9 août 2019

té ki toi ?

Ça vous agace les gens qui écrivent en SMS ? Qui maltraitent la langue française, l'appauvrissent, et sont illisibles aux non initiés ? Vous dites certainement que c'est la faute des smartphones et autres discussions sur Internet, et que, vraiment, cette dégénérescence du langage est intolérable ? Sans oublier le couplet sur le monde moderne qui est en pleine déliquescence.

Et pourtant, ce n'est pas nouveau, pas du tout même...

En 1550, un grammairien, Louis Meigret, a proposé une réforme de l'orthographe dans un but de simplification. Par exemple, il suggère de supprimer le u après le q ce qui ferait eqilibre ou qestion ; d'ôter les doubles consonnes inutiles, personne devenant person ; et en finir avec le ch prononcé k, donc, on écrit un keur, une kronologie. D'après Lorant Deutsch, à qui j'ai emprunté ces quelques lignes dans son remarquable ouvrage "Romanesque", cette réforme a eu ses adeptes qui essayaient d'écrire "selon lé règl edicté par le metr" (*).

Deux siècles plus tard, un certain Charles Pinot Duclos, secrétaire perpétuel de l'Académie française, propose à son tour une forme de simplification : supprimer le ph et le remplacer par un f comme farmacie ou nénufar.. Tiens tiens, comme, encore quelques lustres plus tard, un certain Conseil supérieur français de la langue française, en 1990 ! Comme quoi, l'Histoire est un perpétuel recommencement. De plus, Monsieur Pinot Duclos souhaitait supprimer les doubles consonnes, comme son prédécesseur, ainsi que la lettre y. Ses collègues de l'Académie ne l'ont pas suivi, mais, ne voulant quand même pas contrarier leur secrétaire perpétuel, ont décidé d'écrire phantome fantôme, et dissonnance dissonance, quant au satyre, qui aurait du devenir satire, il a été réservé au satyre lubrique tandis que le texte critique perdait son y.

Alors, faut pas s'affoler (un l ou 2 ?) la seule règle qui tienne en matière d'orthographe et d'écriture, c'est l'usage, même si celui-ci, demande des lustres, et si un beau jour tout le monde décide d'écrire nénufar, ce sera la graphie correcte pour nos descendants.

Quant au langage SMS, tant qu'il est réservé aux smartphones et autres conversations internautiques, ce n'est vraiment pas grave. On a tous utilisé des abréviations quand on était étudiant, bcp, ds, et bien d'autres.. Par contre, si on écrit une lettre de motivation pour un emploi ainsi : "je voudré avoire 1 emploi ds vot entreprise parce que la kiffe grave avec mon keur", peu de chance que ça débouche sur un CDI !!


Si l'on s'intéresse un tant soit peu à la linguistique, on ne peut que recommander le livre de Lorant Deutsh, même s'il n'a pas l'érudition d'Alain Rey ou d'Henriette Walter, il n'en est que plus accessible, grâce à son talent de conteur, en plus de ses connaissances.


(*) Le correcteur orthographique de mon éditeur de texte en est tout rouge de honte !

6 août 2019

En direction de l'avenir

Quand on atteint un certain âge, on se dit qu'on a fait le plus gros, et que ce qui reste à faire n'est pas forcément le plus agréable ! On se dit aussi qu'il va falloir songer à regagner les lieux civilisés parce que pour vivre à la campagne, il faut conduire sa voiture, et qu'il arrivera un moment où ça risque d'être impossible.

Mais quand on vit dans la même maison depuis cinquante ans, on a accumulé beaucoup de choses dont il va falloir se défaire. Déjà, voir ce qui a de la valeur ou pas, mais la valeur peut être plus sentimentale que monétaire : la pendule comtoise de la grand mère, le piano, des choses bien encombrantes dont on n'est pas sûr du tout qu'elles intéresseront les héritiers. Toute une série d'objets divers rapportés du monde entier, ou chinés dans des brocantes, qu'on a l'habitude de voir toujours à la même place, des collections de plus ou moins grande valeur amoureusement enrichies, et j'en passe.

Tiens, imaginons qu'il faille partir en n'emportant qu'une seule valise, qu'y mettre dedans ? Pas les centaines de livres qui se disputent les étagères, c'est trop lourd ; pas les vêtements qui encombrent les armoires, ça se renouvelle facilement ; pas la vaisselle ou le linge de maison, surtout si on n'a plus personne à recevoir ; des objets, des bibelots que l'on aime bien ou qui rappellent des souvenirs ? Oui, certainement, quelques uns, mais le tri sera difficile... Quoi encore ? La valise n'est pas pleine ! Les récits de voyages et les albums photo qui vont avec, ça, c'est sûr, même si... Non è nessun maggior dolor che ricordarsi del tempo passato nella miseria...

Enfin, il y a quand même un objet dont il est totalement impossible de se passer, où que l'on soit, c'est l'ordinateur ! Le compagnon de tous les instants, l'ami fidèle qui répond toujours présent (oui, sauf en cas de coupure de courant, of course), celui avec lequel on visite le monde entier, on discute avec de lointains amis, on joue, on écrit, on se cultive, on observe tout ce qui se passe sur la Terre, et même sur Mars pour peu que l'on soit abonné aux tweets de la Nasa.

Donc, on peut se détacher relativement facilement de certains biens matériels, sauf d'un seul !

1 août 2019

Qui est là-dessous ?

Ah la pub de ''Comme j'aime''.... Depuis de trop longs mois elle envahit tout, que l'on suive le Tour de France ou une autre émission sur une autre chaîne, on est sûr d'y avoir droit, et pas une fois seulement, plusieurs.

Il a été longuement démontré qu'il s'agissait d'une somptueuse arnaque. Déjà annoncer une semaine gratuite, alors qu'il faut payer pour un mois un minimum de 160 euros, n'est pas d'une honnêteté foncière, mais aussi, la qualité des plats, peu appétissants très industriels, trop riches en glucides (le comble pour un régime minceur) n'est pas au rendez-vous, apportant même des carences graves pour ceux qui s'y adonneraient un peu trop longtemps.

