport qui se joue à onze contre onze, mais à la fin c’est toujours l’Allemagne qui gagne », eh ben non !

Avec tout ça, on n'est pas au bout de "nos" peines, parce que maintenant, va falloir affronter le Portugal. Il y a beaucoup de portugais en France, ils font partie du pays depuis si longtemps, ils devraient être très nombreux parmi les supporters pour la finale, et le vinho verde va couler à flots !

Bonne chance ou boa sorte comme vous voulez ou como você deseja !

7 juil. 2016

Je VEUX !

Nous avons tous déjà entendu ce genre de phrases prononcées par n'importe qui, n'importe où, et pas seulement devant un blanc sec au comptoir du bistrot le plus proche. Peut-être même les avons nous dites aussi.... Ou seulement pensées...

  • Je veux des rues propres mais j’ai deux chiens et je ne ramasse pas leurs crottes, c'est trop sale. 

  • Je veux que les jeunes soient respectueux mais mes petits chéris ont le droit de tout faire, ce n'est pas qu'ils soient mal élevés, évidemment, c'est qu'ils sont trop intelligents et hyper actifs.

  • Je veux une bonne éducation pour mes enfants mais les enseignants sont trop nombreux et ont trop de vacances ; en plus, je sais mieux qu'eux ce qu'il faut apprendre aux gosses et comment s'y prendre.

  • Je veux des subventions pour mon association mais je ne veux pas payer d’impôts, aux autres de le faire.

  • Je veux une ville vivante mais je n’y veux pas de jeunes, ils font trop de bruit avec leur musique de sauvages et leur motos.

  • Je veux vivre dans un quartier calme même si j’achète un appartement près d’une boîte de nuit, ou à proximité de l'aéroport parce que c'est moins cher.

  • Je veux habiter à la campagne loin de tout, mais je veux des transports en commun qui passent tous les quart d'heure.

  • Je ne veux pas de fonctionnaires mais je veux une ville parfaitement entretenue, des routes sans trous, des lieux publics impeccables.

  • Je veux des ralentisseurs dans ma rue, les voitures roulent bien trop vite, mais surtout pas devant chez moi, ça fait trop de bruit quand un camion y passe dessus.

  • Je veux que l'on conserve et que l'on restaure le château médiéval de mon village, mais je refuse toute augmentation des impôts locaux.

  • Je sais que la crise économique fait des ravages mais je ne veux pas voir de pauvres près de chez moi, et encore moins des immigrés.

  • Je veux vivre en démocratie mais je ne me déplace pas pour voter.

  • Les élus sont tous pourris mais je leur demande de me pistonner.


Je veux, je veux, je veux, 
le beurre, l'argent du beurre, et le sourire de la crémière !

4 juil. 2016

Mauvaise humeur ou mauvaise éducation ?

Une assemblée d'une centaine de personnes, de tous âges, du nourrisson à la vénérable grand mère. Un repas à la bonne franquette, simple et convivial où il fallait aller se faire servir de ce qui avait été préparé, avec son assiette. On se lève de table pour s'y rendre mais.... Les enfants d'abord, nous dit-on ! Bien sûr, comme ça, quand les adultes pourront enfin déjeuner, les plus jeunes, qui auront fini, pourront courir entre les tables en poussant des cris de sioux pour la plus grande joie de tout le monde n'est-ce pas ?

Devant les regards réprobateurs des mères de famille, les quelques adultes téméraires et affamés ont battu en retraite vite fait ! Les malheureux, ils avaient oublié que l'Enfant était roi, devait être servi en premier pour pouvoir exprimer sa Liberté ensuite..

J'aurais plutôt suggéré que l'on invite les enfants à venir faire remplir une assiette afin de l'apporter en priorité aux personnes âgées, surtout celles qui ont du mal à se déplacer, les plus jeunes pouvant bien entendu être aidés par leur papa ou leur maman, et ne viennent prendre leur part, avec leurs parents et les autres adultes, que quand les aînés auraient été servis.

Mais je suis d'une autre époque..... Où les méthodes d'éducation des enfants étaient vraiment très différentes. 

