21 nov. 2013

La péninsule Valdes

Une excroissance de terre située à environ deux heures de vol au sud de Buenos Aires, sur l'Atlantique, célèbre par sa faune : manchots, baleines, éléphants de mer, oiseaux.

Mais faut y arriver ! Déjà, il faut rouler sur cent cinquante kilomètres depuis l'aéroport de Trelew jusqu'à la petite ville de Puerto Piràmides, sur une route qui traverse une steppe monotone, et une fois arrivé là, il n'y a plus qu'une méchante piste caillouteuse de 75 kilomètres pour arriver à Punta Delgada où vivent d'immenses colonies d'éléphants de mer.

Ensuite, pour les amateurs d'étendues sauvages et ventées, qui ne craignent pas les secousses et dont la voiture est solide, on peut faire le tour de la presqu'île, avec de splendides points de vue sur la mer. Attention toutefois, tout au long des deux cents kilomètres, passé Puerto Piràmides, il n'y a pas la moindre pompe à essence, et ce ne sont pas les guanacos rencontrés qui pourront vous dépanner !!

On arrive à Puerto Piràmides, accueillis par le drapeau argentin

Puerto Piràmides, une jolie station balnéaire (oui, l'eau n'est pas chaude, mais les baleines sont proches)

Les "machins" que l'on voit au bord de la plage ne sont pas des cailloux, mais des éléphants de mer qui se prélassent au soleil en grognant, grommelant, eructant...

Les mêmes, de plus près... L'eau est bonne ? Pour eux, certainement !
(à suivre...)

18 nov. 2013

Entre lac turquoise et glaciers bleus

Aux marches de la Cordillière des Andes, entre lacs immenses et neiges éternelles, la région d'El Calafate en Patagonie est riche en paysages extraordinaires. On navigue sur le lago Argentino, au milieu des icebergs d'un bleu intense, avec les montagnes en toile de fond, on s'approche du glacier Upsala en zigzaguant entre tous les blocs de glace qui s'en détachent et vont flotter dans le lac.

Au départ de Punta Bandera sur le Lago Argentino

le glacier Upsala et ses icebergs

D'accord, la photo n'est pas droite, mais ce n'est pas l'abus de Malbec, c'est que le bateau d'où elle a été prise penchait....
.

En prenant une autre direction, terrestre celle-là, on parvient au clou du spectacle, le glacier Perito Moreno, tout proche des spectateurs, immense, dont le départ se perd dans les brumes des montagnes qui lui donnent naissance. Et là, on n'a plus qu'à contempler et à attendre qu'un bloc s'en détache, dans un fort grondement de tonnerre et des gerbes d'eau glacée. Un judicieux système de passerelles permet de contempler le front du glacier à différentes hauteurs et sur différents points de vue, on ne s'en lasse pas....

Le glacier Perito Moreno vu de près

On guette la chute d'un pan de glace !
Au passage, ce glacier, contrairement à bon nombre de ses semblables, ne regresse pas, au contraire. Actuellement, son front est d'environ 5 kilomètres, et sa hauteur de 170 mètres dont 75 sont émergés. Son épaisseur atteint 700 mètres à certains endroits..... Un monstre ! Mais qui n'est pas le plus grand de la région, même si c'est le plus accessible pour les touristes. 

(à suivre...)


17 nov. 2013

La fin du monde ou le bout du monde ?

Aller jusqu'au bout du monde c'est un très long voyage, mais qui en vaut la peine : environ 13 heures d'avion pour rejoindre Buenos Aires depuis Paris, et ensuite, 3h 30 pour arriver à Ushuaïa, qui est, aux dires des habitants, la fin du monde, ou plutôt, la fin del mundo.

Un cadre exceptionnel, même si les montagnes ne sont pas très hautes, mais la latitude leur garde leurs neiges éternelles, une ville importante en population, construite un peu de bric et de broc, qui ouvre sur le canal de Beagle, au sud du détroit de Magellan, à 150 kms environ du Cap Horn, et à un peu plus de 1000 kms de l'Antarctique.

A proximité, le Parc National de la Terre de Feu, avec ses paysages étonnants, très différents de ceux d'Alaska. En effet, la fin de la Cordillière des Andes qui s'incurve à cet endroit n'a pas des sommets très élevés, et la végétation ne ressemble pas à celle de l'Amérique du Nord, mais le côté sauvage de l'ensemble est tout à fait fascinant, malgré le vent, permanent, qui malmène les arbres (les gens aussi...).

L'Argentine est un pays immense, et la Patagonie, qui n'en est qu'une partie, oblige, pour aller d'un point à un autre, à prendre un avion pour rallier les quelques villes qui s'y trouvent tant les distances sont grandes et la civilisation... clairsemée ! Quelques photos d'Ushuaïa et de la Terre de Feu, la suite dans un prochain billet de blog...

Le Parc National de la Terre de Feu

Le port d'Ushuaïa, au fond, le Canal de Beagle

La rue San Martin (le libérateur, pas le saint) à Ushuaïa

Le centre ville d'Ushuaïa (qui a dit qu'il y faisait toujours mauvais temps ? La preuve que non....)

(à suivre...)

30 oct. 2013

En partance


Donc, sur le point de m'envoler de l'autre côté de l'océan atlantique et dans l'autre hémisphère, vous savez bien, là où les gens marchent la tête en bas... A la découverte d'un pays lointain et inconnu, où la langue habituelle n'est même pas l'anglais, et à 14h d'avion de Paris. Beaucoup de curiosité pour découvrir cet immense pays si différent du nord au sud, qu'il faut sillonner en avion parce que les distances en voiture seraient trop longues, pour aller d'un bout à l'autre, d'autant plus qu'il n'y a pas les ressources hôtelières que l'on peut trouver au fil de la route dans l'Ouest Américain.

Curiosité de la découverte effectivement, d'un pays qui n'a pas une origine anglo-saxonne (ou un passé lié à l'Angleterre) comme ceux que j'ai plus l'habitude de fréquenter, d'une culture inconnue en dehors de ce que j'ai pu en lire, avec une langue que je ne parle pas du tout en plus !

Curiosité des climats divers : des températures plutôt chaudes du nord au climat quasi antarctique du sud, ce qui nécessite d'emporter autre chose qu'un jean, un T-shirt et un blouson léger, curiosité de comparer les glacier des Andes à ceux des Rocheuses ou d'Alaska... Et surtout, ne pas oublier de vérifier si la viande bovine est aussi bonne qu'on le dit, et si le vin est de qualité !

Donc, de Buenos-Aires à Ushuaïa, en passant par El Calafate et la Péninsule Valdès, on va voir si le sud de l'Amérique du Sud est aussi fascinant que le nord de l'Amérique du Nord.

Hasta pronto !

Evidemment que j'emporte la tablette, mais ça ne veut pas dire pour autant que je trouverais de quoi me permettre de publier des photos en cours de route... 

L'image d'illustration représente le glacier Perito Moreno, depuis l'article de Wikipédia , pas sûr que je puisse faire une si belle photo !

26 oct. 2013

Tablette ?, ordinateur ?, tablette ?, ordinateur ?......


Les experts qui scrutent le marché high-tech observent que depuis quelques temps les ventes de PC en volume (ordinateurs portables et fixes de bureau) ont reculé de 7,6%, passant de 341 millions à 315 millions d'exemplaires (*) et que la tendance s'affirme de plus en plus dans ce sens. Ils ajoutent : "il ne s'agit pas d'une tendance conjoncturelle, temporaire, due à l'environnement économique austère : cela reflète un changement de comportement de long terme". Ce sont les tablettes qui taillent des croupières à leurs vénérables prédécesseurs, elles dont les ventes explosent.