Donc, arnaque potentielle + mauvaise qualité des prestations + matraquage qui saoule tout le monde... Et ça continue, et ça continue... Au prix de la minute de publicité à la télé, surtout quand elle intervient au milieu d'un événement important, on se demande d'où vient tout l'argent mis dans cet organisme. C'est quand même très louche... La société française Xynergy Groupe est-elle donc si riche que ça ? Ou il y a plus de gogos qui y croient que de gens qui en ont marre ?

Sachant que, même si on perd du poids (en plus de l'argent, que l'on est sûr de perdre), avec ce type de régime hypocalorique, on sait que dès qu'on arrête, on reprend le poids perdu.

Voilà quelques réactions d'internautes :

"j’ai essayé le programme minceur Comme J’aime pendant 6 mois. J’ai perdu 10 kg et beaucoup d’argent ! Les produits sont hors de prix. Vous perdez bien quelques kilos à court terme, mais ceux-ci vous reviennent comme un boomerang dès que vous arrêtez le régime"

"Je n’ai pas trouvé les plats très bons mais plutôt insipides. J’ai perdu 2 kg en 4 semaines. Peu de temps avant la fin du mois, j’ai signalé que je ne voulais pas continuer le programme. On m’a informée au téléphone que je devais retourner toutes les boites et que je devais payer le renvoi des colis moi-même. Les frais de port étaient conséquents." (*)

Quoi qu'il en soit de la qualité, du prix, des modalités, ce qui est largement le plus reproché, c'est ce matraquage télévisuel qui finit par donner la nausée au spectateur, bien plus encore que l'insipidité des plats ! Et qui finit certainement aussi par faire fuir un certain nombre de clients potentiels...

Sans doute que la société en question se dit... "Qu'on parle de moi en bien ou en mal, peu importe. L'essentiel, c'est qu'on en parle! ",.

Jusqu'au jour où....

(*) Oui, il paraît que si on veut arrêter au bout d'une semaine, il faut renvoyer le colis des plats non utilisés, à ses propres frais, et vu le poids...

P.S. J'ai piqué l'image sur Facebook, je ne sais pas à qui elle est, mais quand on publie et que l'on incite les gens à partager, on partage, pas forcément à l'endroit attendu !

29 juil. 2019

Nos chères têtes blondes

Quel grand verre !
11h à la messe du dimanche dans l'église d'un bourg de province. L'assemblée est fournie. Tout le monde se connaît, et avant l'office, on s'embrasse, on se donne des nouvelles, on se salue, on papote aussi... Et puis, tout le monde regagne son siège. Il ne s'écoule pas longtemps avant qu'un gosse, à qui sa mère a donné deux ou trois petites voitures pour l'occuper, ne les fasse rouler à grand bruit sur le prie-dieu en bois, tandis que deux gamins de 4 à 6 ans ne fassent tourner en bourrique leur grand père et leur grand mère qui ne parviennent pas à les maîtriser, c'est si drôle de crier en tapant les chaises, voyons... La grand mère se dévoue pour les séparer et en emmener un dehors, mais au même moment, un bébé se réveille et pousse des cris stridents à faire sortir du tombeau tous les damnés de la terre ! Sa maman se contente de le prendre dans ses bras, et l'intensité sonore diminue un peu, mais ne cesse pas pour autant.

Que faire, que dire ? Rien, les personnes gênées se taisent, n'osent pas protester et critiquer la mauvaise éducation donnée aux petits enfants (*), parce que ce n'est pas politiquement correct. Les anciens se disent que s'ils avaient eu l'idée de pousser un cri de sioux pendant un office religieux, ils n'en auraient pas poussé un second.... Tandis que d'autres arguent que l'église est vivante, que ça fait de l'animation au milieu de gens compassés, qu'il ne faut pas décourager les jeunes couples de venir à la messe, que les enfants sont l'avenir, etc...

Ce n'est pas qu'à l'église que l'on peut déplorer l'attitude de certains parents, dans les lieux publics, quels qu'ils soient aussi, mais il ne faut surtout pas contrarier les enfants, il faut les laisser s'exprimer, courir, sauter ! Ils dérangent les autres ? Eh bien, qu'ils s'en accommodent, on s'en fout des autres !

Une anecdote pour finir sur une note plus optimiste : toujours à l'église, pendant la messe, au moment de l'élévation, une petite fille, qui s'était tenue bien sagement et silencieusement à côté de sa grand mère, voit le curé soulever le calice, et s'écrie d'une voix forte qui résonne sous les voûtes : "Oh mamie, t'as vu le grand verre !". Je crois que même le Bon Dieu a rigolé !

(*) Les bébés, ce n'est pas pareil, c'est plus imprévisible, on peut juste se demander s'il est très judicieux de les emmener partout...

26 juil. 2019

Leves-vous, orages bien aimés

Quatre jours avec des températures dépassant par endroit les 40° le jour, à l'ombre, invivable, suivis d'un énorme orage, attendu, désiré, mais... Rafales de vent cassant les branches, jonchant les routes de feuilles, trombes d'eau qui dévalent les chemins, tornades locales emportant toitures et clôtures, arbres en travers des routes, et... Plus d'électricité évidemment.

On se dit, il est 19h, ça va revenir dans la soirée... Non, nuit dans l'ombre, et au matin, toujours pas de courant. On téléphone à EDF qui explique que la haute tension a été touchée, les fils se balançant dans le grand vent on fini par rompre leurs attaches, et que ça devrait quand même revenir vers 15h. Il explique aussi, avec beaucoup de patience et de gentillesse, faut le souligner, que de nombreuses communes alentour sont impactées, et qu'il y a 20.000 foyers privés de courant.

15h30, second coup de fil, un autre employé, toujours aussi aimable, dit qu'il a bon espoir pour 18h, mais que les problèmes sont nombreux et complexes.

18h30, troisième coup de fil, là, on nous dit que tout devrait être rentré dans l'ordre pour 19h30 et au plus tard 20h30, mais que si les travaux n'étaient pas achevés, ENEDIS (oui, je dis toujours EDF, par habitude), ne laisserait pas ses clients une nuit supplémentaire sans lumière, et qu'ils mettraient des groupes électrogènes en action.

19h50, le miracle se produit, une lampe s'allume, le téléphone sans fil émet un bip sympathique, et, on recommence à vivre plus confortablement !