27 juin 2016

Les entrailles de la bête

L'orgue est un instrument fascinant, par sa puissance sonore, ses possibilités harmoniques, et sa complexité pour coordonner mains et pieds, tout en modifiant les registres en fonction du morceau interprété. Si les orgues de fabrication récente ont vu leurs systèmes de registration modernisés avec l'électronique (on ne "tire" plus sur un registre, on appuie sur un bouton), les claviers et les tuyaux restent identiques à ce qui se faisait dans les siècles précédents, à part l'arrivée d'air dont la pompe est électrique et non plus manuelle.

Si l'on peut admirer de l'extérieur certains buffets d'orgue historiques à la décoration recherchée, si on peut, à condition de connaître l'organiste, monter jusqu'à la tribune et voir claviers, pédalier, tirants des registres, pédale d'accouplement ou tirasses, ce n'est pas courant de voir de près les entrailles de la bête !

Alors, quand vient le facteur d'orgue pour accorder les anches et effectuer les révisions nécessaires, il faut vite faire des photos !

L'instrument que l'on voit ici ouvert et désossé date du XIXe siècle, il comporte deux claviers, un pédalier et 20 registres. Il est entièrement mécanique (hormis le sommier auquel l'air est fourni par une soufflerie électrique). En dehors de la forêt de tuyaux de toutes les tailles, il possède un si grand nombre d'organes des plus minuscules aux plus volumineux qu'on se demande comment tout ça peut fonctionner sans casser, se fendre ou se coincer. On comprend beaucoup mieux le minutieux et hautement technique travail du facteur d'orgue et on imagine la complexité d'instruments comme les grandes orgues de Saint Sulpice ou de Saint Séverin !



À l'intérieur, une forêt de tuyaux

Le buffet d'orgue, côté droit, avec les tirants des registres en haut

Le buffet d'orgue vu de face, avec la machinerie des pédales

25 juin 2016

Du miel !

Une dame d'un certain âge, affligée d'une hémiplégie droite, va au bureau de tabac pour faire des jeux. Au moment de partir, avant de payer pour ses achats, elle se ravise et demande à la commerçante : "Donnez-moi aussi un carnet de miel"... Étant juste derrière elle, j'ouvre grand mes oreilles, parce que d'habitude, je n'achète pas du miel chez le buraliste, et quand j'en achète, c'est en pot et pas en carnet. La marchande comprend parfaitement, elle, et tend un paquet de cartes à gratter en annonçant : "Ça vous fera 150 euros". La dame tend sa carte bancaire, mais elle ne fonctionnait pas. On recommence deux fois, et ça ne fonctionnait toujours pas. Elle entreprend alors de sortir son porte-monnaie de son sac ce qui n'est pas forcément facile quand on n'a qu'une seule main valide, et finit par en sortir des billets...

Elle avait 150 euros en argent liquide sur elle, au moins, parce que je n'ai pas vu le restant du contenu de sa bourse.

Elle remet le porte-monnaie dans le sac qui ne fermait pas et sort du magasin. Je me suis dit que si un malfrat quelconque avait vu ça, il n'aurait pas eu grand mal à prendre le sac de la dame sans avoir à lutter !

Espérons pour elle qu'elle va gagner plein de sous avec son carnet de miel et... Qu'elle ne les transportera pas tous dans la rue et dans son sac ouvert tenu par sa seule main utilisable.

20 juin 2016

Economie ludique

Alors qu'on discutait dans un groupe de joueurs sur Facebook de l'opportunité ou pas d'acheter (avec sa carte bancaire) certains bonus, les avis divergeaient, comme c'est toujours le cas quand ce sujet est abordé. Certains disant que jamais ils ne paieraient pour des jeux gratuits, d'autres étaient plus nuancés expliquant qu'ils acceptaient de donner quelques sous, déjà parce que ça les arrange pour le jeu, et aussi pour rétribuer les développeurs grâce auxquels on passe de bien agréables moments. Quelqu'un est alors arrivé dans la conversation et a expliqué (je le cite intégralement) :

"En reversant 2,8 milliards de dollars aux développeurs, Facebook rémunère une activité qui touche 20% des utilisateurs du réseau social.