En se plaçant uniquement du côté du marché des particuliers (**), on peut se demander pourquoi les gens achètent plutôt une tablette qu'un ordinateur, portable ou de bureau. Déjà, les ventes des portables dépassaient largement celles des ordinateurs de bureau pour un usage domestique, question de place, de mobilité, par exemple, ce qui fait qu'à part un gamer acharné, qui a besoin d'une tour pour héberger sa carte graphique haut de gamme, son énorme disque dur et ses ventilateurs adequat, le simple quidam dont les besoins ne sont pas les mêmes, choisissait un portable plutôt qu'un outil aussi encombrant. Et pourquoi ce citoyen lambda se tourne-t-il maintenant plutôt vers les tablettes ? Plusieurs raisons sans doute..

Ses besoins ne sont pas les mêmes qu'il y a quelques années. Internet est incontournable, et plus encore, Internet partout, pour chercher un renseignement, faire un achat en ligne, participer aux multiples réseaux sociaux, etc.. Donc, il faut un objet qui se connecte en Wi-Fi (ou 3g), qui tienne dans le sac, qui permette d'envoyer et de recevoir mails et notifications, de surfer, et tout ça, une tablette le fait très bien, pour un kilo seulement. La bureautique qui a fait les beaux jours de l'informatique il y a vingt ans n'est plus du tout une priorité, pour un particulier, j'entends, il lui suffit de pouvoir consulter ses documentations .pdf ou d'étudier ses documents Word dans le train avant la réunion où il se rend, s'il a l'usage de ce genre de chose, et ça aussi, les tablettes, qui comportent une suite bureautique basique, le permettent parfaitement.

Sûr que l'infographie surtout poussée, s'accomodera mieux d'un grand écran et d'un ordinateur portable ou de bureau qui en est pourvu, mais pour envoyer la photo de vacances ou celle du petit dernier sur Facebook les logiciels fournis (ou acquis gratuitement sur l'Apple Store ou Google Play) sont amplement suffisants.

La tablette permet donc de rester en contact avec ses activités personnelles, où qu'on se trouve, sous un faible volume et un faible poids. Elle est peut-être le signe de l'évolution de l'utilisation de l'informatique par les particuliers, qui jongle entre sa tablette, son smarphone, et bientôt sa montre connectée ! De plus les tablettes sont volontairement simples d'emploi, l'installation des applications évidente et immédiate, leur suppression aussi, rendant l'outil utilisable par n'importe qui sans fastidieux pré-requis.

Les tablettes utilisent trois systèmes d'exploitation : IOS pour les Ipad, Androïd, et Windows 8, ce dernier ayant quelques difficultés à passer devant ses deux challengers. D'ailleurs, le grand perdant de cette mutation ne serait-il pas Microsoft ? Une étude Gartner l'observe :

"En 2008, le marché de l'informatique atteignait 92 millions d'unités avec 90 % pour Windows. En 2013, alors que le marché est estimé à 269 millions d'unités, Windows ne représente plus que 32 %. Quand le marché de l'informatique est multiplié par trois, la part de Windows est divisé par trois".

Alors, cette émergence, cet engouement, cette mainmise sur le marché signerait-il le déclin d'un des géants de l'informatique qui a un peu tardé à prendre le train en marche, et qui s'est fait doubler par Androïd et Apple ? Comme dans ces domaines les choses vont très vite, et pas forcément dans le sens que l'on prévoit, l'avenir seul le dira.


(*) La Tribune
(**) Je précise bien que je ne parle aucunement ici de l'utilisation de l'informatique dans une entreprise, les besoins sont très différents de ceux du particulier, encore qu'avec le cloud ou la facilité de transfert des fichiers de l'ordinateur vers la tablette, on puisse doter certains professionnels itinérants de cet outil en plus de leur machine de bureau.

24 oct. 2013

Pearl's Peril (*) rien ne va plus !


Les joueurs acharnés sont mécontents. En effet, pour accéder au prochain nouveau chapitre, il faut attendre plusieurs jours, quatre environ quand on a fini le chapitre précédent et même si on a toutes les fleurs demandées, et les trois amis nécessaires pour passer l'étape. Certes, on peut "acheter" son passage avec des billets, mais seulement quand il ne reste plus qu'un jour, donc, tant qu'à avoir attendu on peut attendre un jour de plus sans dépenser ses billets.

En fait, il semble que l'éditeur, Wooga, sans doute dépassé par son succès, diffuse le jeu au fur et à mesure qu'il le réalise, pénalisant certainement involontairement ses joueurs les plus assidus, ceux qui ont joué le plus ou depuis le plus longtemps et qui ont donc avancé trop vite dans l'histoire. Si le joueur est frustré, l'éditeur peut aussi y laisser des plumes, parce que quand on perd l'habitude de pratiquer un jeu (et il y en a tant d'autres), on finit par l'abandonner, et s'il y a moins de joueurs, le jeu perd en notoriété, donc, en ressources financières et publicitaires.

Les joueurs rouspètent en commentant l'annonce de l'éditeur, et les remarques dans le genre "frustrant, injuste, inadmissible, marre d'attendre.." pleuvent ! D'autant plus qu'il y a certains joueurs qui bénéficient de "bonus", comme la possibilité d'aller voir des voisins pour récupérer pièces et énergie (j'en fais partie, tant mieux), et d'autres pas, sans que l'on sache vraiment pourquoi, l'éditeur restant muet sur ce genre de demande. Seuls ceux qui viennent de découvrir le jeu ne râlent pas, et pour cause, puisqu'ils sont encore très loin des chapitres en gestation, par contre, certains n'ont pas encore compris que sans amis, ils n'iraient pas bien loin, alors que ce n'est pas très difficile d'en trouver.. De même que ceux, du genre à qui on ne la fait pas, crient bien fort qu'on ne peut pas jouer si on ne paye pas (avec du vrai argent), qu'ils le savent bien, eux... Alors qu'il suffit de bien gérer ses avoirs (virtuels ceux-là). On se marre !

Tout ça est 'achement important n'est-ce pas ? Bon, c'est pas tout ça, mais le chapitre va être débloqué dans peu de temps, et avec mes réserves en énergie, en pièces et en billets, accumulées depuis plusieurs jours, je vais pouvoir continuer à jouer un certain temps !


(*) Ah oui au fait, Pearl's Peril est un jeu d'objets cachés sur Facebook.

23 oct. 2013

Les navigateurs

Ben quoi, moi aussi je suis un navigateur
Quand un ordinateur est connecté à Internet dès qu'il est allumé, le programme le plus utilisé est le navigateur. Par lui, on se promène partout sur la toile, qu'il s'agisse d'y faire des achats, d'y prendre des renseignements sur tous sujets, de jouer sur Facebook, de tenter d'y écrire des articles encyclopédiques, d'y alimenter sites et blogs personnels, etc..

Et des navigateurs, il n'en manque pas ! Tous fonctionnent correctement (l'époque d'Internet Explorer d'antan est révolue, tout du moins je l'espère), ou à peu près. Chacun a ses défauts, ses qualités, son ergonomie, et surtout bénéficie de l'habitude qu'en a l'utilisateur. Et chacun a son caractère !!

Par exemple, Safari (version 5.1.10) perd souvent la connexion, et indique péremptoirement : "Vous n'êtes pas connecté à Internet, Safari ne parvient pas à ouvrir la page...". Ah bon ? Et pourquoi Chrome ou Camino le peuvent, eux ? Pour la même page évidemment. Il suffit alors d'attendre qu'il ait retrouvé ses esprits...

Firefox (version 24.0) est plus fidèle, s'il ne trouve pas la page, c'est qu'elle est introuvable (temporairement ou définitivement), mais il est très gourmand en ressources et tend à s'essouffler après plusieurs heures d'utilisation, ce qui le ralentit au point de le rendre quasi inutilisable. Il suffit alors de le fermer, d'attendre qu'il ait bien rangé ses octets à leur place, et de le relancer. Certes, le fait d'avoir une tripotée d'onglets ouverts, et de l'obliger à faire tourner le script LiveRC (pour la surveillance de Wikipédia), en permanence ne l'aide pas, pas plus que ma RAM un peu famélique.

