28 avr. 2014

Rome ville ouverte... Mais bondée !


Rome, c'est un immense musée, où vivent des romains ! Ce qui fait qu'entre les touristes qui vont de leur hôtel aux grands sites historiques, les pèlerins qui affluent dans les 400 églises, et les habitants (trois millions environ), ça fait du monde au mètre carré. Si on rajoute à ça l'absence de transports en communs pratiques, les embouteillages permanents, et les ruelles étroites, les déplacements sont toujours compliqués. Il y faut beaucoup marcher, souvent en côte en plus (les collines de Rome sont célèbres), et tout le monde converge aux mêmes endroits en même temps !

Déjà en temps normal, il y a du monde partout, mais quand il y a une manifestation importante comme dimanche 27 avril, avec la canonisation de deux anciens papes, on imagine l'aspect que devait avoir la place saint Pierre et l'avenue de la Conciliation ! Une simple audience papale, un mercredi ordinaire, rassemble déjà de 2 à 300.000 personnes entassées entre la colonnade du Bernin et l'avenue, alors un jour comme celui-là.... Ils étaient entre 800.000 et un million paraît-il ! Les pèlerins arrivant à l'aube, après avoir dormi dans la rue pour arriver les premiers sur les lieux, la bousculade pour entrer et se placer le mieux possible, les groupes enthousiastes et bruyants, toutes les langues de la Terre parlées, mais aussi une intense ferveur, et une belle image de l'église universelle !

Et puis, une fois la cérémonie terminée, tout ce monde a du lentement s'évacuer dans les rues et les places, prenant d'assaut les restaurants voisins et cherchant désespérément les toilettes tandis que, je suppose parce qu'ils ne m'avaient pas invitée, les "huiles" quittaient le Vatican en hélicoptère !

Donc, ce n'était pas le moment d'aller visiter Rome ! Déjà il aurait fallu trouver une chambre d'hôtel, parce que dormir sur les pavés d'une église ouverte ou dans un jardin public, faut être jeune, même si le climat local n'est pas particulièrement difficile ! De toutes façons, il faut de bonnes jambes, les métros sont rares (deux lignes seulement, et impossible d'en créer d'autres, il y a trop de vestiges dans le sous-sol de cette ville), les autobus bondés et c'est une grande ville plutôt étalée. Mais il y a tant de choses à voir, de toutes les époques, tant d'églises remplies de chefs d'œuvre à visiter, tant de musées où l'on passerait ses journées... Sans oublier la pasta, le melone con proscuto, le vin blanc de Frascati et les gelati !!


Les photos d'illustration ont été prises durant une simple audience papale d'un mercredi d'avril en 2013.

26 avr. 2014

Un petit tour chez Pôle Emploi

Quand je parcours les offres d'emploi qui paraissent dans ma feuille de chou locale, j'en reste autant bouche bée que pantoise !

Sur 15 offres, allant de réceptionniste en hôtellerie, jusqu'à ouvrier des réseaux en passant par responsable technico-commercial, 12 demandent une expérience d'au moins trois ans dans le métier. Seules les infirmières et aide-soignantes peuvent être débutantes (sans doute un effet de la pénurie de personnel médical salarié ?).

Le pompon revient à un commerce de prêt-à-porter qui cherche quelqu'un en CDI (c'est déjà ça..), mais pour 20h, payé au SMIC horaire, et exige une expérience de.... 10 (j'ai bien dit dix) ans dans la profession ! Et quoi encore ? De là à ce que si une personne se présente on lui rétorque qu'elle est trop âgée pour le poste... Déjà payer quelqu'un d'experimenté au SMIC, c'est un peu douteux, mais demander autant d'années d'expérience alors que ce n'est quand même pas un métier qui exige un apprentissage aussi long.

On se demande comment font les jeunes qui sortent des études ou d'apprentissage pour réussir à trouver du travail dans ces conditions. S'il faut déjà avoir exercé pendant 2 à 5 années pour pouvoir trouver une place, comment fait-on pour trouver la première ? Puisque dans les offres de Pôle Emploi, 12 sur 15 demandent un minimum de 2 ans dans le métier ? Cherchez l'erreur....

Alors, à moins de souhaiter faire partie du personnel de santé salarié, infirmière, kinésithérapeute, aide-soignant où là, vous aurez même le choix du poste, dans tous les autres cas, vous risquez d'émarger au chômage pendant un certain temps, ce qui n'est évidemment pas le but recherché quand on démarre dans la vie professionnelle. Il n'y a pas mieux pour décourager les bonnes volontés et démotiver quelqu'un !

Quelques exemples de propositions de Pôle Emploi :

- Chef de rang dans l'hôtellerie : CDD de 6 mois payé 9,53 euros de l'heure, expérience 2 ans...
- Réceptionniste, toujours dans l'hôtellerie : CDD de 6 mois à 9,53 euros de l'heure, expérience 3 ans...
- Là, c'est déjà un peu mieux, vendeur en électroménager, CDI, 1450 euros/mois mais 2 ans d'expérience exigés...

Bon, eh bien tout ça, ça console de ne plus être en âge de chercher du travail ! Mais ça ne me console pas pour ceux qui nous suivent.....




25 avr. 2014

Tous ces vieux remèdes...

Une grande bouffée de nostalgie en lisant l'amusant bouquin intitulé : "La pharmacie des produits culte" (*) ! Tous ces vieux remèdes que tous les plus de cinquante ans ont pu connaître chez leurs parents, et chez eux ensuite ! Certains sont très anciens, comme l'Eau de Mélisse des Carmes-Boyer qui date de 1611, qui existe toujours, et dont j'ai toujours un petit flacon dans ma trousse de toilette (avec les sucres qui vont avec) parce que c'est souverain quand quelque chose ne passe pas bien ou qu'on a fait des abus alimentaires.

Ah l'Essence Algérienne quand on est fort enrhumé, il suffit de quelques gouttes sur un mouchoir, on le respire, et, tout va tout de suite mieux au niveau du nez. Quand on me l'avait conseillé (une vieille dame) j'avais cru à une plaisanterie, avec un nom pareil, faut dire.. et avais timidement demandé au pharmacien, prête à lui dire que c'était pour une personne âgée... vous savez... quand il m'a tendu la boîte où se trouve le petit flacon. Cette spécialité a été créée à la fin du XIXe siècle par un pharmacien du Pas-de-Calais (pas tout près de l'Algérie), et est toujours vendue plus d'un siècle plus tard.

La Jouvence de l'Abbé Soury, qui date de la fin du XVIIIe siècle, le sirop Euphon, beaucoup plus récent (1930 tout de même), le Pétrole Hahn, de 1885, les Dragées Fuca remises au goût du jour (si on peut dire) par Coluche en 1979 mais qui existaient depuis les années trente, et bien d'autres que l'on trouve toujours en pharmacie, que l'on utilise toujours et qui ont la même forme depuis leur création. Seule l'Aspirine Usine du Rhône, qui faisait elle-aussi partie de la réserve de tout ménage d'autrefois a plus ou moins changé d'apparence ou a été déclinée dans de nombreuses spécialités variées. Son homologue, la Kalmine, elle, a cessé d'être commercialisée en 1993.