Le jeu est en passe de devenir une activité très lucrative sur Facebook. En effet, le réseau social vient d’annoncer qu’il a versé 2,8 milliards de dollars aux développeurs des jeux conçus pour son site. Pourtant, cela ne concerne que 200 jeux disponibles. Créer un jeu pour Facebook est donc très rentable !

Le jeu sur Facebook est une tendance qui se développe avec désormais quelque 250 millions de joueurs, soit 20% des utilisateurs du réseau social. D’ailleurs, Facebook a tout à gagner dans le développement de ce créneau, car cela pousse les utilisateurs à rester encore plus longtemps connectés."

Voilà un éclairage intéressant, qui explique bien des choses. Déjà se dire qu'il y a 250 millions de joueurs (sur environ 200 jeux), rend son addiction personnelle infiniment moins grave ! Mais plus sérieusement, les éditeurs de jeu sont tributaires de leur succès : un jeu qui marche "fait marcher" Facebook qui engrange donc de nouveaux adhérents donc de nouvelles recettes publicitaires, donc la rétribution des concepteurs augmente. D'où leur intérêt à se démarquer de la concurrence en offrant des jeux intéressants, amusants, bien réalisés, sans bugs, qui tiennent en haleine le joueur longtemps, et qui l'inciteront à inviter de nouveaux amis.

Par contre, un jeu qui ne marche pas, qui ne fait pas le plein de joueurs pour diverses raisons, trop difficile ou pas assez, mal foutu ou qui plante trop souvent sera vite abandonné des joueurs qui l'ont essayé, et sera supprimé puisqu'il ne sera pas rentable, ni pour l'éditeur, ni pour Facebook.

Intéressante la nouvelle économie des nouvelles technologies, n'est-ce pas ?

17 juin 2016

Lola

Ce matin, j'ai décidé d'aller faire mes courses au bourg voisin. C'est très bien les commandes par internet livrées à domicile, mais parfois on a envie de voir fruits, légumes et viandes en vrai, pour mieux choisir. Le bourg étant distant d'une dizaine de kilomètres, j'utilise mon égo-mobile pour m'y rendre. Elle est là, devant ma porte, et elle connaît très bien ma voix ; je n'ai qu'à lui dire "Bonjour Lola" (oui, elle s'appelle Lola) pour qu'elle ouvre immédiatement ses portes.

Je m'installe dans un siège confortable, Lola ferme la portière. Je lui indique ma destination et lui précise de m'emmener au plus près de la rue principale. Elle me répond OK, avance et lance un rayon invisible pour ouvrir le portail.

Sur l'écran qui est devant moi, je choisis d'écouter le concerto pour clarinette de Mozart d'une simple pression sur la liste de mes œuvres préférées qu'elle a l'habitude de me présenter. Son habitacle est tout à fait isolé des bruits extérieurs, et comme son moteur est totalement silencieux, c'est un vrai bonheur de profiter de la quadriphonie quand on est aussi bien installé.

On arrive très rapidement. Lola s'arrête, ouvre la portière, je sors et lui dit "Au revoir". Elle referme la portière et s'en va se garer au parking le plus proche. Je n'ai plus qu'à musarder dans la rue, regarder les boutiques, faire mes courses, prendre mon temps. Une fois ceci fait, je pose mon sac à mes pieds, et sors de ma poche mon mini-terminal. Il suffit d'appuyer sur un bouton et Lola revient me chercher là où je me trouve.

En revenant, je pense à ce que me racontaient mes parents, qui vivaient au début du XXIe siècle : ils devaient "conduire" eux-même leur voiture, avec trois pédales, un volant et des clignotants pour tourner ; ils devaient faire attention aux autres véhicules, aux piétons, aux vélos ; ils devaient régulièrement mettre un liquide malodorant dans le réservoir de leur auto en allant le chercher à une pompe loin de chez eux ; ils devaient tourner plusieurs fois dans les rues afin de trouver une place pour garer leur véhicule, quand ils ne recevaient pas une amende pour s'être arrêté là où il ne fallait pas....

Je me demande s'ils n'exagéraient pas un peu quand même, parce que ça paraît totalement invraisemblable tout ça ! 

9 juin 2016

"Il se peut que tu aimes la marine française, mais la marine française te dit m..."