Parce que, sans courant électrique, de nos jours, on est totalement paralysé : pas possible de cuire ou de réchauffer quoi que ce soit pour peu qu'on n'ait pas le gaz, pas d'éclairage, pas de cafetière, pas d'eau chaude pour se laver, congélateurs dont il faut vider et perdre le contenu, pas de téléphone, sauf si on a conservé un vieux récepteur d'antan, les téléphones sans fil ayant besoin de courant pour fonctionner, pas de portable pour peu qu'il soit déchargé, pas d'internet évidemment... Et des risques de manque d'eau, parce que les pompes qui alimentent les châteaux d'eau ne fonctionnent plus.

Ces longues coupures ne sont pas, heureusement, très fréquentes, mais elles touchent en priorité les habitats ruraux, les villes étant épargnées, j'ignore pourquoi. Mais une fois de plus, ce sont les campagnards qui trinquent, à croire que le calme et les petits oiseaux sont un privilège qui se paye cher.

Au soir de ce 26 juillet de sinistre mémoire, on pense à ceux qui n'ont plus de toit, ceux qui ont un arbre en travers de leur maison, ceux qui ont perdu leur récolte sous la grêle, et on se dit, à la lumière d'une ampoule électrique, devant son écran d'ordinateur, que s'il y a des gens favorisés par leur emplacement, il y a aussi bien pire que soi !

P.S. : un grand merci, aux employés d'ENEDIS, sur diverses plateformes (Lille et Paris en ce qui nous concerne), pour leur patience, leur disponibilité, et leur amabilité.

17 juil. 2019

14 juillet - 15 août

La période creuse par excellence, en dehors, évidemment, des zones touristiques, durant laquelle tout est différent. Déjà, il y a plus de places de stationnement disponibles, et moins de circulation, par contre, il faut faire plus de trajet pour trouver du pain !

Pas mal de commerces sont fermés, pas tous aux mêmes dates, ce qui fait qu'on ne sait plus qui est dispo ou pas ; il y a de nouvelles têtes à la messe du dimanche, et les servants d'autel sont rares ; on croise des papys au supermarché, tenant le petit fils par la main, sans doute que mamie les a envoyés faire les courses pour être un peu tranquille dans la cuisine ; il y a des cyclistes équipés mieux qu'Alaphilippe qui profitent de la fraîcheur matinale pour entretenir leur forme physique ; on discute sur les trottoirs des vacances passées ou à venir, des projets, des enfants et des petits enfants, on prend son temps..

De toutes façons, le médecin est en vacances, les services administratifs tournent au ralenti, toute démarche est remise, tout rendez-vous est reporté.. à la rentrée, alors, il est inutile de se bousculer, tant vaut profiter de cet intermède de calme et de sérénité, où le plus gros du boulot consiste à allumer la télé pour regarder passer le Tour de France en contemplant les splendides paysages traversés.

Après le 15 août, tout change, les écoliers et leurs parents voient arriver la rentrée à grands pas, les entreprises reprennent leur pleine carburation, les rendez-vous s'empilent sur les agendas, les jours raccourcissent, et les retraités, déchargés des petits enfants, et fuyant le tourisme de masse, se préparent à aller voir la mer, la montagne, ou le bout du monde !

16 juil. 2019

Jeter un livre ?

JAMAIS ! Même le plus éculé des livres de poche bien froissé, non, je ne peux pas, je ne peux pas le mettre à la poubelle, c'est comme du pain, c'est vital un livre, ça se respecte. Et pourtant, quand la maison est remplie, que faire ? Donner les plus récents à la bibliothèque locale, si elle les veut, mais les autres, les vieux, les pas beaux ? Faire une foire à tout ?? Je n'ai pas encore trouvé la solution...

Pourtant, il y a des livres qui ne méritent pas tant d'égards, des torchons, achetés par hasard et qui n'ont strictement aucune valeur littéraire ou documentaire. J'ai un titre en tête, que je ne donnerai pas, inutile de faire de la publicité à un auteur qui n'aurait jamais du écrire ce livre : un ramassis d'inepties qui se veulent drôles, un humour poussif au raz des pâquerettes, des jeux de mots pires que ceux de l'Almanach Vermot, vraiment rien, rien, rien à en tirer. Celui-là, même s'il est tout neuf, de l'année en plus, ira directement à la poubelle parce qu'il est une offense à ses semblables ! Ça pourrait plaire à d'autres ? Peut-être, mais ce serait une forme de mépris de le penser !!

On se demande comment on peut publier des absurdités pareilles, mais parce qu'il y a des gens qui les achètent, n'est-ce pas ?? La preuve....

Si celui-là a rejoint rapidos le recyclage, il y en a d'autres que l'on retrouve, à la faveur d'une recherche ou d'un rangement, que l'on ressort avec l'impression de retrouver un vieil ami, et dans lequel on se replonge avec ravissement. Et que dire du passage dans une librairie, même la modeste boutique du village voisin : on regarde, on suppute, on lit le résumé, on repose parce que ce n'est pas raisonnable, ce n'est pas donné un livre, on tombe sur un autre, on craque... Je ne vous cause pas de ces lieux de perdition comme la Procure ou la FNAC, là, c'est la tentation permanente devant toutes les étagères, et il est plus fort que moi celui qui ne craque pas.

En fait, j'utilise très peu les livres électroniques, seulement en déplacement, parce que je crois que j'aime par dessus tout toucher le papier et le carton d'un livre, ouvrir lentement la première page, chercher un signet pour l'insérer au fur et à mesure de la progression de la lecture, s'enfoncer dans mon fauteuil et... Partir ailleurs. Par contre, les e-books sont indispensables pour reprendre les vieux classiques qui ont été perdus ou oubliés, Maupassant, Maurice Leblanc, Gaston Leroux ou encore les Contes de La Fontaine et Alphonse Daudet.

"Je n'ai jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture n'ait dissipé " - Montesquieu

Tiens, et si je relisais les Lettres Persanes ?

15 juil. 2019

Faut c'qui faut !


Les grands palaces parisiens rivalisent d'imagination pour attirer leur richissime clientèle. Dépassés les tableaux de maîtres et meubles d'époque dans les chambres, les concierges attitrés, les limousines à disposition (avec chauffeur of course), place à la campagne..