Tous ces médicaments n'étaient pas bien chers, toute armoire à pharmacie familiale en contenait. Ils servaient à soulager fièvres, douleurs, indigestions, à l'instar de la tisane Boldoflorine ("la Boldoflorine, la Boldoflorine, la bonne tisane pour le foie" entendait-on au moment de la réclame à la radio dans les années cinquante et à la télé ensuite) ou des fameuses Pastilles Rennie (1920). C'est d'ailleurs toujours amusant de voir les vieilles affiches publicitaires et c'est là qu'on se dit que le monde a bien changé, et qu'on ne vanterait plus ces spécialités ainsi, même si on les consomme toujours.... Mais, ne font-elles pas partie du patrimoine ?

(*) Carole Hardoüin et Sabine Jaeannin - Editions France-Loisirs - mars 2014

23 avr. 2014

Chers américains !

Quand on veut aller passer quelques jours ou semaines de vacances aux États-Unis, ça a quelque chose du parcours du combattant. Je ne parle pas des réservations vols, hôtels, voiture, tout ça, c'est comme partout ailleurs, et ça ne présente pas de difficultés particulières. Mais pour poser le pied sur le territoire américain, là, c'est une autre histoire.

Il faut un passeport, ce qui est normal, et qui suffit à tout autre pays, mais pas chez eux. Il faut en plus remplir en ligne un formulaire nommé ESTA où il est demandé nom, prénom, numéro de passeport, dans lequel il faut donner des réponses à des questions étonnantes comme par exemple :

 - Souffrez-vous de maladies infectieuses (syphilis, tuberculose)  ou mentales ? Êtes-vous toxicomane ?

- Avez-vous autrefois été impliqué(e), ou êtes-vous maintenant impliqué(e), dans des activités d’espionnage ou de sabotage ; de terrorisme ; de génocide ; ou, entre 1933 et 1945, avez-vous participé, de quelque façon que ce soit, à des persécutions perpétrées au nom de l’Allemagne nazie ou de ses alliés ? (*)

- Avez-vous retenu, volontairement ou par la force, un enfant dont le droit de garde avait été confié à un ressortissant américain, ou avez-vous empêché ledit ressortissant d’exercer son droit de garde ?

- Demandez-vous l’admission aux Etats-Unis dans l’intention de vous livrer à des activités criminelles ou immorales ? (**)

On tire la langue pour ne pas se tromper en remplissant le formulaire, passeport d'une main, carte bancaire de l'autre (oui, ça coûte 14 euros par demande, y a pas de petit profit..). Et on finit par recevoir "demande acceptée, bon voyage". Mais c'est pas fini.. Cette autorisation est demandée à l'embarquement, dans l'avion, on vous remet le fameux formulaire I-94W qu'il faut remplir (***) sans se gourer d'un iota sous peine d'être refoulé par un agent de l'immigration souvent peu aimable, à la fin de la queue des passagers qui débarquent, avec ordre de refaire sa copie. Sur ce papier, il faudra répéter les mêmes choses, que l'on n'est pas toxicomane ni nazi, que l'on ne vient pas pour assassiner monsieur Obama, etc... Autrefois, il fallait aussi attester que l'on n'avait pas vécu dans un ranch depuis 18 mois, et qu'on n'était pas adhérent au Parti Communiste, mais ça, ils l'ont supprimé apparemment.

Parfois, le préposé à l'immigration demande si l'on vient pour des vacances ou pour travailler, et où on loge. Si le fonctionnaire a tous les papiers qu'il veut, il prend en plus les empreintes digitales et une photo. Quand enfin, il donne un violent coup de tampon sur un des feuillets du passeport, on peut dire ouf, le plus dur est fait. Le passage à la douane, lui, n'est qu'une formalité rapide.

Ayant eu l'occasion de voyager dans quelques pays étrangers hors de l'Europe, je n'ai jamais vu une administration aussi tatillonne, même pas en Russie (****) ! Mais parfois quand même, on tombe sur des fonctionnaires de bonne humeur, et même aimables, oui ils en ont quelques uns, qui vous disent en vous rendant votre passeport : have a good trip, au rivoirrr ! Avec un sourire en plus !

Par contre, une fois passé ce laborieux contrôle, on se retrouve totalement libres d'aller et de venir, de rouler en voiture, de prendre le métro, de se paumer dans l'Empire State Building et d'arriver dans un lieu non ouvert aux touristes sans se faire le moins du monde engueuler, de faire des photos dans les musées, de louper un embranchement et de faire une manœuvre sauvage sans recevoir des noms d'oiseau des autres usagers de la route, ce qui serait impensable en France, et surtout, surtout, de savourer les extraordinaires paysages et l'immensité de ce pays, la facilité de vie là-bas (pour des touristes en tous cas), et la fascination qu'il exerce au point qu'après une dizaine de voyages aux USA, j'ai toujours envie d'y retourner !



(*) Celui qui aurait eu l'âge à l'époque de perpétrer des persécutions au nom de l'Allemagne nazie, donc, qui aurait eu environ 20 ans en 1940, n'aurait plus guère l'âge de voyager....
(**) Ça me fait penser à mon tout premier voyage là-bas, en 1991, où un fonctionnaire nous avait demandé si nous transportions dans notre bagage à mains une grenade.... Certes, c'était pendant la Guerre du Golfe... Nous avions répondu non évidemment (une grenade, c'est bien trop lourd dans un sac à mains voyons...) et il nous avait répondu, all right, go ! Sans plus de vérifications... Mais c'était avant 2001 !
(***) Je ne sais plus si ESTA remplace I-94W ou s'il faut les deux, mon dernier voyage là-bas remontant à 2009, mais si c'est toujours le cas, il vaut mieux demander plusieurs formulaires à l'hôtesse, histoire de faire un brouillon, d'autant plus qu'elles vous refilent ça juste quand les manœuvres d'atterrissage débutent et que les oreilles commencent à se boucher, ce qui ne facilite pas la concentration.
(****) Qu'en est-il pour un étranger qui vient passer ses vacances en France ? Je n'en sais rien !



 

19 avr. 2014

Une aventure risquée

Y en a des qui prennent sans aucun souci le métro à Moscou ou à Buenos-Aires alors qu'ils ne parlent ni le russe ni l'espagnol, qui empruntent les lignes aériennes intérieures d'Afrique du Sud, ou le train dans l'ouest anglophone du Canada, mais quand il s'agit de prendre le RER pour se rendre de la gare d'Austerlitz dans une banlieue proche, là, c'est la panique !

Mais comment ça marche ce truc ? Ça n'existait pas de mon temps... Faut prendre les billets où ? Et quel est le bon quai pour attendre la rame ? Ah, il y a des écrans de télé qui annoncent les directions, lequel faut-il regarder ? Et c'est quoi ce truc, le résultat de l'union d'un train de banlieue et d'un métro ? Où voit-on les noms des gares ? Toutes interrogations métaphysiques qui plongent les imprudents voyageurs dans les affres de l'angoisse... Et pourtant, on s'était renseigné, sur Internet, pour savoir quel RER il fallait prendre, auprès des copains pour lesquels ce moyen de transport est une évidence, mais ça n'empêchait pas le pincement au cœur et l'inquiétude profonde en se demandant si on allait arriver à l'endroit souhaité et non pas aux confins de l'Antarctique !