Les îles du Frioul et le château d'If, vus depuis Notre-Dame de la Garde
Ah Marseille ! Grand beau temps, chaleur (un peu trop à mon goût), excellente bouillabaisse, chauffeurs de taxi marrants, de belles perspectives, la mer toute bleue, le ferry boat qui est maintenant électrique, même qu'Escartefigue en aurait avalé son dentier, les belles demeures du Roucas Blanc, et la Bonne Mère qui regarde tout ce petit monde s'agiter et faire du bruit, du haut de son haut clocher. 

Suite du billet précédent

A l'aller, pas de rhinocéros sur la voie, mais train retenu à Rouen pour attente d'une correspondance, puis un peu plus loin, à Sotteville, par des grévistes qui faisaient un sitting sur les rails. Une demi-heure de retard au départ, mais ce fut bien rattrapé et il n'y avait plus qu'un quart d'heure à l'arrivée.

Au retour, rien à signaler jusqu'à Versailles, mais là, une belle association d'inondations, de coulées de boues sur la voie, et de "régulation du traffic" ont fait que le TGV s'est transformé en TPV (train à petite vitesse), et qu'il y a eu une heure de retard à l'arrivée.

Une indemnisation ? Mais oui, c'est possible, si le train a plus de 30 minutes de retard, mais il faut aller à l'accueil de la gare d'arrivée et faire la queue pendant.... Comme on a déjà une heure de retard, on ne va pas en rajouter une seconde, et on ne va pas chercher son enveloppe...

Quand on vous dit que de nos jours, il est inutile d'aller au bout du monde chercher l'aventure et les péripéties de voyage, il suffit de prendre le train, odyssée garantie !

5 juin 2016

Contretemps

Voyage à Marseille prévu de longue date, billets de TGV pris, hôtel réservé, il ne reste plus qu'à prévenir le taxi qui doit nous conduire à la gare, à 40 kms de notre domicile.

Oui mais, c'était sans compter sur les soubresauts syndicaux. Grève illimitée aux Chemins de Fer, avec prévision d'un tiers de TGV, ou de la moitié, ou de moins, ou de plus, parce que le problème est qu'on n'en sait rien... La loi dit que tout gréviste doit se déclarer comme tel 48h à l'avance pour que l'on puisse indiquer aux usagers les trains qui roulent et ceux qui sont supprimés.

La Loi ? Quelle loi ? Qu'est-ce qu'on en a à faire de la loi ? On fait la révolution pour le bien des autres, nous, pas pour nous, puisque nous avons un travail assuré, et la sécurité de l'emploi, pour votre bien voyons... On fait grève POUR tout le monde ! Ou contre tout le monde ???..... Ah non, c'est vrai, c'est contre le Gouvernement... J'oubliais, ah je plains les pauvres ministres qui subissent les grèves de train ou de métro, et qui n'ont ni avions ni essence dans leur voiture pour se déplacer, on se demande comment ils font....

Donc, la veille du départ, on ne sait toujours rien, on le saura peut-être en se déplaçant jusqu'à la gare la plus proche, au plus tôt vers 18h, soit quelques heures avant le départ, c'est très pratique pour prévenir un taxi ou annuler l'hôtel (qu'il faudra payer de toutes façons, puisqu'on aura dépassé les délais d'annulation). Le site Internet n'est pas à jour, le serveur vocal non plus, ce sont les employés administratifs de la SNCF qui le disent eux-mêmes, la seule solution pour savoir est de prendre sa voiture (heureusement que l'essence est à peu près revenue) et d'aller au guichet. Mais le plus sûr serait d'aller à l'heure dite à la gare de départ et de voir s'il y a ou non un TGV qui s'arrête. Et s'il n'y en a pas ? Eh bien vous rentrez chez vous ! Comment ? Ah ça, c'est pas notre problème, il y aura bien un TER qui passera dans la journée pour vous ramener plus près de chez vous, que diable....

On imagine un service hospitalier qui fonctionnerait comme ça : vous arrivez aux urgences avec un AVC ou une crise cardiaque, ou même seulement une douleur incoercible ; nous sommes en grève, une infirmière sur trois en moyenne, un médecin sur trois en moyenne, mais on ne peut pas vous dire, là, pour l'instant, s'il y en aura de disponible, peut-être tout de suite, peut-être dans quelques heures, on ne peut rien vous promettre, vous verrez bien...