On profite de toits plats ou en terrasse pour aménager, au niveau des suites de 300m2 au minimum, des jardins avec fleurs, arbres (oui, en pot), coin barbecue, tables et meubles d'extérieur, et même jardin potager pour pouvoir cueillir la tomate qui manquait, ou la feuille de menthe pour parfumer son thé. Il y en a même un qui a aménagé un poulailler où s'ébattent trois poules bien propres sur elles. Le tout évidemment avec une vue imprenable (et pour cause..) sur les monuments de Paris, loin du tumulte de la ville. Un des concepteurs précise qu'il a voulu que la clientèle étrangère découvre un peu la campagne française, en toute liberté (je cite).

Heureusement qu'il a précisé "un peu", parce qu'il n'y a pas de boue sur la terrasse, pas de coq qui chante au petit matin (voire en pleine nuit, ces volatiles confondant souvent le soleil avec l'éclairage public), pas d'odeur de fumier qui vous chatouille les narines, pas d'orties ou autres bestioles venimeuses. Les riches étrangers pourront, en rentrant au pays, raconter que la campagne française, ils connaissent eux ! On se marre...

Donc, voilà ce qui nous est proposé (enfin, quand je dis nous...) : voilà une suite de 430m2, avec 4 chambres, et 2 salons, agrémentée d'un jardin de 230m2, avec coin repas (enfin, un grand coin), des fleurs, une pergola, etc... Pour la modique somme de 32.000 euros pour la nuit.. C'est donné, non ? Surtout que, comble de la générosité, on vous offre un dîner servi... Dans le jardin ! J'ai autre chose à vous proposer : un appartement de 650m2 dont 295m2 de terrasses, avec immenses bacs remplis de végétation originale, dallage somptueux, meubles de luxe, et pas cher tout ça, 25.000 euros la nuit seulement !

Le directeur de l'un de ces établissements se targue d'avoir une démarche tout à fait écologique en végétalisant ainsi les toits, et même d'avoir créé un emploi de jardinier pour s'occuper de tout ça.

Question : combien de temps le jardinier doit-il travailler pour s'offrir une nuit dans cet hôtel ?

7 juil. 2019

Fait chaud même là-bas !

32° à Anchorage en Alaska ! Un scoop que presse et réseau sociaux s'échangent avec ardeur ! Un scoop vraiment ? Oui, parce qu'Anchorage est au bord de la mer, et que les températures y sont beaucoup moins contrastées que dans le reste de l'état. On n'avait pas vu ça depuis longtemps, paraît-il. C'est certainement vrai. Mais j'ai l'expérience personnelle d'avoir eu 32° aussi à Fairbanks un mois de juillet, la première fois que je suis allée en Alaska, ainsi qu'à Glenallen au sud-est de Fairbanks, alors qu'à la même date, il ne faisait que 17° à Paris (*). Fairbanks est beaucoup plus continental à 400kms de la mer (et d'Anchorage), quasiment au milieu de l'état, donc, il y fait nettement plus froid en hiver, et forcément plus chaud en été !

Mais il y a eu pire ! 37,2°C (99 Farenheit) le 28 juillet 1919 à Fairbanks, et plus récemment, le 5 août 1994, 34°C. Sans doute qu'aux mêmes dates, il y avait environ 5° de moins à Anchorage ou à Valdez, aidés par la mer, comme l'est, plus près de chez nous, Cherbourg, où il ne fait jamais froid ni jamais chaud.

Réchauffement climatique, évidemment, même s'il faut raison garder : en effet, des signes bien plus inquiétants sont observés dans ce pays, par exemple, la fonte du permafrost qui entraîne des problèmes difficiles aux populations locales, c'est bien plus grave qu'une température élevée, mais pas si rare que ça en fait, dans la plus grande ville de l'état de l'Alaska.

Faudra voir, avec le temps si les températures locales continuent à monter de plus en plus régulièrement, au détriment du permafrost justement, ou des glaciers (**), mais... En avons-nous le temps ?

(*) Ce qui m'a fait me demander, à moi qui n'aime pas la chaleur, pourquoi j'avais fait 10.000 kms pour avoir aussi chaud !
(**) Je suis allée deux fois en Alaska, en 2002 et en 2009, à la même période de l'année, et j'ai vu la différence du glacier Portage, non loin d'Anchorage, qui, en sept ans, avait beaucoup perdu de glace flottante et de surface. Il paraît qu'il recule depuis un siècle, mais, même s'il avance régulièrement, la fonte des glace est plus rapide que son avancée.


En moyenne, sur Mars, -53°, mais en été, il peut faire 27° à l'équateur.... On ne sait vraiment plus où aller pour trouver de la fraîcheur ! 








29 juin 2019

Fait chaud ??

Nenana (Alaska), en hiver, parce qu'en ce moment, il y fait 32°...

Le réchauffement climatique entraîne des périodes de canicule de plus en plus fréquentes et de plus en plus longues. Pour lutter contre la chaleur accablante, on utilise des ventilateurs ou des systèmes de climatisation qui aggravent les effets du réchauffement climatique, et c'est... Le serpent qui se mord la queue !

Comment tenter de rompre ce cercle vicieux ? Déjà, on remarque une chose. Un exemble : une voiture sur un parking en ville en plein soleil, un matin, avant le pic de chaleur, le thermomètre indique 32°. On quitte le parking pour arriver sous les arbres de l'avenue, 30°. On sort de la ville, on arrive entre arbres et champs, on descend à 27°, puis 26°. On en conclue que la bitume et le béton aggravent la chaleur, et la végétation l'améliorent. C'est pas nouveau, on a toujours su que c'était ainsi, le béton réfléchit la chaleur, la stocke la journée et la restitue la nuit, alors que les végétaux la régulent.

Donc, contrairement à ce que disait Alphonse Allais(*), il ne faut pas mettre les villes à la campagne, mais mettre la campagne à la ville ! En pratique : planter des arbres le long des avenues, dans les cours d'école et les jardins publics ; installer des murs et des toits végétalisés, des plates-bandes de plantes partout où c'est possible (**), de l'herbe et des fleurs mais... Tout ça coûte cher, en plantations et surtout en entretien, faudra prévoir des jardiniers supplémentaires ! Et de l'eau, parce que les massifs, quand il fait chaud, faut les arroser. Et puis, faudra sans doute supprimer des places de parking parce que si on met de l'herbe et des arbres à la place du bitume, les voitures, une fois de plus, ne sauront plus où se poser (en sous-sol ?).