Eh bien, on n'est pas mort ! On a pris le bon train après avoir trouvé le guichet de vente des billets, on est arrivé à la bonne gare, et on n'était pas peu fier ! Du coup, on a décidé de recommencer, de reprendre le RER C pour aller au sud de Paris, comme on faisait autrefois quand on prenait le train de banlieue, et même, suprême témérité, on se demande si on ne va pas essayer un jour de prendre le RER A ou B !! Là, ce serait une aventure rudement risquée, pleine de périls et d'angoisse, dont on se souviendrait, si jamais on n'en réchappe, comme d'un exploit impressionnant !

16 avr. 2014

De la vigne et du vin

Autrefois....

Aujourd'hui

Du vin, il s'en fait partout dans le monde, et depuis bien longtemps dans certaines régions, n'est-ce pas un des symboles du Christianisme ? On cultive la vigne dans une grande partie de l'Europe, au nord et au sud de l'Afrique, en Australie, en Amérique du nord et du sud, etc... Et si c'est en France qu'on fait le meilleur vin, particulièrement en Bourgogne (*), il y a de bons crus ailleurs aussi. J'ai ainsi pu me régaler d'un vin blanc très agréable élevé en Colombie-Britannique, d'un Malbeck plein de panache en Argentine, sans oublier les inoubliables vins de Paarl en Afrique du Sud.

Pour revenir en France, si actuellement la production de vin est cantonnée dans certaines régions bien connues, autrefois, jusqu'au XIXe siècle, il s'en cultivait partout, y compris en Normandie, qui est pourtant plutôt réputée pour son cidre que pour ses vignobles. Sur les coteaux de la Seine, aux Andelys, à Vernon, et ailleurs, la vigne poussait, c'était le cas aussi en Basse-Normandie, vers Avranches ou dans l'Orne. Ce n'étaient pas forcément de grands crus, la consommation devait être plus locale qu'internationale, mais ça produisait.... Seulement le phylloxéra a sévi, et le vignoble normand a vécu ! Il reste quand même un îlot de résistance aux environs de Saint-Pierre-sur-Dives, dans le Calvados (**) où un vigneron tenace a réussi, sur un terroir particulièrement bien adapté, à produire un vin de qualité, que l'on peut trouver sur place, mais aussi dans des boutiques de produits du terroir normand (***).

Je me souviens de mon grand père, vigneron dans le Languedoc, qui se refusait à admettre qu'on puisse faire du vin au Nord de la France (et pour lui, comme pour les joueurs de cartes de Pagnol, le Nord, ça commence à Lyon...), qu'aurait-il pensé si on lui avait appris qu'on faisait du vin au Canada (il est vrai que l'Ontario est à peine plus au nord que la Champagne) voire en Normandie ! "Mentèire" qu'il m'aurait dit !

Pasteur a dit : "le vin peut-être à bon droit considéré comme la plus saine, la plus hygiénique des boissons"

Le professeur Barnard a dit aussi : "Le vin rouge absorbé en petite quantité nous protège des problèmes cardio-vasculaires provoqués par le cholestérol et réduit le risque d'infarctus. La peau du raisin avec lequel il est fermenté contient un important pourcentage de substances qui empêchent le cholestérol de se déposer en plaques qui obstruent la circulation et provoquent infarctus et thromboses."

De façon générale, une consommation modérée de vin allonge l'espérance de vie d'une manière très significative, mais tout est dans le mot "modéré" ! Déguster quelques gorgées de Vosnes-Romanée est un plaisir rare (dans tous les sens du terme vu le prix que ça coûte..), boire un verre de Chablis avec un plateau de fruits de mer aussi (et déjà plus abordable), par contre, s'enfiler un litre de Gévéor avant de conduire sa voiture..... Là, pour sa santé et la survie des autres, ça ne le fait pas !

Avec tout ça, à la bonne vôtre !

Les deux illustrations représentent la mairie de Saint-Marcel (Eure), au début du XXe siècle, avec ses vignobles en échalas, et maintenant alors que les fleurs ont remplacé les ceps de vigne. 

(*) Avis totalement partial et tout à fait personnel :-)
(**) Un comble, faire du vin dans le Calvados.....
(***) Ou en commande sur leur site . Publicité gratuite, ils ne m'ont pas offert un carton de leur production :-(

15 avr. 2014

Opération SNCF Voisins à bord


Mais de quoi on se mêle ? Ne voilà-t-il pas que la SNCF veut instaurer la convivialité sur ses trains ! Aider une vieille dame à déplacer sa valise, dire bonjour et pardon au monsieur à côté duquel on s'assied en le bousculant involontairement, changer de place pour laisser deux amis ensemble, ça on le faisait déjà, c'est de la toute simple vie sociale que tout le monde pratique ou devrait pratiquer, c'est à l'école et à la maison que ça s'apprend, ou que ça devrait s'apprendre, mais qu'est-ce que c'est que ce "mieux vivre ensemble" que l'on veut rendre moralement obligatoire ?

Je vais devoir faire un sourire au démon en culottes courtes qui hurle, flanque ses jouets partout, et me donne des coups de pied dans les jambes chaque fois qu'il se déplace sous l'œil attendri de ses parents qui trouvent normal que leur chef d'œuvre puisse s'exprimer librement ? Je vais devoir faire la conversation à ma voisine qui tient à me faire part des moindres détails de ses déboires de santé ou des turpitudes de sa belle-fille que je vous le dis moi, Madame, que c'est une moins que rien qui ne méritait pas mon fils ? Que je me réjouisse à l'idée de partager les conversations téléphoniques interminables de mon voisin détaillant les turpitudes de son abruti de chef de service en compatissant avec un sourire de connivence qui se voudrait spontané ?

Et quoi encore ? Déjà qu'il faut subir les retards (si fréquents), l'inconfort (certes, on est mieux en première sur un TGV qu'en seconde dans un TER bondé), les odeurs (faut pas fumer, c'est interdit, mais si vous ne vous lavez pas, là, c'est normal et tout à fait toléré), les conversations à (très) haute voix entre deux mamies sourdes, les boum boum wah wah boum boum du baladeur de l'ado dont les écouteurs ne sont pas étanches, des pleurs du bébé énervé, en plus il faudrait faire des sourires, adresser des paroles aimables à tous ces gens qui se comportent dans un lieu public comme en terrain conquis ? Et quoi encore ?

Dans le train j'aime à écouter de la musique (oui, mes écouteurs sont étanches, et le concerto pour clarinette de Mozart fait moins de bruit qu'un rap endiablé), regarder un documentaire, lire tranquillement, somnoler, découvrir le paysage, mais pas forcément engager la conversation avec mon voisin et échanger des banalités sans le moindre intérêt parce que le dit voisin a oublié d'acheter un magazine avant de partir et qu'il s'ennuie.

Déjà, si tout le monde savait dire bonjour, merci, pardon, et avait assez de savoir-vivre pour tenir la porte à celui qui est encombré de bagages, ou pour ne pas importuner son prochain par son égoïsme et son impolitesse, on aurait fait un grand pas, et on ne serait pas obligé de prêcher une convivialité factice qui comme par enchantement, gommerait toute absence d'éducation.

Mais qu'ai-je dit là ? EDUCATION ??? C'est un gros mot n'est-ce pas ? Je vous demande pardon :-)

14 avr. 2014

Un dimanche à Fourvières

Sous un soleil estival, avec juste ce qu'il faut de brise pour se rafraîchir ! De l'esplanade, on a une très belle vue sur Lyon, et si le monument n'est pas d'une beauté architecturale remarquable (le Sacré-Cœur non plus d'ailleurs), il n'en demeure pas moins emblématique de cette belle ville de Lyon où il y a toujours quelque chose à découvrir.