.............

Passage à la gare le plus proche, l'employée confirme et affirme que le train que nous devons prendre n'est pas supprimé, donc... Il n'y a plus qu'à attendre demain matin pour en être tout à fait sûr, et là on pourra souffler... En espérant qu'il n'y aura pas un éléphant sur la voie, une caténaire en rideau, une panne d'aiguillage, des gens qui se promènent sur les rails, etc.

Quid du train du retour ??

On verra bien, avec la SNCF, c'est le suspens et l'aventure assurés !

2 juin 2016

Et une arnaque de plus !

Je reçois un mail en provenance d'une amie que je connais bien me disant :

J'aimerais te parler, es-tu disponible par mail?  En attente de te lire 
au plus vite.

Je lui réponds immédiatement en lui disant que je peux lui parler par mail quand elle voudra, d'autant plus que nous avions quelques détails à régler pour la semaine prochaine.

Message suivant :

Merci pour ton courriel. Je vais très mal après avoir oublié mes affaires (mon téléphone,carte de crédit, argent) dans un taxi ici où je suis actuellement pour 4 jours .  je souhaite également que tu gardes ce mail pour toi uniquement pour ne pas inquiète mon entourage. Y'a t'il un buraliste non loin de toi?

Elle doit quand même être bien remuée, parce que pas même un bisou final comme d'habitude... Et si on oublie son sac dans un taxi, le chauffeur s'en aperçoit normalement, surtout qu'il a bien fallu sortir l'argent pour le payer, c'est louche ça.. Elle sait bien qu'habitant la campagne, je n'ai pas de buraliste sous la main, c'est très louche ça... Tiens, pourquoi signer de son nom de famille et pas de son prénom comme d'habitude ? C'est vraiment très très louche...

Je réponds en lui disant que je n'ai pas de buraliste sous la main, et lui demande ce qu'elle veut chez ce commerçant. J'insiste, j'attends la faille.

Troisième message :

Je voudrais urgemment recharger ma carte afin de pouvoir régler  mes frais de déplacement et assurer mon retour . J'aimerais s'il te plaît, que  tu  me  viennes en aide en  m'achetant chez le buraliste juste 8 coupons de rechargement PCS MASTER CARD de 250 € puis transmets moi les codes RECH de chaque  coupon de rechargement ,je te rembourserais dès mon retour
Je reste dans l'attente de tes nouvelles.

Et la faille s'est ouverte ! Je n'ai évidemment pas répondu, et, comme par miracle, les mails ont cessé d'arriver !

En tous cas, elle les attendra les nouvelles, enfin, pas mon amie que je vais mettre au courant rapidement du piratage d'adresse mail dont elle a sans doute été victime, mais l'individu qui a n'a pas su réussir son arnaque jusqu'au bout. "Juste 8 coupons de 250 euros....". Là, c'est l'erreur, parce que demander 2000 euros pour survivre, c'est beaucoup trop et c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase ou qui met le feu aux poudres, comme vous voulez.

Mauvaise pioche mon gaillard, la prochaine fois, faudra pas avoir les yeux plus gros que le ventre ! Et être plus subtil aussi, mais n'est pas Arsène Lupin qui veut !

28 mai 2016

Communiquer

En Mai 68.... Mais non, on ne va pas parler politique, ça manquerait d'originalité en ce moment... Donc, en Mai 68, de très nombreux français n'avaient pas le téléphone, et ceux, les veinards, qui en bénéficiaient, n'avaient pas "l'automatique", ce qui veut dire que pour appeler quelqu'un il fallait passer par une demoiselle du téléphone : "Bonjour mademoiselle, je voudrais le 144 à Montauban", et attendre son bon vouloir. Et ceci, pas seulement chez les particuliers, les entreprises aussi, ce qui fait que quand les dites demoiselles étaient en grève, on ne pouvait plus téléphoner ou recevoir d'appels.

Quelque cinquante ans plus tard, on se ballade avec cent grammes de plastique dans la poche avec lesquels on peut joindre le monde entier et être appelé n'importe où et n'importe quand. Certains n'ont même plus de téléphone fixe à domicile, et quand ils en ont, il ne s'agit plus d'un lourd combiné en bakélite noire, mais d'objets légers que l'on déplace partout.