J'ai aussi sous le coude Camino, un Firefox pour Mac, pas vraiment à jour, qui est là en dépannage, pour faire, comme on dirait en médecine, un diagnostic différentiel quand on constate un dysfonctionnement de ses deux grands aînés. Quant à Chrome, fraîchement installé, outre que son icône n'est pas très assortie à celles qui sont sur le dock du mac, je ne l'utilise pas encore assez pour me faire une idée. Il paraît qu'il est bien, rapide.... A voir à l'usage.

Où est le temps où l'on pouvait encore utiliser Mozaïc ou W3 sous Emacs ?

21 oct. 2013

Impressions d'automne


Quand il fait beau, doux, que le ciel est bleu pâle et les feuillages jaunes et dorés, on a plaisir à rêver dans les chemins... Mais Guillaume Apollinaire l'exprime beaucoup mieux que moi !

Et que j’aime ô saison que j’aime tes rumeurs
Les fruits tombant sans qu’on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille
Les feuilles
Qu’on foule
Un train
Qui roule
La vie
S’écoule

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

L'image d'illustration est un pot-pourri qui se veut impressionniste, un mélange de plusieurs photos prises dans la campagne locale. Merci à Gimp qui permet ce genre de création, et à Olivier dont je n'ai pas oublié les cours patients d'infographie.

20 oct. 2013

La tour Montparnasse

Ah qu'elle en a fait couler de l'encre et de la salive ! Construite à la place de la vénérable et vétuste ancienne gare Montparnasse, dominant Paris de toute sa hauteur, elle semblait incongrue dans ce quartier d'artistes, de petits restaurants et de lieux plus proches de la tradition, de l'histoire que de la modernité. On s'y est habitué depuis, et si elle n'a pas l'élégance de certaines tours de la Défense, elle a quand même un intérêt, on peut y monter, et se promener sur la terrasse extérieure, à quelques 210 mètres au-dessus de la ville.

Certes, ce n'est pas la Sears Tower, et encore moins l'ancien World Trade Center qui était à peu près deux fois plus haut, mais du 56ème étage, on a une vue circulaire sur Paris, sur les monuments, le métro aérien, les avenues, les toits des immeubles, les jardins que l'on ne voit pas depuis la rue.

Encore faut-il que le sommet ne soit pas noyé dans le brouillard ! Par contre, si on y monte alors que le ciel est bouché, on paye moitié prix... Et il n'y a plus qu'à faire des prières pour que la brume se dissolve petit à petit, et que l'on puisse découvrir le paysage urbain qui s'étale en contrebas.

Un ascenseur très rapide, tout fier d'annoncer qu'il lui faut seulement 38 secondes pour arriver au sommet, mène au niveau 56, et un escalier (heureusement intérieur) conduit sur la terrasse, entourée de vitres (heureusement aussi), qui ont aussi l'avantage de protéger du vent.

Monter en haut de la tour Montparnasse ? Oui, et pas seulement comme l'a dit un humoriste, parce que c'est le seul endroit de Paris d'où... On ne la voit pas !

Le cimetière de Montparnasse émerge de la brume

La gare Montparnasse vue d'en haut

La rue de Rennes

Haro

Haro sur ces bons apôtres qui s'indignent et fustigent ceux qui refusent l'accueil des Roms mais qui pour rien au monde n'accepteraient même une seule caravane dans leur propriété personnelle, ou un groupe de gens du voyage dans le champ à-côté de chez eux.

Haro sur ces bons apôtres qui critiquent au nom de la solidarité humaine l'expulsion d'une famille étrangère mais n'inviteraient pour rien au monde la dite famille à habiter chez eux pendant le temps des études des enfants.

Haro sur ces bons apôtres qui entravent et pénalisent la circulation et le stationnement des automobile dans les villes mais qui pour rien au monde quitteraient leur voiture de fonction pour prendre le métro aux heures de pointe.

Haro sur ces bons apôtres qui préconisent des taxes énormes sur les combustibles mais n'accepteraient pour rien au monde de baisser la température de leur appartement de quelques degrés.

Haro sur ces bons apôtres qui critiquent l'expansion des finances communales mais qui pour rien au monde  reviendraient sur l'interdiction de tout licenciement des personnels absentéistes et inefficaces.

Haro sur ces bons apôtres qui préconisent de prendre son vélo plutôt que sa voiture mais qui, pour rien au monde, ne proposeraient à une personne âgée d'aller lui faire ses courses.

Haro sur ces bons apôtres qui défigurent les villages avec des constructions écologiques imposées, dans lesquelles pour rien au monde ils habiteraient, et qui se font retaper un mas provençal dans une région naturellement ensoleillée.


Et c'est pas nouveau, puisqu'il y a plus de 2000 ans que Jésus a dit : "...ils disent et ne font pas ; mais ils lient des fardeaux pesants et difficiles à porter, et les mettent sur les épaules des hommes, tandis qu'eux-mêmes, ils ne veulent pas les remuer du doigt" Amen !

19 oct. 2013

Un musée injustement méconnu


Aux pieds de la tour Montparnasse, dans une petite rue tranquille, se trouve un musée étonnant, le musée Bourdelle. Là, ce sculpteur de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème (il est mort en 1929) a vécu et travaillé. On y voit de très nombreuses oeuvres de cet artiste aux talents foisonnants, qui vont de la pièce monumentale jusqu'aux plus fines têtes, en passant par des commandes académiques qui ne manquent toutefois pas de panache. Certes, on ne mettrait sans doute pas ça dans son jardin (déjà faudrait qu'il soit assez grand pour contenir chevaux et allégories), mais il représente toute une époque, même s'il est nettement moins connu et moins apprécié que Rodin, avec lequel il a travaillé.

Le musée présente aussi son atelier, avec d'intéressantes explications sur les techniques de sculpture qu'il employait, et c'est très compliqué, entre les plâtres, les moules, les bronzes... Il faut être autant artisan qu'artiste dans cette discipline. En plus, c'est un musée calme, tranquille, assez peu fréquenté, et l'entrée est gratuite ! Même s'il y a toutefois une préposée pour vous donner un billet dont le boulot consiste à vous dire ... que c'est gratuit !

Appartenant à la Ville de Paris, comme le musée Cognac-Jay, le musée d'Art Moderne, et la maison de Victor Hugo à Guernesey (ainsi qu'une dizaine d'autres), il mérite le détour, par ses cours et jardins, par ses étonnants bronzes expressifs ou monumentaux, par son côté pédagogique, et aussi, pour découvrir ou redécouvrir un artiste auquel le grand Rodin a fait de l'ombre, peut-être injustement.

L'atelier du sculpteur

Têtes fort expressives

12 oct. 2013

Un ordinateur de luxe

Vous en avez marre de votre PC Asus ou Dell qui ressemble comme deux gouttes d'eau à celui de votre voisin ? Vous trouvez que votre MacBook serait encore plus classieux s'il ne ressemblait pas... aux autres Mac(s) ? Vous voulez vous distinguer avec une machine d'exception et transformer cet objet utilitaire en une véritable oeuvre d'art ? Eh bien, voilà ce qu'il vous faut.
La maison  Cottin peut vous fabriquer un ordinateur portable entièrement à votre goût, avec marquetterie, bois et pierres précieuses, gravures d'or ou d'argent, cuirs rares, et tout ce qu'il faut à l'intérieur pour vous donner toute satisfaction : Intel Core i7 de 3e génération cadencé jusqu'à 3,2 GHz, 16 Go de mémoire, écran FullHD avec vitrage diamant de 0,8 mm, 6 haut-parleurs hétérogènes servis par quatre amplificateurs à filtres..