Une tour de la basilique qui se détache sur le ciel tout bleu

Lyon dans la brume matinale, au premier plan la primatiale Saint Jean, plus loin, la place Bellecour

La tour Eiffel locale

9 avr. 2014

Retour au basique

Après quelques soucis avec un nouveau téléphone dont la batterie, au bout de trois mois d'existence, se déchargeait en quelques heures, et un peu effarée devant le prix de ces petites merveilles de technologie, je suis revenue à un appareil basique, d'un prix acceptable, et qui fait ce que je veux qu'il fasse, sans me proposer ce qui ne m'intéresse pas !

Un smartphone ça doit d'abord pouvoir téléphoner ! C'est quand même sa fonction première, et aussi envoyer et recevoir des SMS, parce que c'est bien pratique. Ça doit aussi synchroniser l'agenda, et recevoir/envoyer les mails. Enfin, ça doit avoir une autonomie de plusieurs jours sans que l'on soit obligé de courir après une prise de courant. Voilà, le cahier des charges était simple. Je ne prends pas de photos avec un smartphone, je préfère mon APN, et avoir une machine avec un processeur machin-bidule, un écran à ch*** partout, et devoir le recharger tous les soirs au minimum, non, j'ai déjà eu, et le rapport bénéfice/astreinte n'est pas en faveur du bénéfice. Quant à surfer sur Internet, encore faudrait-il que notre France profonde ait une 3g correcte partout, ce qui est bien loin d'être le cas, alors, at home, les 27 pouces de l'IMac sont quand même plus agréables que l'écran du smartphone et tant qu'à faire qu'à utiliser une connexion wi-fi lors d'un déplacement, tant vaut le faire sur la tablette, c'est quand même plus confortable.

Donc voilà un petit nouveau, aux yeux bridés, comme bon nombre de ses semblables, qui ne passe pas son temps à pleurer après des électrons, qui est tout simple d'emploi, facile à configurer et à paramétrer, orné d'une belle photo en fond d'écran transmise par bluetooth depuis l'ordinateur de bureau, en compagnie duquel j'espère faire un bon bout de chemin !

6 avr. 2014

Week-end musical


On commence par un concert de musique variée donné par les élèves et anciens élèves du Conservatoire régional de Versailles, une trentaine de jeunes musiciens qui offrent des œuvres de Liszt, Dvorak, Sibelius. Certes, ce n'est pas l'Orchestre philharmonique de Berlin, mais on sent leur plaisir à jouer ensemble et on apprécie leur talent musical.

On continue, le lendemain, par Don Giovanni de Mozart. Là non plus, ce n'est pas l'Opéra de Paris ni celui de Milan, ce n'est qu'une modeste salle locale, mais si la mise en scène est assez calamiteuse, les voix sont de qualité, et la musique.... (comment peut-on se lasser d'écouter Mozart ?) Même si j'ai quand même une grosse préférence pour la Flûte enchantée.


Eh bien, ça fait plaisir d'entendre de la vraie musique, pas des mp3 au bitrate étroit, ni des bribes sonores écoutées depuis France-musiques sur la radio en allant chercher le journal, ou des CDs sur une chaîne essoufflée..



Si le jeune orchestre qui se nomme Alborada autorise les photos, il n'en est pas de même pour le théâtre local qui proposait Don Juan, donc, l'illustration ci-dessus provient de la page de Wikipédia sur ce sujet.

4 avr. 2014

De la couleur des yeux du conducteur de la locomotive


Vous souhaitez prendre un billet de TGV pour aller de Paris à Marseille. Quoi de plus simple ? Il suffit de vous rendre au guichet de la gare la plus proche (ou sur Internet, mais là, vous n'aurez pas droit à la savoureuse discussion avec l'employée..) et de sortir votre porte-monnaie ou votre carte bancaire. Mais....

Vous avez une carte de réduction ? Eh bien, ce sera 80 euros, par contre, si vous partez la veille, ce sera 60... Attendez que je regarde, ah oui, si vous prenez le train de 8h05, c'est 70. Vous voulez partir en début d'après-midi ? J'ai un 14h30 mais à 120 euros, on abandonne, je cherche s'il y a mieux, oui, mais il faudrait partir demain, j'ai un 50 euros à l'heure qui vous intéresse, en non échangeable, et 75 si vous voulez le modifier. Ah mais vous avez une carte de fidélité, vous avez votre code privilège ? Oui ? Parce que comme vous avez déjà fait un certain nombre de voyages, vous bénéficiez d'une remise de 10% .... Et ça peut durer un certain temps, tant pis pour celui qui est derrière et qui voudrait un billet pour le train qui part dans quelques minutes !

Une fois le billet choisi au meilleur prix pour la date et l'horaire demandés, si par malheur vous voulez louer une voiture à l'arrivée (et la SNCF fait ça aussi, ainsi que les réservations d'hôtel, ce qui est tout à fait normal pour un transporteur national, n'est-ce pas ?), le dialogue continue. Petite auto ? Non, moyenne ? Alors, ce sera tant par jour, mais avec 10% de moins parce que vous avez telle carte de réduction, et si vous voulez l'assurance machin, ce sera tant de plus, alors qu'elle est offerte pour la catégorie inférieure....

Cette seconde étape franchie, en espérant qu'en plus, vous ne souhaitiez pas réserver un hôtel (quelle catégorie ? Demi-pension ? Celui-là a un parking, celui-là fait le petit déjeuner gratuit, etc..), vous pouvez enfin récupérer vos précieux sésames en carton sauf que.... Dites, vous voulez un billet électronique ? Dans ce cas, il vous suffit de présenter le coupon et votre carte d'identité (sans oublier votre carte de réduction), ou pas ? Non, ça ne donne pas lieu à réduction... Ouf !

Alors, si on vous demande, ça coûte combien un Paris-Marseille ? Vous êtes incapable de répondre. Ça dépend, s'il y a du vent, si le conducteur de la motrice a les yeux bleus ou marrons, si on part le lundi ou le jeudi, si on a plus ou moins de 60 ans, s'il fait beau à Marseille ou s'il pleut à Paris, si la CGT est d'accord ou pas avec SUD Rail, etc...

Où est le temps du bon vieux Chaix, que l'on consultait pour voir le horaires et les tarifs, ces derniers dépendant du kilométrage parcouru. Il n'y avait qu'un paramètre à prendre en compte : première, seconde ou troisième classe. Il faut dire aussi qu'il n'y avait pas trente-six sortes de trains, pas de TGV, TER, InterCités, Téoz, etc.. à peine si on faisait le distinguo entre Rapide et Express, train avec couchettes ou sans, mais il fallait "un certain temps" pour aller de Paris à Marseille, alors que maintenant, en à peine plus de 3h on est arrivé ! Le progrès dans la complexification ?

Précision : les sommes indiquées ne correspondent à rien, et sont totalement inventées. Les employés de "ma" gare sont toujours aimables, patients, souriants, que c'est un plaisir d'aller leur acheter ses billets, même si eux-mêmes ne se retrouvent pas toujours dans l'inextricable fouillis des tarifs SNCF !

L'image d'illustration représente un train "pas comme les autres", le train touristique de la compagnie canadienne VIA, qui fait Toronto-Vancouver en quatre jours en traversant l'Ontario, le Manitoba, la Saskatchewan, l'Alberta et la Colombie Britannique. Ici en gare de Winnipeg.