Quant aux bâtiments, les anciens étaient, eux, construits avec des murs épais, et on tenait compte de l'orientation de la maison selon l'ensoleillement, comme, par exemple, l'infirmerie dans les Carmels réformés par sainte Thérèse d'Avila, qui étaient tous orientés au nord, pour un meilleur confort des religieuses malades (et dans le sud de l'Espagne, il fait plutôt chaud tous les étés) (***). Mais, pour d'évidentes raisons de coût, et de besoin de logements, on a utilisé des matériaux bien moins protecteurs par la suite. Et maintenant, on incite les gens à isoler, on les y aide financièrement... Y penser avant ? Mais on ne peut pas refaire l'histoire non plus..

A court terme, les pouvoirs publics, qui n'ont pas oublié la canicule de 2003 et l'impéritie de leurs prédécesseurs, multiplient les conseils et les mises en garde qu'on dirait presque que les gens ont perdu tout bon sens et que c'est la première fois qu'il fait un peu chaud en France : hydratez-vous, fermez les volets en journée, ne faites pas d'efforts intempestifs sous le soleil, surveillez les bébés et les personnes fragiles, etc. Jusqu'aux mairies des villages qui climatisent la salle des fêtes et y accueillent les administrés, avec des bouteilles d'eau sans doute aussi... Sans parler des différents médias qui nous échauffent les oreilles avec leurs précautions rabâchées à longueur de journée, ce qui est un comble, n'est-il pas ?


(*) Paraît que c'est même pas lui qui a dit ça.
(**) Par contre, il faut éviter de faire comme au Musée des Arts Premiers, quai Branly à Paris, où, devant le musée on a planté une telle jungle en broussailles qu'on a du mal à repérer où se trouve l'entrée !
(***) Sauf que, pour rester fidèle à la fondatrice, tous les carmels ont eu, après, leur infirmerie orientée au nord, oui, même dans le nord !!!

23 juin 2019

Une porte mystérieuse

C'était un beau matin, en semaine, où je m'étais assise dans l'église du village que je fréquente habituellement, pour souffler entre deux courses, méditer, ou prier. Il n'y avait personne. Un monsieur entre, il portait de gros gants de caoutchouc, genre chantier,  se dirige d'un bon pas le long de la travée de gauche, en direction de la petite porte de la sacristie, j'entends un bruit de clé dans une serrure, et.... Il disparaît !

Je me redresse. La petite porte de la sacristie était fermée, et je ne l'avais pas entendue se fermer... Ben qu'est-ce que ça veut dire ? On ne joue pas à Harry Potter ici, on ne passe pas à travers les murs ! Où a-t-il bien pu passer ? Où allait-il ?

Je me lève et remonte la travée à mon tour, pas de monsieur... Et c'est là que j'avise, planquée derrière un pilier, entre sainte Anne et une Pièta, une porte étroite entrouverte que je n'avais jamais remarquée, depuis pourtant des décennies que je fréquente ce bâtiment.

J'avoue ne pas avoir osé pousser un peu le battant, j'ai juste vu qu'il y avait de la lumière, donc, le monsieur est passé par là, mais pour aller où ?

Renseignements pris, cette porte donne accès à un escalier qui monte au clocher, escalier paraît-il bancal, surtout vers la fin(*), qui débouche sur une plate-forme constellée de déjections de pigeons. Et le monsieur est un ouvrier communal qui vient régulièrement pour ôter les cadavres des dits pigeons (d'où le port de gants de caoutchouc).

Voilà le mystère éclairci ! Mais tout de même, venir là régulièrement depuis bien longtemps, et n'avoir jamais remarqué l'existence de cette porte, alors que cette église n'a pas la taille de Saint Sulpice quand même !

vous voyez une porte ??

Oui... Une fois passé, en se retournant, on la voit !




(*) Je ne risque pas de demander au curé ou à la mairie d'y aller....

22 juin 2019

On ne gaspille pas !

Si ma génération n'a pas connu la guerre, nos parents l'ont vécue, et nos grands parents en ont vécu deux ! Alors on a été élevé dans le grand principe que la nourriture c'est sacré, on ne doit pas la gaspiller.

* Mange, les petits chinois n'ont rien à manger, eux (*)
* Finis ton assiette, tu n'as qu'à ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre
* Tu n'as plus faim ? Tu ne veux plus de tes légumes ? Alors, va jouer, quand on n'a plus faim pour les légumes, on n'a pas faim pour le dessert.
* On ne jette pas de pain !

Et tout ça est tellement ancré dans l'inconscient que l'on continue à ne décongeler que le pain qui sera consommé, et à utiliser tous les restes pour de nouvelles préparations, ne jetant que le fruit pourri ou les fanes de radis (**).

Sans doute que les enfants actuels, dont les parents n'ont pas connu de privations, et dont les grands parents ont vécu les Trente Glorieuses, seraient horrifiés de ces réflexions, et protesteraient à grand cris qu'ils sont brimés et vont en référer à SOS enfants battus, mais pourtant c'était ainsi, et on n'en est pas mort.

Il paraît qu'on y revient, et à grande échelle en plus, en cherchant à utiliser les invendus des grandes surfaces, et les plats non consommés des cantines scolaires ou d'entreprise, parce que voir détruire des denrées alimentaires encore mangeables plutôt que de les donner aux associations caritatives, parce que ce n'est pas rentable, est vraiment choquant. Parce que les bénévoles n'ont pas toujours les moyens d'aller les récupérer facilement ? Parce que si une denrée est douteuse et qu'un consommateur est malade, c'est la grande surface qui est en faute ? Parce que ce qui est donné est ce qui sera acheté en moins le lendemain et que ça fait perdre trop d'argent ? Un peu tout ça sans doute ; sans doute aussi une législation trop tatillonne et trop complexe (***).

Dans certains coins, en Belgique entre autres, des petits commerçants, ou petits producteurs de fruits légumes, mettent à la disposition des plus pauvres (en fait de tout le monde, même si c'est au départ proposé aux plus démunis) leurs invendus, pain, viennoiseries, fruit très mûrs, etc.. Mais je suppose qu'en France ce serait interdit parce que ça attirerait les rats et les chiens errants, parce que ce ne serait pas "aux normes sanitaires" et qu'on devrait verbaliser... Qui ?

Une conclusion ? Obésité et gaspillage chez les uns, malnutrition et carences chez les autres, tout ça est bien mal réparti et bien mal parti !