Et ce n'est pas tout, puisque cette machine est prise en charge à vie par son constructeur, c'est-à-dire qu'il assure la mise à niveau de tous les composants au fur et à mesure de l'évolution de la technique avec bien entendu le transport de la petite merveille du monde entier vers ses ateliers.

Et le prix ? Quelle question triviale, quand on aime, est-ce que l'on compte ? En fait, tout dépend de ce que vous souhaitez, puisque chaque machine est faite sur mesure, et les décorations entièrement peaufinées à la main, alors, selon que vous préfèrerez le citronnier ou le palissandre, l'or ou le palladium, l'améthyste ou le topaze, il vous en coûtera.... une misère, ou deux tout au plus. Le modèle de l'illustration ne coûte que 27.700 euros !

Oui... Pourquoi s'en priver ? Parce que tout de même, ces machines pèsent 3 kilos environ, et que pour les transporter, ça fait un peu lourd, on ne peut tout de même pas les confier à Firmin, il serait capable de le choquer, les personnels sont si peu sérieux de nos jours. Et le trajet entre les lounges et la cabine de première des avions risque de sembler un peu long aussi avec un tel poids à porter... Alors, et bien entendu pour cette seule raison (*), on va réfléchir !

D'accord, en ce moment, après avoir changé de Ferrari, vous avez quelques soucis bancaires, alors, vous pouvez vous consoler avec l'acquisition d'une clé usb à 700 euros, en métal rare, ou acquérir un Ipad en argent patiné et cuir de lézard pleine fleur à seulement 4000 euros... Comment, vous hésitez ??


(*) Une autre raison ? Ces ordinateurs sont installés avec Windows 8.... Mais c'est sûr que mettre une distribution Linux, ça ferait mesquin :-D









 

6 oct. 2013

Les cloches de nos églises

Celle-ci s'appelle Stéphanie, c'est une des deux cloches de l'église de Saint-Pierre préposée à sonner les offices. La troisième sonnant l'heure. Elle effectue son service depuis 1833. Oui, les pigeons l'aiment bien !

Elles font partie du paysage familier de nos villes et surtout de nos campagnes. On a l'habitude de les entendre sonner les heures, l'Angélus, et les différents offices chrétiens. Autrefois, c'était le sacristain qui s'en chargeait, maintenant, elles sont bien souvent électrifiées, et sonnent automatiquement heures et Angélus, tandis qu'un préposé appuie sur un bouton pour appeler les fidèles à la messe du dimanche, ou, en faisant sonner les glas, pour accompagner un défunt vers sa dernière demeure.
Il reste encore bon nombre de petites églises où les cloches sont sonnées "à la main" en tirant sur une corde, à la grande joie des enfants qui se disputent le plaisir de le faire et de se soulever de terre tant ils y mettent d'ardeur.

Il y a aussi d'étranges mécanismes, comme celui de l'église de Saint-Pierre d'Autils dans l'Eure, qui ressemble fortement à celui que contiennent nos pendules comtoises classiques, et sert à manoeuvrer les quatre cadrans qui ornent le haut clocher et donnent l'heure, et la demi-heure, aux habitants du village. Là, toutes les semaines, un employé communal monte en haut du clocher, et "remonte" la pendule en faisant monter les poids grâce à une manivelle, une fois pour l'heure, l'autre pour la sonnerie. Les sonneries des offices étant elles, électrifiées et commandées depuis la sacristie par un interrupteur. C'est une rareté, un mécanisme ancien pieusement conservé, qu'on espère voir fonctionner longtemps.

Entendre les cloches sonner est-ce un plaisir désuet ? Entendre tinter les trois coups de l'Angélus quand le soir tombe est-ce encore un cliché ? A condition qu'on puisse arrêter les sonneries des heures, surtout quand elles marquent les quarts et la demi, pendant les heures nocturnes pour éviter les insomnies à ceux qui sont proches de l'église, je trouve que c'est plutôt agréable, et pas pire que d'être réveillé à 5 heures du mat' par la mélopée du muezzin du haut du minaret proche de la kasbah des cigognes à Ouarzazate ! En fait, m'on susurré à l'oreille des copains marocains musulmans, le muezzin ne monte plus, il reste en bas pour chanter sa prière, seul le haut-parleur est en haut du minaret, et pire, certains l'enregistrent et ne font qu'appuyer sur un bouton.. Enfin, je n'ai pas vérifié non plus ! En tous cas, l'un et l'autre font partie du paysage, de l'histoire, de la vie quotidienne, et ce serait dommage de s'en passer. 

4 oct. 2013

Fleurs d'automne

Quelqu'un y a déjà goûté !

Excellenr le camouflage au milieu des feuilles mortes

Ne suis-je pas ravissant ?

2 oct. 2013

Petits vandales et sacrés ostrogoths


Sur Wikipédia on a l'habitude, en période scolaire, de voir fleurir sur divers articles des pipicacaprout, et autres évaluations de l'anatomie mâle naissante des jeunes écoliers, c'est banal, classique, vite supprimé, et les chères têtes blondes sont priées de retourner à leurs leçons. Dans le genre, il y a un peu plus subtil, celui qui recopie soigneusement un article pour son devoir du lendemain, et qui, ensuite, insère des choses fausses, ou modifie l'existant, pour que les petits copains qui vont en faire autant se plantent et aient une mauvaise note (et qui s'en vante bien sûr).

Mais il y a encore mieux, et ça vient de plus haut, l'enseignant vandale ! Oui, oui, oui, ça existe ! Il modifie volontairement un article pour piéger ses élèves dont il connaît bien la flemme et les travers (*). Mais, a-t-il aussi arraché les pages des livres de la bibliothèque du collège ? Gribouillé les documents ? Certainement pas, enfin, je l'espère, mais détériorer une encyclopédie en ligne, utile à beaucoup de gens, lui semble tout à fait normal et naturel, c'est grave quand même...

J'avais déjà rencontré un autre enseignant qui m'avait reproché vigoureusement d'empêcher ses jeunes élèves d'écrire lol, cacaboudin ou similaire dans les articles, parce que ça brimait leur créativité naturelle... On aura tout vu... Et avec ça, les dites têtes blondes écrivent toujours le français aussi mal (**), et leur culture générale diminue comme peau de chagrin.

Je sais, je sais, je suis vieille, complètement has been, je ne comprends plus rien à l'éducation et à la jeunesse, oui, je sais, mais au fond, qu'est-ce que je suis contente d'avoir étudié à mon époque ! Au moins, ça m'a donné de la curiosité, le goût d'apprendre et d'excellentes bases pour le faire. Est-ce que ce sera pareil pour ceux qui nous suivent ?

(*) Il existe aussi l'enseignant qui veut prouver à ses élèves que l'encyclopédie n'est pas fiable, et fait donc des modifications en conséquence pour étayer sa démonstration.  Les journalistes le font aussi, on a l'habitude.

(**) Combien de fois ai-je pu faire remarquer que bite (grosse ou pas) ne prenait qu'un seul t.....


L'image d'illustration provient de ce site , ça me semble publié sous licence libre , sinon, pardon (et merci) à Nojhan.

30 sept. 2013

Luxe, calme et.... retraite !

Le plus grand luxe de la retraite, c'est d'avoir enfin le temps ! Quand toute sa vie professionnelle et familiale on a vécu les yeux rivés sur la pendule, en jonglant avec les différents horaires et les indispensables obligations, on se sent soulagé de pouvoir se lever quand on le veut, se coucher quand on le souhaite, ne rien faire si on en a envie, et même procrastiner tout son saoul ! Se dire qu'on récupère 40h (sans compter les trajets) par semaine de liberté est inappréciable, ça permet de faire toute chose en prenant son temps, sans courir, sans se presser, sans s'énerver.