25 mars 2014

Navrant !

Le premier tour des élections municipales a eu lieu dimanche 23 mars. Certaines listes ont été élues à ce premier tour, et dès les résultats connus, on a vu fleurir sur Wikipédia des modifications sur les articles des communes, indiquant que c'était Machin-Truc qui était le nouveau maire. Ces gens là ont le droit de vote, comme tout français majeur, mais savent-ils vraiment ce pourquoi ils ont voté ? On pourrait en douter, parce que si la liste a gagné les élections au suffrage universel, le maire n'est pas encore élu, il ne le sera que pendant la première réunion du nouveau conseil municipal qui se tient dans la semaine qui suit les élections, traditionnellement le vendredi, mais ça peut aussi être un autre jour. Lors de ce premier conseil, le maire et les adjoints sont élus par les conseillers municipaux. Donc, avant cette date, on ne peut pas affirmer que Machin-Truc est le nouveau maire, puisqu'on ne le sait pas encore.

Ce n'est pas parce que Machin-Truc est tête de liste qu'il sera forcément élu, même s'il a de très fortes chances. Déjà, il peut mourir entre temps (certes, c'est un cas extrême), mais il peut aussi être désavoué par son conseil qui préfère quelqu'un d'autre, et le cas s'est déjà produit. Il peut aussi bien être tête de liste pour des raisons de parité, puisqu'il faut un homme/une femme dans un ordre rigoureux, et ce n'est pas parce que madame Bidule-Chose est tête de liste devant monsieur Machin-Truc, que ce n'est pas Machin-Truc qui sera élu, c'est juste qu'il y a un homme de moins dans la liste et qu'il fallait respecter cette sacro-sainte parité.

Dans la grande majorité des cas, c'est effectivement la tête de la liste gagnante qui sera le prochain maire, mais de toutes façons, il faut attendre qu'il soit effectivement élu, ce que beaucoup trop de gens n'ont pas totalement compris. On a même vu des contributeurs très mécontents qu'on supprime leur ajout venir se plaindre en disant qu'ils savent mieux que les autres, puisqu'ils sont de ce village, et que même monsieur Machin-Truc a téléphoné à leur père pour annoncer sa victoire..

Deux conclusions : déjà, il ne faut jamais "vendre la peau de l'ours qu'on ne l'ait mis par terre", et aussi qu'il est bien dommage qu'on ne fasse plus d'instruction civique à l'école...

Sans entrer dans les détails (scrutin national ou local, etc..), sont élus au suffrage universel :
- Le président de la république (depuis 1962)
- les députés nationaux
- les députés européens
- les conseillers régionaux
- les conseillers généraux
- les conseillers municipaux
- les délégués aux communautés d'agglo ou de communes (depuis cette année)

Ne le sont pas :
- les sénateurs (élus par de "grands électeurs" dont des membres des conseils municipaux eux-mêmes élus par leurs pairs lors d'un conseil exceptionnel dont la date est fixée par le préfet) voir ici
- les maires (élus par le conseil municipal)

24 mars 2014

Un pensionnaire


Je m'appelle Jasmin, et pourtant, je ne suis ni blanc, ni jaune, je suis noir, tout noir, je suis un cheval de la famille des Merens et j'habite en temps normal dans un pré, près de la maison de ma maîtresse. Et là, elle a décidé de partir quelques jours en vacances ! J'aurais pu rester seul, je suis grand, adulte, sage, mais elle a eu peur que je manque d'herbe, c'est vrai que j'ai un bon coup de mandibule, et que je suis une excellente tondeuse fort écologique. Je coupe l'herbe, et je fabrique un crottin fort recherché par les jardiniers, que du bénéfice !

Revenons à mes moutons, pardon, à mes chevaux. Donc, elle m'a amené chez une copine, qui n'habite pas bien loin, j'y suis d'ailleurs allé à pattes, et là, j'ai découvert un nouvel enclos, avec de la bonne herbe bien grasse, des arbres pour m'y frotter, j'étais rudement content. J'ai commencé par me rouler par terre voluptueusement les quatre fers en l'air et j'ai entrepris ensuite de goûter chaque touffe d'herbe pour voir par laquelle j'allais commencer mon séjour.

Tiens, mais il y a aussi des humains pas loin, dont une qui vient me parler souvent. Je ne parle pas l'humain, même si je comprends certains mots, dont mon nom, et elle ne parle pas non plus le cheval. Mais je lui réponds en hochant la tête pour lui montrer mon intérêt, je suis très poli. Elle reste de l'autre côté de la clôture, et moi, je ne m'approche pas trop non plus, faut dire que je suis un célibataire endurci, et que je suis resté très timide.

On est plutôt bien ici, c'est tranquille, et pour l'instant, personne n'a eu l'idée d'interrompre mes repas pour me monter sur le dos, c'est pas que ça me gêne vraiment, d'autant plus que c'est le signe qu'on va aller en promenade, mais être peinard dans un grand pré, regarder passer les oiseaux, s'empiffrer d'herbe tendre, et dormir sous les étoiles, c'est la belle vie pour moi ! Je suis d'un tempérament calme, il m'en faut peu pour me satisfaire.

Je me demande d'ailleurs si, quand elle reviendra me voir et me parler, je ne vais pas essayer de m'approcher un peu plus de l'humaine dont l'écurie est juste à-côté, ça lui ferait sans doute plaisir, et il faut toujours être aimable avec les gens qui vous reçoivent, mais faudra y aller doucement, parce que je crois que j'ai aussi (un peu) peur d'elle qu'elle a (beaucoup) peur de moi !

22 mars 2014

Encore un jeu !


Cette fois, ce ne sont pas des boules à associer, ni des monstres à pourchasser, et encore moins des objets cachés à trouver dans une scène, mais un jeu de cartes, où il s'agit de faire des suites le plus vite possible, et les plus longues possibles, avec des cartes allant de l'as au roi, disposées sur un plateau et qui se démasquent petit à petit. Bien sûr qu'il y a une histoire qui va avec : un méchant fantôme cherche à empêcher un gentil fantôme tout rose d'aller récupérer son chien prisonnier dans un vieux château, en lui posant des énigmes dans différentes salles. On récupère des étoiles, et quand on les a toutes récupérées, on peut ouvrir une nouvelle salle, dans laquelle il faudra à nouveau faire le maximum de points dans une dizaine d'énigmes (de plateau de cartes). Entre les deux, pour récupérer des points, et pouvoir avancer plus vite, il y a un autre défi : faire le maximum de suites tandis qu'un méchant diable vous jette toujours de nouvelles cartes !

Certes, des jeux sur ce thème ne manquent pas, Solitaire in Wonderland, Solitaire Tales, Solitaire Atlantis et si ces deux derniers ont des graphismes beaucoup plus sophistiqués, ils sont plus difficiles, plus décourageants si l'on ne parvient pas à passer un niveau, donc, on a moins envie d'y jouer.

En conclusion "Solitaire Castle" est un jeu fort sympa, pas du tout prise de tête, pas difficile à comprendre, avec d'extraordinaires bruitages (ah le ricanement du méchant fantôme quand on perd...) voilà un jeu qui change du Solitaire bien connu, qui n'est pas bloquant, et qui est très bien fait. Il est édité par Mega Zebra, entreprise basée à Munich. Ils font aussi un Mah Jong, faudra que j'aille voir ça...