En Mai 68 (et longtemps après d'ailleurs), on écrivait des lettres, sur du papier, avec un stylo, on repliait le papier, on le mettait dans une enveloppe, on collait un timbre, et on allait déposer le tout à la poste ou dans la boîte aux lettres la plus proche. Ceci aussi bien pour la correspondance privée que pour les papiers administratifs divers dont on avait besoin.

Quelque cinquante ans plus tard, on envoie des mails, on y joint des photos en .jpg, on envoie le même courrier à un groupe de personnes, on récupère les formulaires administratifs sur Internet, on les remplit en ligne, on effectue les règlements par carte bancaire directement sur les sites, le tout assis chez soi devant son écran.

En Mai 68, pour organiser quelque chose, pas seulement une manifestation, on se retrouvait dans un café, on discutait, on se donnait rendez-vous quelque part où l'on se rendait en vélo ou en Solex.

Quelque cinquante ans plus tard, on s'envoie des SMS, on lance un appel sur Twitter ou sur Facebook, on discute avec son mobile.

En Mai 68, on dépavait les rues, on culbutait des voitures et on coupait les arbres du boulevard Saint-Michel pour élever des barricades, exactement comme le faisaient nos aïeux au XIXe siècle.

Quelque cent cinquante ans plus tard.... Les moyens pour se faire entendre sont bien différents !

Autres temps, autres moyens de communication.


26 mai 2016

Une profonde tristesse

Une jeune fille de 14 ans s'est suicidée à la suite d'harcèlements sur un réseau social. Non pas par un pédophile ou un adulte lubrique, mais par quelqu'un de son entourage scolaire.

Quand on apprend ce genre de nouvelle, on reste sans voix, on perd tous les mots qu'il faudrait dire, et on a le vertige. Qui savait ? Qui a laissé faire ? Qui a profité de la fragilité de cette petite pour lui faire si mal qu'elle n'avait plus d'issue ni d'espérance ?

Les jeunes savent-ils qu'Internet a une mémoire éidétique, que tout ce qui y est déposé y restera aussi longtemps que le réseau existera, et que ce qui, autrefois, était limité à la cour de l'école et à la rue voisine, est maintenant visible du monde entier ? Qu'il s'agisse de celui qui poste n'importe quelle image sur Facebook ou similaire sans réfléchir aux conséquences, ou de celui qui en profite pour assouvir une vengeance ou simplement et inconsciemment pour rigoler sans mesurer la portée de cette rigolade justement.

Et les parents, les pauvres parents ? En plus d'un immense chagrin, ils se sentent coupables : coupables d'avoir laissé leur fille trop longtemps sur son smartphone ou son ordinateur, de ne pas avoir assez parlé avec elle, de ne pas l'avoir mise en garde, et leur deuil en sera encore plus difficile.

Je me souviens d'un exposé sur les dangers des réseaux sociaux pour les jeunes, où l'on expliquait tout ce qu'il fallait justement expliquer aux jeunes. Une dame, mère d'adolescents, nous avait dit : "mais comment voulez-vous que je fasse ? Je n'y comprends rien à ces trucs !". J'avais suggéré qu'elle avait toujours la ressource de débrancher la box, si elle ne parvenait pas à faire entendre raison à son enfant. Et elle avait été très choquée de mes méthodes coercitives d'éducation...

Donc, il faudrait non seulement tenter d'éduquer les jeunes sur ce sujet, mais aussi les adultes qui les entourent, pour que tous comprennent où sont les dangers, et les risques encourus. Mais je suis bien consciente que c'est quasiment peine perdue... Fréquentant beaucoup Facebook, je vois bien que mes copines de jeu, adultes voire seniors, n'hésitent pas à étaler leur vie privée, à poster des photos de leurs enfants ou petits enfants, sans imaginer ce qu'un pédophile, par exemple, pourrait en faire.

De toutes façons, quelles que soient les causes, quels que soient les éventuels remèdes pour prévenir un tel drame, ça reste une profonde tristesse.

Pas d'illustration à ce billet, le chagrin ne s'illustre pas.