Pouvoir partir se promener quand on veut, décider d'un voyage, d'une virée, sans avoir à poser à l'avance d'aléatoires jours de congé, apprécier de visiter certains lieux hors-saison, aller faire ses courses ou passer à la bibliothèque aux heures où il y a le moins de monde, recevoir un livreur ou un artisan sans avoir à jongler avec d'autres occupations, etc... des exemples dans la vie quotidienne, on pourrait en trouver énormément.

Mais bien entendu, comme on ne vit pas comme un anachorète (*) des premiers siècles dans le désert, ce temps libre on le consacre à d'autres activités, qu'elles soient paroissiales, culturelles, associatives, voire politiques, justement parce qu'on a ainsi beaucoup plus de temps à leur consacrer. Et c'est là que le bât blesse ! Parce que l'on s'aperçoit qu'il y a souvent des télescopages, deux réunions à la même heure, pour lesquelles il faut impérativement faire un choix, une activité régulière dont il faut tenir compte pour organiser l'emploi du temps hebdomadaire, une impossibilité matérielle d'être à plusieurs endroits à la fois, tandis que les jours suivants sont libres et que l'on redevient entièrement disponible...

En tous cas, avoir le luxe de, par exemple, passer une heure ou deux à lire un bouquin passionnant sans se dire qu'il faudrait faire le repassage parce que demain on reprend le travail et qu'on n'aura plus le temps de le faire, ou encore de jouer à Pearl's Peril sans avoir mauvaise conscience puisque on a pléthore de temps pour assurer l'indispensable, c'est inappréciable !

Bon, d'accord, je sais, je sais, être à la retraite signifie être vieillissant à défaut d'être déjà vieux, et qu'il faut avoir à la fois une santé à peu près correcte et des moyens à peu près corrects aussi pour en jouir sans nouveaux soucis, mais quand c'est le cas, pourquoi ne faudrait-il pas reconnaître que c'est une période bien agréable ?
(*) L'image ne représente pas un retraité, mais saint Siméon le stylite , un anachorète des premiers siècles du Christianisme.

24 sept. 2013

J'aime l'automne


C'est ma saison préférée, la lumière est douce, le soleil pas trop chaud, et les couleurs de la végétation de plus en plus somptueuses, comme dans un feu d'artifice final avant le grand endormissement de l'hiver. Là, c'est juste le début, quelques feuilles jaunissent, les marronniers et les tilleuls en premier, les érables et les autres ensuite. Les dernières fleurs s'ouvrent, comme les éclatants hélianthus ou ce tapis de cyclamens sauvages qui s'étend d'années en années entre herbe et feuilles mortes.


18 sept. 2013

Cogito ergo sum

Il y a quelques siècles Descartes avait affirmé : "Je pense donc je suis" (plus précisément : "Cette pensée, je pense, donc j'existe, est la première et la plus certaine qui se présente à celui qui conduit ses pensées par ordre").

Il y a une trentaine d'années, Jacques Ellul annonçait : "L'ordinateur rendra la pensée de l'homme inutile".

Récemment, on a appris qu'un super-calculateur, Watson, pouvait donner de très sérieuses orientations de traitement pour plusieurs formes de cancer (après avoir avalé et digéré un certain nombre de traités de médecine et de pharmacopée).

Actuellement, si l'on n'a pas encore de puce implantée sous la peau, on peut être relié au réseau mondial avec un simple téléphone connecté, ce qui fait de chaque individu une petite maille dans un immense filet. Alors, les post-humains ne seront-ils plus que des cerveaux reliés entre eux et avec des bases de données ?

Peut-être d'ailleurs qu'avant, les ordinateurs auront fait de tels progrès en intelligence artificielle qu'ils auront supplanté les humains !

Déjà, ils ont modifié notre façon de vivre et de penser, et il serait trop long de passer en revue tout ce que l'on fait d'une façon différente par rapport à nos aînés, depuis que l'on utilise l'informatique. Mais est-ce la machine qui s'est adaptée à l'humain ou... l'inverse ? Finira-t-on par se ressembler tellement qu'il y aura comme une fusion ? Et qu'on arrivera à un homme-machine ou à une machine humaine ? Bien fort qui pourrait l'affirmer, parce qu'on est loin d'en être là.

Pour l'instant, c'est encore l'homme qui fabrique la machine, ou plutôt qui la conçoit (parce que ce sont quand même d'autres machines qui la font), alors tant que l'ordinateur ne saura pas se reproduire (s'auto-concevoir plutôt) et s'améliorer au fil des générations, c'est encore l'humain qui devrait avoir le dernier mot ! Mais jusqu'à quand ? Quelques décennies ? Quelques siècles ? Jamais ?

C'est sûr que l'on en est qu'aux balbutiements, même si on voit ça et là apparaître des robots dits "intelligents", et si certains américains excentriques envisagent de faire conserver leur cerveau après leur mort pour pouvoir y injecter on ne sait quelles données. En arrivera-t-on à ressentir "La honte qui s'empare de l'homme devant l'humiliante qualité des choses qu'il a lui-même fabriquées" (Günther Anders) ?

Plus de questions que de réponses évidemment, mais quoi qu'il en soit, je me verrais bien débarrassée d'un corps encombrant et faillible, flottant dans l'ether dans une bulle de conscience reliée à toutes les bibliothèques de l'univers... Non, je n'ai rien bu ! J'ai seulement du trop lire de science-fiction !

17 sept. 2013

Il pleut il fait soleil

 Avec cet étrange mois de septembre qui ressemble à un mois de mars par ses giboulées entrecoupées d'éclaircies et sa température plutôt fraîche, on peut faire d'étranges photos : des gouttes de pluies qui tombent sur de l'herbe ensoleillée !

Et ça me rappelle cette comptine qu'on chantait quand j'étais enfant :

Il pleut il fait soleil
Le diable bat sa femme
A grands coups de baton
Le diable est un fripon

La même photo (un peu...) bricolée !

9 sept. 2013

Y a pu d'saisons !

La météo est un grand sujet de conversation, et pas seulement chez les Anglais, pourtant réputés pour cet exercice. Et dans ce domaine, on a toujours la mémoire bien courte. Quand il pleut pendant tout l'été, on raconte qu'on n'a jamais vu ça, ou alors, si la neige paralyse les routes quelques jours en hiver, on râle en disant que c'est inadmissible et que le monde change trop ; pareil s'il se met à faire bien chaud en juillet, ou si le froid est vif en février.

C'est vrai que sous nos climats tempérés, les choses sont bien plus variées que sous les tropiques, ou au pôle, mais dès qu'il se passe quelque chose qui dérange la vie quotidienne, on en vient à accuser le diable et son train ! Autrefois, on stigmatisait les spoutniks et tous ces machins qu'on envoyait dans la Lune, maintenant, on brandit le changement climatique ou les déchirures de la couche d'ozone, et pourtant...

En relisant les chroniques historiques, on relativise, parce que des grands froids, par exemple, avec neige abondante, il y en a déjà eu, et des pires. Certes, on pense toujours à l'hiver 1710 à Versailles, où le vin gelait dans les verres, mais avant il y en a eu aussi : en 821, toutes les rivières de la Gaule étaient gelées, on y passait dessus à cheval et avec les charrettes. L'hiver 1124, il a neigé si fort et si longtemps que les gens mourraient de froid, ainsi que les poissons des rivières pris dans les glaces. Plus près de nous, en 1830, l'hiver a été particulièrement rude en Europe puisqu'il a neigé juqu'en Espagne et en Italie. En France, il faisait -28° à Nancy, -17° (seulement) à Paris, et comme nos aïeux n'avaient pas nos chauffages et nos protections, il y eut une énorme mortalité, des gens et du bétail. Encore plus près.. L'hiver 1954, celui où l'on a fait connaissance avec l'abbé Pierre, j'ai vu de mes propres yeux d'enfants la Seine charrier de gros blocs de glace en amont de Paris.