20 mars 2014

Les rurbains


Un beau jour, monsieur Martin, qui en avait assez de vivre avec sa petite famille dans un appartement, décide d'acheter une maison à la campagne, pas trop loin de Paris pour qu'il puisse aller à son travail assez rapidement, et découvre, chez un agent immobilier local, une superbe maison mise en vente au prix qui lui convenait. Située dans un grand lotissement au milieu des bois, avec un terrain de 4000 m2, et une ferme voisine, elle lui a plu immédiatement. Là, on sera bien se dit-il, les autres maisons ne sont pas juste à côté, comme dans les lotissements de bas de gamme, et on est sûr qu'il n'y aura jamais de tour et d'usine bâtie à proximité. L'affaire se fait, et toute la famille s'installe au printemps suivant.

Ah que c'est bien la campagne, les fleurs, les petits oiseaux, l'apéritif pris dans le jardin sous les arbres qui apportent ombre et fraîcheur, on revit ! D'accord, il me faut prendre la voiture pour aller à la gare, donc, il me faut acquérir un second véhicule pour que ma femme puisse conduire les petits au sport ou à la musique, parce qu'il n'y a pas le moindre transport en commun, on se demande pourquoi on paye des impôts....

L'été se passe, les enfants commencent à trouver que c'est quand même moins rigolo que d'aller retrouver les copains de la rue voisine, ou, pour le plus grand, d'aller écouter un concert en prenant le métro. Là, faut sans arrêt demander à maman de nous transporter, et de quoi on a l'air devant les potes escortés par sa mère ! D'ailleurs, maman, elle rouspète aussi souvent, le boulanger est à 10 kms, le supermarché est à la ville la plus proche, à une quinzaine de kilomètres aussi, il n'y a ni médecin ni pharmacien dans ce bled, on se demande ce que fait la mairie...

C'est un dimanche matin d'automne, alors que belle-maman était venue déjeuner, que monsieur a explosé. Oui, je sais, il y a des feuilles partout, c'est normal, il y a beaucoup d'arbres, vous n'avez qu'à regarder où vous mettez vos pieds, vous croyez que j'ai le temps de ramasser tout ça hein ? Ça n'en finit plus ! Et d'abord, je suis fatigué moi, m'occuper du jardin après ma semaine de boulot m'épuise, et pas moyen de dormir avec ce coq qui se met à chanter à l'aube, je l'étranglerais bien volontiers si je ne me retenais pas, et l'autre, avec son tracteur qui n'arrête pas de labourer à grand bruit juste devant mon jardin, ça devrait être interdit ! On se demande quels sont les abrutis qui sont au conseil municipal....

Et madame de renchérir : et cet ADSL poussif, et je ne parle pas du téléphone, qui ne doit pas savoir que la 3g existe, qui ne me permet pas de mettre à jour mon profil Facebook facilement, pourquoi n'a-t-on pas la fibre optique ici, on se le demande, elle passait dans notre immeuble à Paris, alors, c'est bien parce qu'ils y mettent de la mauvaise volonté tout de même, on se demande à quoi s'occupe le maire.... Un incapable, j'te dis.

* Maman, j'veux aller au cinéma !
* Mon gendre, vous pourriez nettoyer votre chemin, j'ai crotté mes chaussures
* Papa, j'm'ennuie...
* Comment ça, il n'y a plus de pain ? Qu'est-ce que tu attends pour aller en chercher ? Ah, c'est fermé... Bande de feignasses...
* Qu'est-ce que tu attends pour aller voir le père Michu, j'en ai marre des odeurs de fumier, on devrait l'empêcher...

Et c'est ainsi que quelques temps plus tard, sur la maison de la famille Martin, il y avait une pancarte "À vendre" ! Et qu'un appartement à Paris, dans une rue très animée et très commerçante, à proximité du métro, a trouvé immédiatement preneur. 

Caricature ? À peine... :)

Billet inspiré par les réflexions de certains participants à une réunion d'information d'avant les élections municipales, où l'on se dit qu'Alphonse Allais (*) avait raison, faudrait bâtir les villes à la campagne !!

(*) Il paraît que ce ne serait pas lui l'auteur de cette phrase célèbre...

15 mars 2014

Sommes nous tous des aliénés ?

Si notre vie moderne a facilité un grand nombre de choses de la vie quotidienne (l'eau sur l'évier, le chauffage central, l'électricité par exemple), on a quand même perdu au passage quelques libertés. Certes, aller chercher de l'eau à la fontaine et la faire chauffer dans la cheminée après avoir coupé du bois pour faire le feu n'était pas vraiment libérateur, ça prenait du temps, et c'était épuisant pour celui ou celle qui en avait la charge. Mais une fois libérés par les progrès techniques de ces lourdes tâches ancillaires, nous nous sommes tous dépêché de les remplacer par d'autres contraintes, moins fatigantes, c'est vrai, mais bien plus envahissantes.

Deux exemples :

Le téléphone mobile : autrefois on n'en avait pas, et même pas de téléphone du tout jusqu'aux années 70.. Maintenant, on a tous un téléphone mobile dans sa poche, et on ne sait plus s'en passer. Comment sans lui joindre quelqu'un à qui on a quelque chose d'impératif à dire ? Comment appeler des secours le cas échéant ? Comment savoir où sont passés vos ados qui ont perdu la notion de l'heure ? Comment consulter sa messagerie où que l'on soit ? Comment se souvenir d'un numéro de téléphone s'il n'est pas enregistré dans les contacts ? On pourrait trouver bien d'autres usages journaliers de ces quelques centimètres cubes de technologie. Oui, c'est un gros progrès, mais ? Quand l'outil défaille, qu'il tombe en panne, ou qu'on le perd ou le casse, c'est la panique, l'angoisse, l'horreur... Tout d'un coup, on ne peut plus appeler quelqu'un, on est injoignable, on ne connaît plus aucun numéro par cœur, on ne sait plus à quelle heure on a rendez-vous... Et on se décarcasse pour trouver une solution, rachat, prêt en attendant, etc.. Et on ne respire à nouveau que quand on a trouvé une solution.

Internet et l'ordinateur : tant de choses se font par Internet ! Des choses sérieuses comme la gestion des comptes en banque, les impôts, les relevés de sécu et ou de mutuelle, et plein d'autres démarches administratives, sans oublier les courriers, convocations et autres compte-rendus qui transitent par les boîtes mail. Mais il y a aussi des choses moins importantes, les réseaux sociaux, les jeux, les blogs et sites que l'on maintient, les divers bavardages oraux ou écrits avec les copains.. Alors le jour où le modem ou la box refuse tout service, où la ligne téléphonique est en rideau, ou s'il n'y a pas de courant électrique pour plein de raisons, c'est, là aussi, la panique complète, on se sent comme amputé d'une partie de soi-même ! On reste là, devant la machine muette, ne sachant plus que faire, totalement désemparés, réalisant à quel point on en est tributaire...

Donc, à laisser une si grande place aux technologies modernes dans notre vie de tous les jours, on diminue d'autant notre liberté, puisqu'on est tributaire aussi bien moralement que matériellement de ces outils. Peut-être faudrait-il trouver un juste milieu ? N'en utiliser que la "substantifique moelle" ? Utiliser son mobile pour téléphoner quand c'est indispensable, et ne pas passer des heures devant son ordinateur connecté ? Vous y avez réussi vous ? Moi pas.....