(*) à l'époque...
(**) et encore, certains devaient en faire de la soupe, ou le donner aux lapins quand ils en élevaient.
(***) en France, on est les rois du "pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?"

14 juin 2019

Haro sur le plastique

Il paraît qu'on est envahi de bouteilles et autre sacs plastique, qu'il y a de véritables îles qui dérivent sur les océans, des tortues étouffées, des poissons morts, et qu'il faut vraiment faire quelque chose si on ne veut pas être définitivement submergé par nos déchets.

Quand on voit la poubelle dédiée aux papiers/plastiques se remplir à toute allure, on comprend vite pourquoi on est envahi. Que faire ?

Les bouteilles d'eau sont en plastique, les récipients alimentaires, que ce soit en grande surface ou chez le boucher du coin, le sont aussi. Par contre, les sachets plastique ont disparu, et ça s'est fait sans bruit, tout le monde revenant aux cabas d'antan sans se plaindre. Chacun a son petit sac pliant ou son tote bag(*), souvent offert par le commerçant qui se fait de la pub et arrange le client. Ça évite les horreurs comme celles que j'ai pu observer autour d'une décharge mal maîtrisée au sud de Ouarzazate au Maroc, où, sur des kilomètres, il y avait des sacs plastiques accrochés aux buissons, flottant au vent...

Alors, que pourrait-on faire pour les bouteilles ? Remettre en vigueur les consignes ? Il paraît que c'est fait en Allemagne, alors pourquoi pas chez nous ? On a connu (enfin, moi j'ai connu) ça autrefois, et ça semblait normal, on rapportait la bouteille vide, on en prenait une autre. Compliqué à mettre en place ? Les grandes surfaces savent bien installer des stands pour leurs promotions, ils pourraient le faire, avec un système de tickets ou de jetons, mais sans doute n'est-ce pas leur intérêt financier.. Pour le petit commerce, c'est certainement moins évident, mais avant l'ère des supermarchés, l'épicier du coin y arrivait, alors ??

Quant aux emballages plastique, pourrait-on les remplacer par du carton ? D'accord, le carton, c'est du papier, le papier, c'est un arbre, et quid de l'étanchéité ? Il y a certainement des chercheurs qui pourraient se pencher sur la question, s'il y avait une réelle volonté de le faire.

Mais, en admettant qu'en Europe on diminue drastiquement les plastiques dans la vie quotidienne, il faudrait que les autres pays en fassent autant, et ça, c'est pas gagné, et que, pour ce qui reste, on puisse mieux le recycler que ce qui se fait actuellement, et c'est pas gagné non plus !!

Disons qu'on laisse de sacrés chantiers à ceux qui nous suivent.....



(*) Il  n'y a pas longtemps que je connais ce mot, alors, je le place ! A ne pas confondre avec l'IT bag qui n'a rien à voir, mais qui peut par contre être vintage, le vocabulaire de la mode est devenu fort riche n'est-il pas ?

9 juin 2019

Talent et enthousiasme

Quatre jeunes musiciens, deux violons, un alto et un violoncelle, sont venus offrir une série de concerts durant le week-end de Pentecôte. Tous ont eu des prix prestigieux, et des maîtres de grande valeur, et ça se voit, ou plutôt ça s'entend !

Un régal de justesse tant dans le jeu que dans le rythme, une précision dans l'exécution et une virtuosité dans certains passages leur ont valu des salves d'applaudissements des spectateurs.

Ils devraient faire parler d'eux très vite, c'est en tous cas ce qu'on leur souhaite, parce qu'ils nous ont procuré un grand moment de joie musicale, tant ils savent transmettre leur enthousiasme et leur plaisir de jouer ensemble.

Il s'agit de Grégoire Girard, Mickaël Riedler, Vuokko Lahtinen, et Irène Jolys, qui ont interprété des œuvres d'Erno von Dohnanyi et de Borodine, dans l'église de Croisy-sur-Eure. Merci à eux !



8 juin 2019

Les millenials


C'est quoi ça ? Ben quoi, la génération Y évidemment ! Les Digitals Natives si vous préférez. Enfin, les personnes qui ont actuellement entre 25 et 35 ans, nées avec Internet.

D'après 01.Net, cette génération Y serait tout à la fois interconnectée, individualiste, impatiente et inventive, mais aussi adeptes de l'économie de partage, appelés à changer d'emploi très souvent, aimant les open spaces et autres espaces de coworking.

Ils sont donc le fer de lance des mutations à venir, et doivent éclairer les seniors à mieux comprendre et à s'adapter à la révolution numérique qui est inéluctable.

Mais est-ce bien vrai tout ça ?

Pas tout à fait... Il s'agirait plutôt d'un mythe, déjà parce que tous ces millennials ne sont pas tous logés à la même enseigne. Si certains prônent l'économie de partage, c'est que la précarité de leur emploi ne leur permet d'acquérir des biens, ni d'ailleurs de garder un emploi stable.... Quant au fait d'être né de la cuisse d'Internet, si ça leur permet de manipuler aisément SnapChat et similaire, dès qu'il s'agit de remplir un formulaire administratif en ligne, ils sont aussi impuissants que leurs aînés ! Sans oublier qu'ils n'ont jamais appris à "mettre les mains dans le cambouis" en bidouillant leur ordinateur et ses logiciels, comme l'ont fait leurs parents aux prises avec le DOS, ou Emacs !

En fait, l'enquête conclue que nous sommes tous les millenials, que ce n'est pas une question d'âge, de génération, qu'entre les jeunes et les moins jeunes, les mœurs n'ont jamais été aussi homogènes, tous voulant gérer leur vie comme ils l'entendent, s'habiller comme ils le souhaitent, travailler régulièrement sans flexibilité imposée. Mais ce dont ont joui les seniors, les baby-boomers, sans oublier les soixante-huitards (attardés, évidemment) : par exemple, quasiment pas de chômage, on partait d'un poste le matin, pour en intégrer un meilleur l'après-midi, ils en sont privés ; quant à la révolution numérique, ils n'ont pas eu la chance de connaître et d'utiliser Windows 3.1 sur un écran monochrome, ce qui est un manque culturel irréparable !

Merci à la toujours excellente revue 01.Net qui m'a inspiré ce billet.