Voilà pour le froid, mais on pourrait trouver le même genre de documentation pour la chaleur excessive, les pluies diluviennes, ou les sécheresses dramatiques. Alors, rien de nouveau sous le soleil (ou sous la neige..) ? Si, certainement que les activités humaines, bien plus "industrielles" qu'en 1830 et a fortiori sous Charlemagne, ont un impact non négligeable, mais à l'échelle d'une vie humaine ? N'avons-nous pas trop souvent la mémoire courte ? On croit qu'on "n'a jamais vu ça" alors que...

Pour ceux qui ne connaissent pas Le Gorafi, un article de circonstance.

6 sept. 2013

Giverny est un jardin


Voilà un tout petit village de l'est du département de l'Eure, à quelques encablures de Paris, qui voit passer dans ses rues plus de 600.000 visiteurs du monde entier en une seule saison. Comme c'était une des bases préférées des Impressionnistes, au XIXe siècle, c'est resté un village de fleurs, de jardins, d'effets d'eau (la Seine et l'Epte sont proches), de douce lumière, toutes choses qui inspiraient ces artistes. On peut y passer la journée sans s'ennuyer une minute, et, malgré l'afflux des touristes, et toutes les langues que l'on entend, on en revient apaisé, les yeux pleins de couleurs.

Il y a le Musée des Impressionnismes, qui présente de fort belles expositions de peinture, et qui est entouré de jardins remplis de fleurs : le carré jaune, le carré mauve, les blanches, les roses, qui varient selon les saisons. On peut aussi aller jusqu'à l'église sainte Radegonde, avec son cimetière attenant où est inhumé Monet, le grand prêtre local, qui y a vécu et peint de longues années. Au passage, l'hôtel Baudy, qui, le premier, a accueilli les peintres qui venaient eux aussi de fort loin, puisque de nombreux artistes américains y ont séjourné. Là, après avoir déjeuné sur la terrasse, à l'ombre des tonnelles, on va visiter un atelier d'artiste reconstitué au milieu d'un étrange jardin en pente, où, en saison, les roses fleurissent à profusion.


Après, il faut redescendre tranquillement la rue Claude Monet (évidemment) jusqu'à arriver à sa maison. Celle-ci n'a rien d'extraordinaire, par contre les jardins.... Un fouillis, un jaillissement, une multitude de corolles aux formes diverses, d'improbables coloris, à tel point que les yeux ne savent plus où se poser, et qu'on en oublie les autres personnes présentes qui prennent avidement des photos, d'ailleurs, on en fait autant ! Et puis, pour terminer en beauté, on passe sous la route, par un court, frais et sombre tunnel, et on arrive dans le jardin d'eau, où s'épanouissent les fameux nymphéas si célèbres. Là, sous l'ombre des saules pleureurs qui laissent leurs feuilles frôler l'eau calme des étangs, au milieu de la verdure et des fleurs, en empruntant les ponts peints en vert qui enjambent les bras de rivière, on aurait presque envie de prendre un chevalet, une palette et des pinceaux ! Mais le résultat serait sans doute hélas fort loin de la réalité !

On peut aussi flaner dans les galeries d'art et d'artisanat, de produits locaux et d'objets insolites, qui ne manquent pas, s'arrêter au Musée de la mécanique naturelle, fort intéressant et même surprenant, regarder les menus des nombreux restaurants, les jardins des particuliers aussi, et enfin, retrouver sa voiture garée dans les nombreux parkings dont certains même sont à l'ombre !


3 sept. 2013

Une visiteuse nocturne

Qui est peut-être d'ailleurs un visiteur ! Notre intimité ne m'a pas permis d'exercer ce genre de privauté pour le vérifier. En effet, aimant vivre la fenêtre ouverte, j'ai souvent la visite d'une chauve-souris qui entre dans mon bureau, se met à voleter en grands cercles près du plafond, en rasant les murs, et a bien du mal à retrouver l'issue par laquelle elle s'était fourvoyée.

Quand je pense que la première fois que l'un de ces chiroptères a eu l'outrecuidance d'entrer dans ma chambre alors que j'y dormais, je me suis enfoncée le plus loin possible dans mon lit sous les couvertures pour ne surtout pas le croiser... Mais depuis, comme ce n'est pas si rare que ça, j'ai perdu cette appréhension (plus proche de la terreur que de la crainte d'ailleurs à cette époque) et attends tranquillement qu'elle veuille bien partir faire son marché d'insectes à l'extérieur.

Pourquoi ces bêtes-là déclenchent-elles chez beaucoup de gens une telle panique ? Après tout, ce sont des mammifères, même s'ils volent mieux qu'un chien, un chat ou une souris. A cause de cette légende urbaine qui raconte qu'elles se prennent dans les cheveux ? Ou à cause des vampires tropicaux qui, exceptionnellement peuvent sucer du sang humain ? Où parce que ces ailes membraneuses réveillent l'inconscient collectif et rappellent les dragons et autres Erynies ? Pourquoi cette crainte et cette répulsion ? Ce sont des animaux fort utiles, leur consommation d'insectes est salutaire, et, sous nos climats, leur taille n'a rien d'effrayant !

Et pourtant, elles ont été longtemps symbole de sorcellerie, de malheur, de mort, on les clouait sur les portes des granges autrefois, comme les chouettes, on les associait à toutes sortes de maléfices et elles pouvaient servir d'ingrédients dans des potions avec la bave de crapaud et autres choses peu ragoûtantes. Dans d'autres contrées, c'est différent, elles sont au contraire considérées comme des esprits errants bénéfiques et elles sont sacrées.

Mais pas chez nous.... Même avec le succès de Batman ! C'est vrai que les animaux nocturnes, que l'on ne distingue pas bien, sont plus inquiétants qu'un oiseau ou un lapin que l'on croise dans la journée. Ce sont des animaux protégés en plus, il ne faut pas leur faire de mal, et elles ne le font pas exprès de s'inviter chez vous, c'est seulement que le délicieux papillon de nuit qui passait par là est entré le premier et elle a suivi le casse-croûte (*)....

Quand elles entrent dans une maison, elles doivent être complètement affolées les pauvres, il y a de la lumière, des humains, des meubles que leur sonar leur montre, des tas de trucs qu'elles ne connaissent pas, quel stress ! C'est pourquoi s'il y en a une qui arrive, il faut calmement aller fermer la porte pour qu'elle ne s'égare pas dans la maison, puis, ouvrir tout grand la fenêtre si elle n'était qu'entrebaillée, et se rasseoir sans chercher à la pousser vers la sortie ce qui l'inquièterait encore plus, elle finira bien par rejoindre la nuit.

Tiens, quand on parle du loup.... On en voit les ailes ! Bonsoir, la sortie c'est par là ! Si vous voulez bien vous donner la peine...

(*) Je ne suis pas sûre du tout que les chauve-souris mangent les papillons de nuit....

1 sept. 2013

Comment peut-on lire des romans ?

J'ai beau être une lectrice compulsive, je ne lis quasiment jamais de romans (*) parce que je n'accroche pas. J'ai essayé de lire des romans "actuels", et le livre m'est tombé des mains, des descriptions érotiques tant qu'on en veut, oui, d'accord, ça fait acheter, mais ça n'apporte pas toujours grand chose, n'est pas le marquis de Sade qui veut... des élucubrations d'auteur sur des sujets futiles, qu'on oublie dès qu'on a tourné la dernière page, un style parfois bizarre (hein Monsieur Houellebecq ?) et par-dessus tout, ça n'apprend rien ! Si encore ça me distrayait, comme les Histoires de Bellemare que j'affectionne tant, mais même pas, ça m'ennuie la plupart du temps.