12 mars 2014

Les chans meurent aussi

Un chan (ou canal, ou salon de discussion) est un espace virtuel dans lequel se retrouvent des gens qui discutent d'un sujet commun. Il y en a de multiples, sur de nombreux sujets différents, qui dépendent aussi de protocoles variés, IRC, hangout, etc..

C'est un peu comme une salle de bistrot où des copains se réunissent devant une bière ou un café pour refaire le match, commenter l'actualité, ou papoter de tout et de rien, sauf que la bière (ou la tasse de thé) est hélas virtuelle elle aussi !

On se salue ou on s'embrasse, on discute, on s'engueule ou on se taquine, on rigole, on se fâche, certains y passent de longues heures, d'autres ne font qu'entrer et sortir, d'autres enfin sont là mais se taisent ou roupillent.

Comme il s'agit de conversations par écrit, les smileys remplacent les intonations pour indiquer que l'on plaisante ou que l'on est mécontent, il y a même un vocabulaire spécifique connu des habitués, comme tout groupe humain dans la vraie vie !

Mais tout comme dans la vraie vie les choses évoluent avec le temps. Les fervents discutailleurs ont d'autres sources d'intérêt, s'amusent autrement, des nouveaux arrivent, restent ou pas, la fréquentation varie, et il arrive parfois que le groupe de dissolve petit à petit, laissant le salon vide, avec deux ou trois présents muets, le chan agonise et ne tardera pas à mourir si personne ne vient le réveiller.

Et c'est ainsi que les chans meurent, quand le sujet n'intéresse plus, quand les meilleurs copains n'y viennent plus, quand on a autre chose à faire. C'est exactement comme quand le café où l'on se réunissait ferme et que tout le monde est dispersé.

Il faut même faire des efforts pour se souvenir du pseudo d'untel, qui était si marrant, d'une telle qui émaillait ses messages de fautes d'orthographe, de celui là qui énervait, de celle-là qu'on aimerait bien "revoir".

Depuis tant d'années que je pratique IRC, j'en ai connu des chans qui étaient animés, pléthoriques, remuants, et qui petit à petit, à cause du départ des plus actifs, et du désintérêt des autres, se sont assoupis au point de devenir des chans fantômes, à l'instar des villes éponymes ! Non, je ne donnerai pas de noms.... Mais, comme une page qui se tourne, ça reste quelque part un peu triste.

10 mars 2014

Pauvres villages

À un mois à peine des élections municipales un nombre non négligeable de petites communes n'ont pas pu présenter au moins une liste de candidats. Pourquoi ? Ceci ne s'étant jamais vu depuis des décennies.. Pour plusieurs raisons :

Déjà, la toute nouvelle loi électorale est très contraignante, en imposant une stricte parité et une non moins stricte alternance homme-femme sur la liste. Faudra-t-il refuser la compétence et la bonne volonté d'un homme et prendre une femme que ça n'intéresse pas (ou l'inverse d'ailleurs) ? Quid des toutes petites communes d'une centaine d'habitants maximum qui risquent de manquer sérieusement de postulant(e)s ? Autre contrainte, l'élection des délégués aux diverses EPCI se feront sur le même bulletin de vote, avec là aussi, une stricte alternance, et l'obligation que ces délégués soient dans les cinq premiers de la liste. Avant, c'était le Conseil Municipal qui élisait ces délégués, lesquels n'étaient pas forcément le maire ou l'un des adjoints. Donc, si vous souhaitez être délégué à votre EPCI, et que vous ayez le sexe requis, il vous faut aussi accepter d'être maire ou adjoint... On en rajoute une couche : dans les communes de 1000 à 3499 habitants, le panachage en vigueur avant est interdit, le bulletin sera nul et le sera aussi si on rajoute un nom non inscrit, comme on faisait auparavant, donc, bonjour les bulletins nuls lors du dépouillement, avec des "anciens" qui feront comme ils ont toujours fait....

En dehors de ces nouvelles règles électorales, pourquoi y a-t-il si peu d'enthousiasme pour la fonction de maire dans une petite commune ? Là aussi, de multiples raisons. Contrairement aux grandes villes qui ont des employés nombreux et des services techniques conséquents, dans les villages, tout doit être géré par le maire et les conseillers, depuis les organisations de chantiers jusqu'à la préparation du budget en passant pas l'achat de victuailles et la vaisselle ensuite lors des manifestations diverses. Noyé dans un dédale de détails à régler, ça devient lourd,  très lourd, c'est un boulot à temps complet d'être maire et c'est là justement que le bât blesse. En effet, à moins d'être retraité, femme au foyer ou fonctionnaire (pour certains métiers où un détachement est possible), il faut quasiment quitter son emploi pour six ans, avec le gros risque quasi inévitable de se retrouver à Pôle Emploi à la fin du mandat, ce qui donne à réfléchir... S'il est encore possible de gérer une toute petite commune tout en effectuant ses 35h hebdomadaires à l'extérieur, dès que la commune dépasse les 1000 habitants, c'est infiniment plus acrobatique et totalement épuisant.

Il ne faut pas oublier non plus que plus on multiplie les instances, plus les prérogatives des maires s'amenuisent. Si les sénateurs ont réussi à sauver quelques libertés concernant l'urbanisme, celui-ci est quand même très encadré par le SCOT qui émane de l'EPCI locale (communauté d'agglomération ou de communes). Les conseils généraux gèrent les collèges, les conseils régionaux ont la charge des lycées, les deux sont des pourvoyeurs de fonds sans lesquels aucune réalisation ne peut se faire, alors qu'est-ce qu'il reste au maire et au conseil municipal ? En dehors de l'état civil (mariages, cartes d'identité) ? Eh bien beaucoup de choses... Les chiens errants, les tondeuses à gazon le dimanche matin, les querelles de voisinage, les dégradations diverses effectuées par les gamins qui s'ennuient pendant les vacances (alors que la poignée de gendarmes octroyée par le ministère est à 10 kilomètres), la difficile gestion des parents d'élève des écoles primaires pour lesquels on n'en fait jamais assez pour leurs chers petits (comment, demander 3 euros pour manger à la cantine, c'est beaucoup trop cher, et la garderie, ça devrait être gratuit et au moins jusqu'à 21h...), les prestataires de service qui abandonnent les chantiers inachevés, les râleurs professionnels, tous sujets hautement passionnants n'est-ce pas ?  On comprend pourquoi les candidats ne se bousculent pas, en dehors des plus grandes villes où la fonction est plus gratifiante, moins contraignante, quand elle n'est pas politisée ce qui est un motif primordial pour certains.

D'après certaines préfectures, alors que l'obligatoire dépôt des listes est clos, il y a un certain nombre de communes qui n'ont pas trouvé de candidats, ou dont les listes sont incomplètes, ou au mieux qui ne présentent qu'une seule liste alors qu'aux scrutins précédents, il y en avait au moins deux... Mais c'est vrai que nos édiles ne voient pas plus loin que les grandes villes qu'ils fréquentent, Lyon, Paris, Marseille, et ne se rendent pas compte qu'ailleurs, ça ne va pas vraiment très bien, et que la dernière réforme n'a rien arrangé, au contraire !