Quant à l'image d'illustration, elle m'a fait penser à une blague, déjà ancienne, qui montrait un petit garçon en admiration devant le phono à manivelle de sa grand mère, et disait à son copain : "tu as vu ? Mémé elle a un tourne disque qui n'a pas besoin d'être branché ! C'est autrement mieux que le mien"

26 mai 2019

Élections et écologie

Plus de 30 listes... Fallait une grande table dans le bureau de vote pour tous ces tas de feuilles de papier au format 21x29.7, qu'il fallait plier en 8 pour les faire entrer dans l'enveloppe règlementaire prévue pour des petits bouts de papier !

S'il fallait vraiment faire des bulletins de vote si grands, fallait prévoir des enveloppes à une taille supérieure. J'imagine la joie de ceux qui dépouillent qui vont devoir déplier ces "serviettes de tables" et les empiler sur des tables qui, elles, seront trop petites..

Mais en plus, quel gâchis de papier ! Alors qu'on dématérialise à tout va, on continue à voter avec du papier, encore que la plupart du temps il est petit, mais là, pour les Européennes, c'était le comble. Comme il est évident qu'il faut en prendre au moins quatre ou cinq pour le secret du vote avant de passer par l'isoloir, et qu'on n'en retiendra qu'un, ce qui est normal, il y aura plusieurs chiffons de papier qui s'empileront dans la poubelle, tant pis pour les arbres et pour la planète !

Encore mieux... Paraît qu'il n'a pas été possible d'imprimer assez de bulletins pour tous les bureaux de vote, et que certaines listes n'étaient pas présentes sur les tables pour le choix. Possible, je n'ai pas compté combien de tas il y avait dans ma commune, et dans ce cas, les partis offrent de télécharger et d'imprimer soi-même son bulletin... Mais alors, quid de la conformité ? Parce que certains ont des imprimantes couleur, d'autre pas, certains ont un papier plus ou moins grammé, d'autres pourraient avoir l'idée d'imprimer sur du papier de couleurs, etc... Je plains une fois de plus ceux qui se sont coltiné le dépouillement pour décider si tel bulletin est conforme ou pas !

Et de toutes façons, à l'annonce des résultats, tout le monde sera content, même ceux qui ont fait un score minable affirmeront qu'il sont satisfaits parce qu'ils ont fait 0,01% de mieux que la dernière fois, et 0,02% de mieux que leurs adversaires...

Du coup, pour illustrer ce billet, j'ai pris l'image d'un bulletin des Verts, lequel, je l'espère en tous cas, leur sera resté en travers de la gorge vu le papier gaspillé.

22 mai 2019

L'exclusion numérique

27 % des 60 ans et plus n’utilisent jamais Internet, soit environ 4 millions de personnes – vs 12 % pour l’ensemble de la population française (Baromètre du numérique 2017). Une exclusion qui touche plus particulièrement les plus de 80 ans – soit plus d’1,7 million de personnes – et les personnes aux revenus inférieurs à 1 000 €.

Voilà ce qui résulte d'une étude effectuée par les Petits Frères des Pauvres, dont les actions sont tournées vers les personnes âgées isolées et fragiles.

Alors qu'en haut lieu on dématérialise à tout va, on laisse, dans cette marche forcée, toute une frange de population qui ne peut pas suivre, parce qu'il n'y a pas que les plus âgés qui sont écartés, mais aussi pas mal de plus jeunes. La moindre démarche administrative demande un accès internet, qu'il s'agisse des impôts, des banques, des caisses de Sécurité Sociale, et une imprimante aussi, si l'on veut conserver une trace papier puisque tous ces organismes préfèrent que ce soit l'usager qui paye papier et encre... Ben voyons, quelle hypocrisie quand ils prétendent le faire pour la planète !

Il n'y a pas que l'administration au sens large du terme qui impose l'usage d'internet, il y a aussi les communications familiales et amicales. Qui écrit encore avec un stylo sur un papier pour donner ou demander des nouvelles ? On envoie un mail, un sms, on utilise une application du style WhatApps, ou Messenger, on téléphone dans le meilleur des cas...

Donc, tout le monde doit avoir un ordinateur et un accès internet, jeunes, vieux, où que l'on se trouve ! Facile à dire, mais il y a tant de raisons qui font que les "anciens", surtout s'ils sont dans une situation financière précaire, sont alors de plus en plus exclus :
Déjà, il faut avoir l'ordinateur. Et même si les interfaces utilisateur se sont grandement améliorées(*) depuis quelques années, elles ne sont pas forcément évidentes à appréhender pour une personne qui n'a jamais touché à un PC de sa vie, et qui a l'esprit un peu ralenti par l'âge.. Puis il faudra le configurer, après avoir pris un abonnement chez un fournisseur d'accès et installé la box. Admettons qu'une âme charitable, ou un neveu compatissant (une nièce aussi, faut pas faire de sexisme), le fasse, il restera à régler la partie financière.

Parce que pour certains, 500 euros d'achat de matériel au départ et 50 euros par mois d'abonnement internet (sommes prises à la louche), c'est très difficile, la précarité se joue à quelques dizaines d'euros...

Si ces premiers problèmes sont résolus, et on en est loin, encore faut-il qu'il y ait une connexion possible. Si les hôpitaux s'y mettent, et proposent du wi-fi gratuit ou payant mais très peu cher(**), quid des maisons de retraite de gamme moyenne ? J'ai quelques doutes sur leur équipement, elles ont déjà tant de mal à avoir assez de moyens pour la vie matérielle et quotidienne de leurs résidents....

En fait, tout va beaucoup trop vite pour que les aînés puissent aisément s'intégrer dans la société, et leur isolement s'aggrave au fur et à mesure que le numérique prend de l'ampleur dans la vie quotidienne. Et c'est bien dommage, avoir accès à internet leur permettrait certainement de maintenir leur curiosité en éveil, de discuter avec d'autres, de se cultiver, de jouer aussi....

Pour conclure sur un sourire :
Une mamie qui s'est difficilement mise à l'informatique et à internet est toute contente de recevoir un mail de son petit fils qui lui dit :
" C'est rudement bien mamie, maintenant, je vais pouvoir prendre de tes nouvelles sans avoir à courir après l'autobus pour venir te voir, et pour mon argent de poche, pas de problème, tu peux depuis le site de ta banque me faire un virement sur le compte xxxxxx"
Et elle lui répond :
" Tu sais que j'ai aussi acheté un scanner, alors je vais faire mieux, toutes les semaines, je vais scanner un billet de 50 euros et te l'envoyer en pièce jointe par mail".......