D'accord, moins on en lit, moins on est apte à juger de l'intérêt de l'oeuvre, c'est évident, et c'est sûr que je connais mieux Roger Martin du Gard, ou Georges Duhamel que les auteurs contemporains, mais quand on est déçu une fois, deux fois, on n'a pas trop envie de tenter une troisième fois. En ce moment, pour participer à un prix littéraire local, j'ai promis de lire six romans d'auteurs étrangers, du bassin méditérranéen, puisque c'est le thème du salon. Je viens de finir le troisième, et un seul m'a vraiment plu, les deux autres.... Lus en quelques heures, oubliés tout aussi rapidement.

Il reste les grands classiques, Balzac, Flaubert, Zola, mais, après avoir lu quasiment tout Emile Zola avec délectation quand j'étais jeune, j'ai voulu relire Germinal et ne suis pas allée plus loin que la page 50... Comme quoi les goûts changent ! Et les "modernes" ceux d'avant-guerre (la seconde), ou de tout de suite après, qui les lit encore ? Qui lit Montherlant ou Druon, et pourtant qu'est-ce qu'ils écrivaient bien ! Je suis sûre qu'il y en a plein d'autres de nos jours, qui écrivent aussi bien, et qui savent narrer des histoires passionnantes, mais encore faudrait-il que j'ai envie de les lire.......
(*) à part en science-fiction, genre que j'apprécie et dont j'ai fait une grande consommation 

* A propos de l'image d'illustration, oui, je sais, il y a mieux comme romans que la collection Harlequin, mais elle a ses inconditionnels, comme quoi, il en faut pour tous les goûts. 

* Allez, un peu d'autopromotion, où l'on voit que les catégories "documentaires" sont nettement plus remplies que la catégorie "romans"....Et aussi que ces derniers, pour la plupart, datent un peu !

28 août 2013

Trekking urbain

Dans le billet précédent, j'évoquais l'intérêt des balades dans Paris et c'est vrai que c'est un plaisir rare, surtout quand, l'âge aidant (ou n'aidant pas d'ailleurs), la marche est devenue plus lente, on a tout le temps de humer l'air du temps justement, et de découvrir une foule de détails qui échappent au gens pressés : la perspective d'une rue, une sculpture sur une façade d'immeuble, un musée inconnu, un jardin calme... Et si Paris est la première destination touristique au monde, il y a d'autres villes évidemment, dans lesquelles il est bon de flaner et de regarder autour de soi.

Rome, par exemple : on tourne la tête à gauche... Une église ; on tourne la tête à droite... Une autre église (*) ; on lève les yeux et on voit un vestige antique, ou une statue de saint dans une niche sur une façade. Ce n'est plus une ville, c'est un musée à ciel ouvert, nonobstant la foule et l'intense circulation automobile qui oblige toutefois à ne pas trop rester le nez en l'air !

A propos de nez en l'air, à New-York, c'est tout le temps qu'on a la tête levée, parce quand on circule aux pieds des buildings de Manhattan, c'est en haut qu'il faut regarder ! Ou plutôt de bas en haut.... Un truc à vous flanquer un torticolis (**).

On regarde la ville, les maisons, les rues, les panneaux, les arbres, et les gens aussi, touristes ou autochtones. C'est ainsi que sur le pont de l'Alma, deux dames chinoises m'ont demandé si elles pouvaient me photographier, je ne sais pas si à leurs yeux je représentais quelque chose de typiquement couleur locale, mais ce qui leur a plu, je crois que c'était mon chapeau de soleil ! Si elles avaient vu qu'il était "Made in China"...

C'est donc en allant doucement, yeux et oreilles grands ouverts, que l'on découvre le mieux l'ambiance et les secrets d'une ville, qu'on s'y immerge le plus intensément, qu'on l'apprécie (ou pas d'ailleurs). On regarde aussi les boutiques, ce qu'elles proposent, les affiches, les publicités, oui aussi, c'est souvent très typique d'une certaine société, on repère les restaurants et leur carte (***), les stations de métro ou de tramway pour aller plus loin que les pieds ne le permettent, et on rentre enfin chez soi ou à son hôtel épuisé et ravi !

Et on revient à Paris, pour laisser la conclusion de ce billet à George Sand : "En vérité, je ne sais point de ville au monde où la rêverie ambulatoire soit plus agréable qu'à Paris".




(*) Il y en a 400....
(**) L'image d'illustration, récupérée sur l'article de Wikipédia sur Flatiron Building, a justement été prise de haut en bas, histoire de ménager les vertèbres cervicales ! En plus ce n'est pas l'un des plus hauts.
(**) A Bruxelles, c'est un boulot à temps plein de choisir un restaurant, je n'en ai jamais tant vu ! Il y a des rues où tous les pas-de-porte en sont !

27 août 2013

Le saviez-vous ?

C'est le sieur Eugène François, épicier de son état, rue du Renard, dans le IVe arrondissement de Paris, qui, en 1854, a le premier mis au point le morceau de sucre rectangulaire tel que le monde entier le connaît maintenant. Enfin, nos amis Belges précisent sur leurs emballages de sucre en morceaux "Morceaux de sucre dur", histoire qu'on ne soit pas surpris.....

A la Révolution, les Sans-Culottes avaient décidé de démolir Notre-Dame, ce qui était un rude boulot ! Ils ont donc commencé par faire tomber les statues des rois d'Israël qu'ils avaient pris pour les rois de France, engeance honnie s'il en fut. Ils y parvinrent, mais, épuisés sans doute par l'effort, ils ont laissé là ces statues, qui, cassées, ont été vendues aux enchères comme matériau de construction. Et... c'est par le plus grand des hasards qu'elles ont été retrouvées, en 1977 seulement, ensevelies dans la cour d'une banque rue de la Chaussée d'Antin. Depuis, elles sont au musée de Cluny, tandis que des reproductions ornent la façade de la cathédrale (on ne sait jamais...).

La statue équestre d'Henri IV au milieu du Pont Neuf a eu une histoire fort mouvementée. La première, érigée le 23 août 1614 a commencé sa carrière par un naufrage. Non, pas dans la Seine, mais près des côtes de Sardaigne, parce qu'elle avait été fabriquée en Italie, puisque offerte par le grand duc de Toscane. Elle est restée un an sous l'eau, avant de se retrouver... face à de l'eau. Et revoilà les Sans-Culottes qui la détruisent en 1792, et jettent une partie des morceaux, dans la Seine (ça devait être une fatalité pour elle de passer son temps sous l'eau). Les années passent et Louis XVIII fait ériger une statue dans le socle de laquelle il fait planquer tout un tas de trucs, un ouvrage de Voltaire, des traités de paix, des pièces et des médailles, etc... Et comme il faut être économe, il utilise le bronze de diverses statues, dont une de Napoléon. L'ouvrier fondeur, bonapartiste fervent, s'indigne, et en cachette glisse une statue de Napoléon dans le bras d'Henri IV et divers documents anti-royalistes dans le socle. C'est en 2004 que, lors d'une restauration de l'oeuvre, tout ce bric-à-brac a été retrouvé.

Tout ça, et bien d'autres choses, sont extraites de l'excellent ouvrage de Madame Clémentine Portier-Kaltenbach intitulé "Les secrets de Paris", donc, je ne saurais trop vous recommander la lecture. On a vraiment envie de partir baguenauder dans les rues de la capitale, avec ce livre sous le bras, tant il fourmille de détails, d'anecdotes, et de découvertes passionnantes et inattendues.

Et rendons à César ce qui est à Henri, l'image d'illustration provient de Wikimedia Commons .