8 mars 2014

Un bon gros nounours

Un black bear (photo de Wikipédia, illustrant l'article Ours noir )

L'ouest du continent nord américain héberge une certaine quantité d'ours, dans les montagnes, et aussi dans les parcs nationaux. Comme ces derniers sont fréquentés par un grand nombre de touristes, les rangers ont l'habitude de les mettre en garde contre les dangers de la rencontre avec ces plantigrades impressionnants. Ils distribuent des brochures, expliquant qu'il ne faut pas laisser traîner de nourriture aux abords des tentes de camping, qu'il faut éviter les parfums et autres odeurs qui pourraient les attirer, et posent de nombreuses pancartes pour rappeler ces précautions indispensables. On voit ainsi fleurir des panneaux indiquant "Beware the bears". Ceci s'adresse évidemment en priorité aux campeurs et randonneurs, qui risquent dans leurs promenades de se trouver nez à nez avec un ours. Dans ce cas extrême, il est aussi indiqué ce qu'il faut faire ou pas : ne pas courir, l'ours court plus vite que vous ; ne pas monter aux arbres, il est un excellent grimpeur ; au contraire, se planter devant lui et le toiser (enfin, ce n'est pas dit exactement comme ça...). Étant donné que la bestiole fait plusieurs centaines de kilos, et qu'un grizzly dressé sur ses pattes arrière fait deux mètres de haut, faut déjà avoir une certaine confiance en soi pour essayer de l'impressionner... Pour éviter cette rencontre, il est recommandé de faire du bruit en marchant, de parler fort, de chanter ("Plus près de toi Seigneur" ?) pour les faire fuir.

Ceci dit, est-ce qu'on voit tant d'ours que ça dans les parcs nationaux ? Pour ma part, je ne campe ni ne randonne sur des sentes montagneuses, et le premier ours que j'ai croisé, c'était à Glacier National Park dans le Montana, mais j'étais en voiture, "dans" ma voiture, quand un american black bear a tranquillement quitté le bord de la route pour aller de l'autre côté. On ne roulait pas vite, pour admirer le paysage, et on a eu le temps de dire : "Oh un ours !" avant qu'il ne disparaisse dans les frondaisons. Il s'agissait d'un ours noir, d'un black bear comme ils disent là-bas.


Quelques années plus tard, cette fois en Alaska, alors que l'on marchait entre McCarthy et Kennecott (dans le parc national de Wrangel St Elias), on a croisé deux jeunes filles qui nous ont dit avoir vu un ours en venant. Mais comme elles se passaient une bouteille qui ne semblait pas contenir du coca, et qu'elles ne marchaient pas très droit, on s'est dit qu'elles avaient peut-être eu des visions éthyliques, et on a continué notre chemin. Pas longtemps, parce que quelques pas plus loin.... Il y avait un ours, à une cinquantaine de mètres. Certes, on ne semblait pas du tout l'intéresser, mais dans le doute.... On a vite fait rebroussé chemin en direction de McCarthy, sans se retourner ! C'était là aussi un black bear.

L'ourse grizzly et ses petits, photo prise depuis le car

Et les grizzlys alors ? Eh bien oui, j'en ai vu de près mais... C'était dans le Parc National Denali, au centre de l'Alaska, là où se trouve le mont McKinley, le plus haut sommet d'Amérique du nord (6194m). Cet immense parc est traversé par une seule route, sur laquelle les véhicules particuliers sont interdits. Pour le visiter, il faut prendre un autobus qui s'arrête aux points de vue les plus beaux, ou quand il y a une curiosité à regarder. Là, il y avait une ourse grizzly et ses deux oursons ! Inutile de dire que tout le monde s'est précipité vers les fenêtres ouvertes du car pour les regarder tout à loisir ! 

À ce propos, savez-vous ce qu'est un "bear jam" ? Non, ce n'est pas une spécialité locale de confiture à base d'ours, c'est un embouteillage créé sur une route par la présence d'un ou de plusieurs ours. Voilà comment ça se passe : un conducteur repère un ours, s'arrête et sort son APN, les voitures qui le suivent en font autant, ainsi que celles qui viennent en sens inverse, du coup, il se créé un embouteillage dans lequel plus personne n'avance ni ne bouge, ce qui doit d'ailleurs faire rudement marrer l'ours (sont vraiment stupides ces humains...) ! J'ai vu ça du côté de Banff, en Alberta, et, bien entendu, comme tout le monde, je me suis arrêtée pour regarder l'animal ! On est touriste ou on ne l'est pas !

Mais c'est vrai que l'ours est un animal dangereux, tout en haut de la chaîne des prédateurs locaux, et ce n'est pas parce qu'on a tous eu un gros nounours en peluche quand on était petit que la bestiole peut être caressée comme un petit chat ! Donc, Beware the bears !

Pancarte au Yukon (le Canada est officiellement bilingue)

7 mars 2014

Escrocs et victimes

Un très intéressant dossier dans le dernier numéro de 01.Net traite des nombreuses escroqueries sur Internet, la plupart basées sur la crédulité, la naïveté ou l'imprudence des internautes. Les escrocs sont malins, savent très bien jouer du désarroi des gens dans les arnaques sur les sites de rencontre par exemple, ou de la méconnaissance du monde d'Internet par les liens malveillants dans le phishing sur lesquels on va cliquer parce qu'on vous dit de le faire.

Par contre, il y a une attitude qui tient de la méconnaissance de ce qu'est Internet, mais aussi d'une forme d'étalage de la vie privée. Sans aller jusqu'à mettre en ligne des photos ou vidéos compromettantes en oubliant que le réseau a une mémoire quasi eidétique et que ces images risquent fort de ressurgir des années après au grand dam de celui qui les avait rendues publiques pour s'amuser (ou s'amuser au détriment de quelqu'un), le fait d'étaler sa vie privée sur les réseaux sociaux, comme on le ferait devant son coiffeur est dangereux.

Étant une joueuse impénitente sur Facebook, j'ai un certain nombre d'amies qui jouent aux mêmes jeux, avec lesquelles nous échangeons énergie, vie, pièces et autres machins qui pimentent nos divertissements. Le fait d'être "amies" fait que je vois aussi ce qu'elles publient en dehors des jeux, et je me pose des questions.... Mettre la photo de ses enfants, visible par tout le monde, avec des anecdotes qui ne devraient relever que de la sphère familiale, ou encore raconter les turpitudes de son ex qui ne verse pas la pension alimentaire, est-ce bien raisonnable ? Je dois sans doute être d'une autre génération (encore que, ce sont des gens de mon âge ou presque, en tous cas pas des très jeunes) mais ça me semble être un certain manque de pudeur étrange. Que l'on parle de tout ça avec ses "vrais" amis, en cercle restreint, c'est normal, qu'on échange des photos du petit avec sa famille, aussi, mais qu'on raconte sa vie sur un réseau public, là, j'ai du mal à suivre.

On me dira que ces personnes ne sont pas connues du monde entier, et que ça ne tire pas à conséquence, mais quand on sait que tout ce que l'on fait sur Internet peut être récupéré par divers robots aux motivations plus ou moins claires, on se dit qu'il vaudrait sans doute mieux être plus prudent...  Dit-elle... Alors qu'elle tient ce blog depuis 2006, qu'elle a toutes ses fleurs en photo sur Flickr, ses livres dans un autre nuage et qu'elle utilise quotidiennement les services de Google... Comme quoi, la paille, la poutre....