Moralité : il faut se méfier des mémés branchées !!



(*) Où est le temps du c:\ en vert sur un écran noir ? Ou encore plus ésotérique rpm -ivh nom_paquet.rpm sur RedHat Linux !
(**) C'est le cas des deux établissements fréquentés récemment, mais est-ce le cas de beaucoup ? Je l'ignore

18 mai 2019

Qu'est-ce que c'est ?

Deux photos prises en bordure d'un chemin rural, sur des branches d'églantier.



Après recherches chez monsieur Google qui propose d'identifier une image (mais qui, pour l'une des deux, m'a répondu que c'était de l'herbe !), il s'agirait de chenilles Eriogaster. Donc, ça va faire des papillons, mais lesquels ? Et là, mon seuil d'incompétence en entomologie m'a bloqué !! Bombyx laineux, qui est un papillon de nuit, l'ériogaster lanestris, son cousin ??? Ou tout autre bestiole ?

Alors, qu'est-ce que c'est ?

10 mai 2019

La vieillesse est un long naufrage ?

Je crois que c'est le général de Gaulle qui a dit ça autrefois, et il avait rudement raison. Quand on vieillit, plein de choses se dégradent, plus ou moins gravement, certes, mais même les petits dysfonctionnements empoisonnent la vie quotidienne.

Si on a encore sa tête, on ne réalise pas toujours que la carcasse s'use et ne suit pas. Les médecins en rajoutent :

* Déjà, arrêtez de fumer, c'est vraiment nuisible à votre santé ;
* Et puis quoi ?? Deux croissants le dimanche matin, alors que vous avez trop de sucre, un seul et une seule fois par semaine ;
* De la charcuterie, alors que c'est plein de sel et de gras, faut abandonner, ou au pire limiter grandement ;
* Faites donc de l'exercice, de la marche à pieds rapide par exemple... (*);
* Et si vous suivez bien tous mes préceptes, vous irez au delà de 90 ans

Ah oui ? Et quel intérêt si on ne peut plus faire ce qu'on veut, s'il faut se priver des plaisirs que sont les viennoiseries, le saucisson, et la cigarette avec le café (sucré) ?

Si c'est pour aller de son fauteuil à sa télé (**), en rêvant des voyages que l'on ne peut plus faire pour cause de pattes arrière peu solides, et en fantasmant sur une religieuse au café interdite, vraiment, pas passionnant comme perspective !!

Alors, une solution ? Ça dépend de l'individu. Si le but de la vie est de voir grandir ses petits enfants, alors, faut faire des efforts pour se maintenir à peu près en forme, déjà pour ne pas leur être une charge. Par contre, si l'on n'a plus personne, à quoi bon ? Vaut mieux en profiter, non ? En faisant ce dont on a envie, des voyages luxueux dans les meilleures conditions de confort par exemple, avec table gastronomique et excursions en voiture avec chauffeur ! On n'ira pas au-delà de 90 ans ? La belle affaire, moins longtemps on sera à la maison de retraite(***) ou à l'hôpital, mieux ça vaudra, vous ne croyez pas ?

(*) Facile à dire quand on a une coxarthrose qui rend pénible tout parcours supérieur à cent mètres !
(**) En ce qui me concerne, ce serait plutôt à son ordinateur..
(***) Au prix que c'est, on peut faire le tour du monde en avion privé !


6 mai 2019

En vrac

Les réseaux sociaux regorgent de tas de trucs, en vrac : des fake news bien sûr, des petits chats et petits chiens malheureux, des bébés, des histoires moralisatrices, sans oublier les recettes de cuisine et les trucs de bricolage, mais aussi de quelques petites choses intéressantes ou amusantes. En voilà quelques exemplaires, glanées entre deux jeux :

Pourquoi dit-on « rouge-gorge » et non « orange gorge » qui serait plus adapté à la véritable couleur de sa gorge ?

D’après certaines sources cela viendrait du fait que son nom lui a été donné au moyen âge alors que la couleur ORANGE n’avait pas encore été « inventée » en Europe. Elle arrivera un peu plus tard au XVe siècle avec l’importation du fruit , l'orange douce, qui fut rapporté de Ceylan et de Chine par les premiers grand voyageurs Portugais .

Une belle légende, moins scientifique, sur la naissance rouge-gorge.

"Un petit oiseau cherchait un arbre pour s'abriter du froid de l'hiver.
Tous les arbres lui refusèrent l'hospitalité sauf le houx. Le petit oiseau se blessa avec ses feuilles piquantes, colorant ainsi son poitrail en rouge. C'est ainsi qu'il devint Rouge gorge.
Depuis lors, comme par punition tous les arbres perdent leurs feuilles en hiver sauf le houx qui avait accepté de donner un abri au Rouge gorge.
En souvenir de cette histoire, le houx portent toujours des baies rouges."


D'où vient la tradition du muguet du Premier Mai ?

C'est à Charles IX (1550-1574) que nous devons la tradition consistant à offrir un brin de muguet chaque 1er Mai. Le Roi décida d'en offrir à chaque dame de la cour à partir de 1561 après en avoir reçu du chevalier Louis de Girard de Maisonforte.



Et 3 petites blagues gentilles :

Une dame se regarde dans le miroir et soupire : "Je suis vieille, grosse, horrible, je n'ai vraiment rien de bien !"
Son mari lit son journal dans son fauteuil.
Elle l'interpelle : "Tu vois, je n'ai vraiment rien de bien..."
"Oh si, lui répond-il, tu as une vue parfaite"



Ça se passe dans la jungle. Une exploratrice sort de sa tente et se trouve face à face avec un lion.
"Oh mon Dieu, dit-elle, faites que ce lion ait une pensée chrétienne"
Le lion ferme les yeux, met sa patte sur sa gueule, et dit : "Mon Dieu, bénissez ce repas !".



Un fait divers : on a trouvé un bébé dans un congélateur entre du fromage et des bouteilles de vin rouge. Les gens du monde entier soupirent horrifiés : "Oh, le pauvre bébé...". Seuls les Français protestent : "Quoi, mettre du vin rouge au congélateur, sacrilège !"