22 août 2013

Zones en nuances de gris

Conversation téléphonique hier avec une démarcheuse de Virgin Mobile, me demandant si je voulais faire des économies sur ma facture de téléphone portable. Je lui réponds que déjà, si mon opérateur actuel pouvait m'assurer une réception correcte ce serait bien et que je doute que son entreprise fasse mieux.. Mais justement, me dit la dame, Virgin Mobile s'appuie sur les grands réseaux existants de SFR et d'Orange.... Ah, eh bien quand on voit que SFR est incapable d'assurer une réception normale dans de nombreuses zones rurales dont celle où j'habite, on ne voit pas comment un sous-traitant, qui ne doit donc pas être prioritaire, pourrait faire mieux... Alors si c'est pour payer moins cher, mais pour ne plus avoir de téléphone mobile du tout, ce sera encore trop cher !

C'est là tout le problème de la rentabilité de ce type de service. On va là où il y a le plus de monde, parce que c'est le plus rentable, et on annonce fièrement qu'on dessert 95% de la population. De la population sans doute, mais pas du territoire, ce qui n'est pas la même chose. Les zones blanches sont nombreuses, où même l'appel du numéro d'urgence est impossible, mais c'est vrai qu'elles hébergent une poignée de gens, et non pas des milliers d'habitants comme en ville, donc, pourquoi construire d'onéreuses installations pour si peu de monde, pour si peu de bénéfice ?

Dieu sait si l'économie étatisée et nationalisée n'est pas ma tasse de thé, mais si, au milieu du XXe siècle, on n'avait amené l'électricité que là où il y avait un maximum de gens, on s'éclairerait encore à la bougie à la campagne.. Mais là, c'est le contribuable qui payait, alors, ériger toute une série de poteaux pour apporter le courant à une ferme isolée, était considéré comme un service public et non comme un investissement à rentabiliser. Il en va de même avec le téléphone (fixe celui-là) dans les années 1970. Pour les mobiles, comme toutes les entreprises qui en fournissent sont privées, elles n'ont pas envie de faire du social, et on les comprend aussi, il en va de leur survie économique... Alors, on donne encore plus à ceux qui ont déjà, et on oublie ceux qui n'ont rien ou pas grand chose et qui doivent, à réception d'un appel, chercher désespérément les quelques mètres carrés où ça capte entre maison et jardin... Avant de dire rapidement au correspondant de bien vouloir rappeler sur la ligne fixe !

On a aussi connu ça à l'arrivée du haut-débit d'Internet où certaines zones rurales ont du galérer un certain temps avant d'être correctement desservies, et encore parce que le Conseil Général y a été de ses recommandations et ... de sa poche (donc, de la nôtre..). Je comprends facilement qu'il est plus facile de déployer de la fibre optique dans une agglomération que dans un habitat disséminé, c'est comme pour le tout-à-l'égout ! Ce ne serait pas réaliste ni vraiment faisable.

Mais installer des antennes de téléphonie sur les châteaux d'eau par exemple ? Investissement sans grand retour financier ? Donc, pour le réaliser sans perte, il faut augmenter les tarifs des abonnements ? En faisant payer tout le monde, même ceux qui n'ont pas besoin de ces infrastructures ? Comme les impôts et autres taxes de solidarité en quelque sorte..... Notre monde moderne est bien compliqué !

21 août 2013

Scène de la vie quotidienne

Voilà une histoire qui, si elle n'est pas strictement vraie, n'est pas totalement fausse non plus (*).

Monsieur Martin est dirigeant d'une PME qui vend du matériel agricole en province. Il reçoit pour un stage Mademoiselle Monique, qui vient travailler dans le service administratif pendant un mois.

Il l'accueille le premier jour :

- Bonjour Mademoiselle, on m'a dit que vous vous y connaissiez en informatique, j'ai un travail à vous confier. Il s'agit de rédiger la fiche de l'entreprise sur Wikipédia, vous savez, ce site où il faut absolument figurer parce qu'il arrive dans les premiers résultats sur Google, dans laquelle vous allez présenter l'entreprise, indiquer nos heures d'ouverture, nos tarifs de réparation, et l'ensemble de nos prestations.
- Mais, Monsieur... Je viens d'arriver, je ne connais pas encore l'entreprise, et ne saurais pas quoi mettre
- Eh bien, vous n'avez qu'à recopier ce qu'il y a sur notre site Internet, sans oublier évidemment de mettre un lien, ça augmentera notre trafic qui est bien maigre. Allez, allez, vous avez un ordinateur à votre disposition, et j'espère que vous savez ce que signifie copier/coller.
- Oui Monsieur, je vais le faire...

Deux jours se passent, et Monsieur Martin entre en trombe dans le bureau où se trouve la stagiaire.
- Et alors, cette fiche ? Elle en est où ? J'ai beau taper Mecapourtous dans Google, ça n'amène pas sur Wikipédia, qu'est-ce que vous avez foutu ?
- J'ai fait ce que vous m'avez dit Monsieur, j'ai copié/collé le contenu du site, et l'article a été immédiatement supprimé pour cause de violation de droits d'auteur je crois...
- Violation de droits d'auteur ? Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Il est à moi ce site, je l'ai payé assez chez.. Recommencez je vous prie, et insistez, tout le monde peut écrire sur Wikipédia, je me suis renseigné, d'ailleurs, il n'y a que vous qui n'y arrivez pas...

La fin de la semaine arrive :
- Toujours rien, je me demande ce que vous fabriquez, on m'en reparlera de vos compétences en informatique, je ne vous ai pourtant rien demandé de bien compliqué, il me faut cette fiche, d'ailleurs, j'en ai parlé autour de moi, et nous attendons de pied ferme.

Monique baissa les yeux :
- Monsieur, j'ai tout essayé, j'ai même réécrit le texte entièrement, pour qu'il ne ressemble pas à ce qui figure sur le site, mais là, on m'a dit que l'entreprise n'avait aucune notoriété, qu'elle n'était pas admissible, qu'elle n'avait rien à faire dans une encyclopédie...

Monsieur Martin lui coupa la parole :
- Mais qui vous parle d'encyclopédie ? Une encyclopédie, je sais ce que c'est, mon père avait une douzaine de volumes de chez Larousse qu'il avait hérité de son oncle, là, ça n'a rien à voir,  il s'agit d'un de sites les mieux référencés, il faut y être, insistez mon petit, insistez, sinon, votre note de stage va en pâtir.
- J'ai insisté, Monsieur, j'ai essayé de publier plusieurs fois, pour voir si à force ça finirait par passer, j'ai changé le titre en Mecapourtous (Saint-Jean), j'ai supplié qu'on laisse l'article en disant que j'étais obligée de le faire, que j'étais stagiaire et que c'était important pour moi, et rien n'y a fait.. Le pire, ajouta-t-elle en baissant la voix, c'est que maintenant, je ne peux plus le publier, on m'indique que ces titres sont protégés à la création....
- QUOI éructa Monsieur martin ? Eh bien puisque c'est comme ça, vous allez immédiatement effacer John Deere et tant que vous y êtes, Massey-Ferguson aussi, ah mais !

Monique baissa la tête...
- C'est que, Monsieur, ce n'est plus possible, le compte que j'avais créé pour ça est définitivement bloqué, on m'a dit que j'avais trop insisté pour faire de la publicité.....

Monsieur Martin la fusilla du regard, et sortit en claquant la porte. Les autres employés l'entendirent grommeler : Vous m'en foutrez des stagiaires comme ça, de la publicité, de la publicité, évidemment que je voulais faire de la publicité, pour une fois que c'était gratuit, mais si on ne peux plus faire ce qu'on veut sur Internet c'est le comble... Et tout le monde s'absorba qui devant son écran, qui devant sa caisse à outils, en faisant semblant de n'avoir rien entendu.

(*) Ouais, on est en Normandie, p't'êt ben qu'oui...

J'espère qu'il n'y a pas de Monsieur Martin qui vend du matériel agricole à Saint-Jean, si c'est le cas, qu'il accepte mes excuses les plus plates, ces noms ont été choisis au hasard, et ce ne serait que coindicence !